Janvier 2006

Mgr Mario Cassari, Doyen du Corps diplomatique: “Un Etat de droit ne peut s’imposer de l’extérieur ni s’improviser”.

24 Janvier 2006

Monsieur le Président de la République,

Une fois de plus, l'honneur m'échoit de vous adresser, au nom des Collègues Ambassadeurs et autres Chefs de Mission accrédités en Côte d'Ivoire, tout comme en mon nom personnel, quelques mots tout simples, mais bien sincères, à l'occasion de l'échange traditionnel des vœux, au seuil de l'année nouvelle.
Cet échange de voeux témoigne du désir de bonheur qui habite le cœur humain, car la félicité ne doit pas être envisagée comme un repli sur soi au détriment des autres; c'est ensemble qu'on peut être pleinement humains, heureux, dans un climat de liberté et de respect mutuel. En définitive, le vrai bonheur n'est-il pas d'aimer et d'être aimé?
Les vœux que nous formulons s'adressent à vous, Mr. le Président, à vos proches, mais de proche en proche, nous les formulons à tous, car tous sont importants pour nous. Tous: ivoiriens et non ivoiriens, quel que soit le Pays d'où proviennent ces derniers.
Devant vous, Monsieur le Président, voici le Corps Diplomatique accrédité en Côte d'Ivoire, qui vous remercie pour votre disponibilité et pour la gentillesse que vous manifestez toujours à notre égard.
Nul n'ignore combien elle est délicate la tâche qui incombe aux Chefs des Missions Diplomatiques ainsi que des Organisations Internationales, partout dans le monde et donc ici en Côte d'Ivoire également. Cependant une chose est certaine: la charge que nous exerçons au nom de nos Gouvernements est toujours et prioritairement une mission au service de la paix et du développement de la Nation où nous sommes accrédités. Elle est également au service du renforcement des relations bilatérales qui lient nos Pays et le Pays où nous sommes envoyés.
Comme Votre Excellence le sait bien, en notre qualité de Diplomates, nous désirons contribuer, de toutes nos forces, à la cause de la paix et du développement en servant concrètement les valeurs et les principes qui mènent à cette paix et au développement qui sont à la base du bien commun de la Nation, de la Sous-Région, et donc de la Communauté Internationale toute entière.
Monsieur le Président, chacun de nous, à l'instar de nos gouvernements, a suivi attentivement - souvent « en retenant son souffle », mais toujours avec l'espérance « qui doit être la dernière à mourir» - chacun de nous a suivi, dis-je, les divers événements qui ont marqué la vie de la Côte d'Ivoire au cours de l'année 2005, dont notamment la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la nomination du nouveau Premier Ministre et la formation de son Gouvernement, sans oublier les efforts déployés sans cesse par les Médiateurs Africains.
Concernant les événements de ces derniers jours, nous voulons exprimer notre douleur et notre compassion aux familles de ceux qui ont perdu la vie, en même temps que nos souhaits de prompt rétablissement à tous les blessés. Nous ne pouvons que regretter ce qui s'est passé, parce que nous sommes convaincus que toute vie est sacrée.

Monsieur le Président, nous avons suivi vos discours à la Nation, tout autant que les déclarations et les propositions des divers acteurs politiques aussi bien de votre mouvance que de celle de l'opposition. Dans toutes ces interventions nous avons perçu -naturellement avec les accents particuliers de chacun des protagonistes -le désir, voire la volonté, de parvenir au plus vite à la paix si vivement recherchée, de refaire l'unité du Pays, d'effectuer le désarmement, de réaliser des élections transparentes, dans un climat serein et apaisé.

La nomination du nouveau Premier Ministre et des Membres du Gouvernement confirme notre profonde espérance - qui rejoint celle de tout ivoirien - de revoir, au cours de l'année 2006, une Côte d'Ivoire unie et solidaire, pacifique et prospère.
Qui, en définitive, ne veut pas la paix? Personne. Qui veut la paix? Tous. En Côte d'Ivoire également. Aucun sujet de la vie nationale, tout comme de la vie internationale, n'est aussi essentiel, dans notre contexte historique, que celui de la paix et de l'urgente nécessité d'éliminer les tensions. C'est la valeur primordiale qui répond aux désirs toujours plus profonds et aux aspirations de tous les habitants de notre cher Pays : c'est votre désir et Votre aspiration, Monsieur le Président de la République; c'est également le vœu de Monsieur le Premier Ministre, des Ministres, des Institutions de la République, des Partis Politiques, des Forces Armées, des Forces Nouvelles, des leaders des Communautés Religieuses, des jeunes et des adultes, de tous les hommes et femmes de bonne volonté. C'était et c'est encore l'ardent désir de la Communauté Internationale. À cet égard, nous voudrions saisir cette occasion pour rendre un hommage mérité à tous ceux qui ont aidé et aident encore à retrouver définitivement la paix en Côte d'Ivoire.
La paix! Combien de fois avons-nous entendu et répété que la paix est le bien le plus précieux des hommes, des peuples et des Etats? L'expérience enseigne, et nous en sommes témoins, que sans la paix il n'est pas possible de réaliser le développement intégral des individus, des familles, de la société et même de l'économie. Elle (la paix) est un devoir pour tous.
Vouloir la paix n'est assurément pas un signe de faiblesse mais plutôt une marque de force. S'il est vrai que le droit à l'existence - et à une existence digne - doit être garantie en premier lieu à toute personne par la Société, il est indéniable également que ce droit ne peut être séparé d'une autre exigence, tout aussi fondamentale, qui pourrait être appelée le droit à la paix et à la sécurité.
La paix! Elle est aujourd'hui encore menacée dans de nombreuses régions de notre planète. Mais elle est surtout menacée là où l'homme est opprimé par la pauvreté ou soumis aux contraintes sociopolitiques ou idéologiques ; là où les droits fondamentaux sont ignorés ou foulés aux pieds ; là où le bien-être intégral de la personne humaine n'est pas reconnu, promu, sauvegardé ; là où les êtres humains ne sont pas respectés dans leur valeur unique ; là où la personne est subordonnée aux intérêts égoïstes et à l'ambition du pouvoir sous toutes ses formes ; là où les pauvres et les faibles sont exploités par les forts, les simples par des personnes habiles et sans scrupules.
"Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux" (Mt 7,12): Cette maxime exprime la nécessité fondamentale de la coexistence dans la différence, qui s'applique aussi bien aux rapports existant entre les fils d'un même Pays qu'aux relations entre les Pays eux-mêmes.
Lorsqu'elle provient du cœur de l'homme, la paix n'a pas besoin d'armes : ni légères ni lourdes; ni de chars ni de matériel de combat. Elle ne connaît pas de "si" ni de "mais ". La paix est la paix tout court: ainsi donc la réconciliation est une condition indispensable à la paix. Voilà pourquoi la paix ne peut s'accommoder de la division; elle est plutôt basée sur l'unité de toute la nation, de ses citoyens et de tous ses habitants sans distinction du lieu de provenance, dans le respect constant des différences liées aux traditions, aux cultures, à la religion et à la situation sociale.
Dès lors, la division d'une nation ne peut être perçue que comme une menace à la survie de la nation elle-même et de ses habitants. La paix est synonyme de justice, d'une justice sociale égale pour tous.
Les douloureuses expériences de violence que, pendant plus de trois longues années, les populations de Côte d'Ivoire ont dû subir, mettent en évidence la nécessité d'un effort ultime à faire, d'un dernier sacrifice à consentir en vue de reconstruire finalement une paix durable et vraie sous le signe de l'unité nationale et de la justice.
Nous sommes fermement convaincus, Monsieur le Président, qu'un état de droit, fondement indispensable de toute démocratie, ne peut s'imposer de l'extérieur ni s'improviser.
Au contraire, il exige, pour sa construction et son maintien, la persévérance, l'éducation, la constance, la confiance. Il exige aussi des sacrifices. Il requiert une croissance permanente ainsi que la conscience civique et sociale, tout comme une participation active de toutes les composantes du Pays à la construction du bien commun.
En particulier, il exige que toutes les structures de l'Etat soient mises au service de tous les citoyens; il requiert que se développe toujours davantage un dialogue dynamique entre toutes les composantes politiques et sociales dans la recherche du précieux bien commun, dans le respect de tous et de chacun.
Monsieur le Président, nous voulons croire - bien mieux nous sommes convaincus - que la Côte d'Ivoire a pris résolument la bonne voie et est entrain de reconquérir pleinement la paix et la stabilité, tout autant que le prestige international qui l'a toujours caractérisé. Nous ne pouvons que nous en réjouir et nous en féliciter avec vous, avec tous, sans aucune distinction. Car personne n'a le droit de prolonger davantage l'attente des Ivoiriennes et des Ivoiriens, et de tous les habitants du Pays, qui rêvent, de toutes leurs forces de réconciliation et de fraternité, d'unité et de prospérité.
Dans cette marche résolue vers des lendemains plus rayonnants rendus possibles par des élections libres, justes et transparentes, la Côte d'Ivoire peut compter sur le soutien, la franche amitié et la solidarité active de la Communauté Internationale.
Puisse cette année nouvelle, qui s'ouvre devant nous, être celle que l'histoire retiendra comme l'année de la réunification et de la paix définitive en Côte d'Ivoire. Une année au cours de laquelle nous souhaitons que la générosité l'emporte sur l'égoïsme, la solidarité sur les intérêts personnels, la disponibilité sur les replis frileux.
Montrons-nous, tous, pleinement humains et le bonheur adviendra. Les anciens Grecs disaient: «All'hotan speude tis autos, ko theos synaptetai» ("Quand quelqu'un travaille sérieusement, Dieu travaille avec lui"). Courage Côte d'Ivoire: porte à son terme ton œuvre de réconciliation, d'unité nationale et de paix pour le bien de tous!
Heureuse Année, Paix et Prospérité à Vous, Monsieur le Président, et à tous les habitants de ce beau et noble Pays! Que le Tout-Puissant nous garde et nous bénisse.

Nous vous remercions.

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Source : www.abidjan.net
Paru dans : "NOTRE VOIE" du 24 janvier 2006


Message du Président de la République au Corps Diplomatique à l'occasion de la présentation des voeux de Nouvel An.

24 Janvier 2006

Hier, face au corps diplomatique, le Président Laurent Gbagbo a rappelé une fois de plus la bataille qui se déroule en ce moment en Côte d’Ivoire oppose d’un côté ceux qui sont pour la démocratie comme mode d’accès au pouvoir et de l’autre ceux qui sont pour la conquête et la gestion du pouvoir par les armes.

"Mesdames, Messieurs

C'est toujours un honneur et une joie renouvelée pour moi d'accueillir, en ce Palais de la Présidence de la République, le Corps Diplomatique accrédité en Côte d'Ivoire, à l'occasion de la cérémonie traditionnelle d'échange de vœux. Merci, Excellences, pour le message plein de sagesse, d'amitié et de considération que vous venez d'adresser au peuple ivoirien, à ses dirigeants et à tous les habitants de ce pays.

Merci pour les vœux de bonheur et de paix que vous avez si chaleureusement exprimés à l'endroit de la Côte d'Ivoire. Votre message et vos vœux nous vont d'autant plus droit au cœur que notre pays, vous le savez aussi bien que nous, traverse une période difficile de son histoire, depuis plus de trois ans.
Dans cette épreuve, vous l'avez dit, et je m'en réjouis, les amis de la Côte d'Ivoire ne nous ont pas abandonnés. Je le sais, chacun de vous, chacun des pays et organisations que vous représentez, déploie des trésors d'énergie pour ramener la Paix dans notre pays. C'est pourquoi nous sommes peinés quand parfois notre espérance commune est contrariée par des événements inattendus.
Ainsi, l'histoire aura voulu que les premiers jours de la nouvelle année soient marqués par les événements consécutifs à la dernière déclaration du Groupe de Travail International; des événements que personne - je le pense - n'avait souhaité; des événements que nous déplorons tous et qui interpellent autant les Ivoiriens que les amis de la Côte d'ivoire à travers le monde.
Je salue ici la mémoire des personnes qui ont perdu la vie au cours de ces journées à Guiglo, à Duékoué, à San-Pedro, à Abidjan. Leur mort nous touche d'autant plus qu'elles sont tombées là où personne ne pouvait s'y attendre. Je souhaite un prompt rétablissement aux blessés et j'exprime la compassion de la nation ivoirienne envers tous ceux qui ont subi des dommages, en particulier envers le personnel de l'Opération des Nations Unies en Côte d'ivoire et des Organisations humanitaires internationales.
Je commence mon propos par ces événements parce qu'ils montrent combien la Paix est une denrée fragile; combien grande est la responsabilité des acteurs de la Paix, en particulier quand ils sont en mission dans un pays en crise où parfois il suffit d'un mot, d'une phrase ou d'une attitude ambiguë pour compromettre les fruits d'un effort de longue haleine.
L'action pour la Paix n'est pas une aventure solitaire. Elle se mène pour des hommes et des femmes. Elle se mène avec des hommes et des femmes dont l'adhésion et la confiance sont indispensables au succès. C'est pourquoi elle demande la patience, la compréhension et le respect mutuel. La Paix se nourrit d'amour, l'amour de la compréhension, la compréhension du respect. Tout être humain, même le plus petit d'entre nous, a un besoin naturel de considération. La Côte d'Ivoire a besoin de considération.
En parlant des événements ayant marqué le début de la nouvelle année, je voudrais rappeler l'attaque des camps militaires d'Akouedo qui, pour moi, n'est pas un simple incident mais bien une manœuvre pour détourner les Ivoiriens du chemin de la Paix. Elle s'inscrit, à mon sens, dans la même logique que les attaques meurtrières de Petit Duékoué et de Guitrouzon, d'Anyama et d'Agboville.

J'en suis venu à penser, en observant attentivement l'enchaînement des faits, qu'il y a des personnes en Côte d'Ivoire et hors de Côte d'Ivoire qui ont intérêt à ce que la crise perdure. Sinon comment comprendre que chaque fois que nous sommes au seuil de la Paix, un fait survient pour détourner notre attention!
Heureusement, Excellences, ces épisodes déplorables sont de courte durée car les Ivoiriens et tous les habitants de ce pays sont fatigués de la guerre. Nous voulons la Paix. Tout simplement.
Les sacrifices consentis depuis plus de trois ans, l'implication de tous les protagonistes dans la gestion de la crise, l'application scrupuleuse, par les autorités et les institutions ivoiriennes, des différents accords de Paix, témoignent de la volonté des Ivoiriens à faire la Paix sans calcul, sans exclusion, ensemble. C'est le sens de la campagne pour la Paix que j'ai initiée l'année dernière et qui se poursuivra tout au long de cette année.
Vous venez de rappeler la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, les efforts déployés par les Médiateurs Africains, la nomination d'un nouveau Premier ministre et la formation) de son Gouvernement. Ces changements, auxquels les amis de la Côte d'Ivoire ont fortement contribué, sont voulus et acceptés-par les Ivoiriens, parce qu'ils s'inscrivent parfaitement dans le cadre du fonctionnement normal des institutions de la République.
C'est donc un abus de langage quand j'entends parfois parler d'un Gouvernement de transition en Côte d'Ivoire. La transition suppose la rupture totale dans le fonctionnement de l'Etat. La Côte d'Ivoire est en crise mais ce pays n'est pas en faillite.
L'Etat ne s'est pas effondré. Malgré l'occupation d'une partie du territoire national, les lois et les décisions adoptées, par le Président de la République et le Parlement notamment, sont valables pour l'ensemble du pays. Le sens du combat des Ivoiriens c'est précisément que l'Etat continue d'exister et de fonctionner normalement, avec les élus qu'ils ont librement placés à la tête et au sein des institutions issues de la Constitution de juillet 2000.
Les élections n'ayant pu se tenir en 2005 aux dates fixées, du fait de la guerre, les amis de la Côte d'Ivoire ont préconisé des mesures conformes aux dispositions prévues en l'espèce pat la Constitution. Le nouveau Gouvernement de la République a pour mission de réussir le désarmement, la réunification du pays, la préparation et l'organisation des élections; ce qui est sa raison d'être.
Outre cette mission essentielle, il doit veiller au fonctionnement régulier des services de l'Etat, dans le respect des institutions; ce qui est la tâche de tout Gouvernement. Le Président de la République est le garant des institutions. Il veille à leur équilibre. Le Gouvernement et le Président de la République sont donc dans un jeu de rôles. C'est pourquoi le Premier ministre et moi-même nous ne nous piétinons pas et nous ne nous piétinerons pas.
Notre mission à tous, dans cette période, c'est de tout mettre en œuvre pour réunir les conditions nécessaires à l'expression libre et souveraine de la volonté du peuple ivoirien, à travers des élections justes et transparentes. Sur cette voie, le Premier ministre a tout mon soutien. J'observe qu'il a aussi le soutien de la Communauté internationale et je m'en réjouis. Comme il l'a dit lui-même, nous sommes en tandem. La pente peut être parfois rude. C'est, pourquoi nous devons conjuguer nos efforts, pédaler au même rythme, harmoniser nos gestes et nos propos.
C'est à cette condition que nous pourrons éviter à notre pays de sombrer davantage dans la division car, malheureusement, l'intelligence humaine a parfois tendance à dresser les catégories les unes en face des autres, à opérer des classifications faciles, quand elle manque l'effort nécessaire de compréhension. On a ainsi vite fait de voir des mouvances antagonistes là où la nation, en proie à une crise sans précédent, s'interroge sur son avenir et s'inquiète de l'avenir des institutions démocratiques dont elle s'est dotées au terme d'un long combat.
Nous nous sommes battus dans ce pays, contre le parti unique, pour obtenir le multipartisme puis la démocratie. C'est pourquoi les Ivoiriens se dressent chaque fois que les tentatives de coups d'Etat, armés ou non, la guerre, l'occupation, qui sont par essence la négation même de la démocratie, viennent remettre en cause les acquis de leur lutte.
Si donc il y a bien une ligne de démarcation dans ce pays, elle n'oppose pas d'un côté les «partisans de Gbagbo”, comme certains se plaisent à le dire, à des partisans d'une cause que l'on se garde bien de nommer!
La contradiction fondamentale, que la crise actuelle permet chaque jour d'observer, oppose d'un côté les partisans de la voie démocratique et, de l'autre, les partisans de la voie des armes pour conquérir et exercer le pouvoir. La démocratie doit l'emporter.
J'ai toujours refusé la dictature, c'est à dire le pouvoir par les armes mais aussi le pouvoir sans contre pouvoir. C'est une erreur de penser qu'en supprÎ111ant les contre pouvoir, on se donne plus de moyens de régler les crises. L'histoire est jalonnée d'exemples démontrant que chaque fois que l'on a procédé ainsi, les crises se sont plutôt exacerbées.
Pour ma part, malgré les alliances de cœur ou de raison que j'observe ici et là, j'ai du mal à ranger tous mes adversaires politiques dans une même mouvance que ceux qui ont pris les armes contre la République. Une chose est en effet de s'opposer à la politique menée à la tête d'un pays, de se donner les moyens démocratiques nécessaires aux changements que l'on souhaite, et une autre de prendre les armes contre son propre pays pour y opérer des changements par la force. Les Ivoiriens condamnent, dans leur grande majorité, la voie des armes.
Mais qu'importe aujourd'hui ces nuances? N'avons-nous pas, au nom de la Paix, et pour obtenir le désarmement, accepter tout le monde dans un même gouvernement? Alors, y a - t - il encore, à proprement parler, une opposition en Côte d'Ivoire? Par définition, un parti ou un mouvement ci' opposition est un parti ou un mouvement non représenté au Gouvernement. L'opposition civile et armée, représentée ou non au Parlement, est aujourd'hui au Gouvernement. Travaillons à guérir les plaies en nous gardant de transforIi1er les cicatrices en stigmates. Il faut éviter de ruser avec l'intelligence des peuples.
Monseigneur, Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Vous l'avez dit, c'est ensemble qu'on peut être heureux. C'est également ensemble qu'on peut construire la Paix. Une Paix conquise ou imposée pour les uns, dans le mépris des autres, divise la nation contre elle-même. Les Ivoiriens veulent la Paix pour eux-mêmes. Ils la veulent pour tous les habitants de ce pays, pour les étrangers qu'ils ont accueillis et continuent d'accueillir et qui vivent depuis des années en harmonie avec eux. Ils veulent la Paix pour tous les pays voisins de la Côte d'Ivoire, pour l'Afrique de l'Ouest et pour tout le continent.
Je salue, à cet égard, les bonnes dispositions du Corps diplomatique accrédité en Côte d'Ivoire. Nous avons besoin de vous, de votre aide pour construire la Paix. Je forme pour chacun de vous, pour les Chefs d'Etats et responsables d'institutions que vous représentez si dignement en terre ivoirienne, les vœux sincères de bonheur personnel et de prospérité.
Que cette année 2006 voit se raffermir davantage les liens d'amitié, de coopération et de respect mutuel qui unissent la Côte d'Ivoire et les Ivoiriens à vos différents Etats et Organisations.
Il me plaît en particulier de reprendre après vous, la formule par laquelle vous avez terminé votre message : “Quand quelqu'un travaille sérieusement, Dieu travaille avec lui.”.
Puisse Dieu accorder à chacun de nous le courage nécessaire pour travailler sérieusement à la Paix, afin que 2006 soit l'année du désarmement, de la réunification, des élections et de la Paix définitive en Côte d'Ivoire.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!"

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Source : www.abidjan.net
Article paru dans : "NOTRE VOIE" du 24 janvier 2006


DÉCLARATION DU GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE DE CÔTE D'IVOIRE.

20 Janvier 2006

Lue par Monsieur le Premier Ministre à la RTI.

Citation :

A la suite du communiqué final ayant sanctionné la réunion du Groupe de Travail International (GTI) le dimanche 15 janvier 2006, à l’Hôtel du Golf, une frange de la population a cru comprendre que ce groupe de travail avait dissout l’Assemblée Nationale.

Pour protester, elle a érigé, depuis le 16 janvier 2006, des barricades et barrages sur diverses voies de la ville d’Abidjan et de celles de quelques villes de l’intérieur du pays, empêchant la population civile de vaquer à ses occupations ; Cette situation a eu pour conséquence, entre autres la paralysie de l’activité économique, le rationnement de l’approvisionnement des populations et l’impossibilité pour beaucoup de malades de recevoir des soins.

Plus grave, ces troubles ont entraîné des morts et de nombreux blessés à Abidjan, Guiglo, San Pedro et certainement dans d’autres villes de l’intérieur du pays.

J’adresse mes condoléances les plus attristées aux familles ainsi plongées dans le deuil et je m’associe à leurs douleur. Je souhaite de tout cœur un prompt rétablissement aux blessés.

Dès le début de la crise, j’ai eu un entretien avec le Chef de l’Etat, à l’issue duquel est intervenu un communiqué du Gouvernement.

Par la suite, j’ai eu une séance de travail avec les grands commandements des Forces de Défense et de Sécurité, et j’ai poursuivi avec les porte-parole des manifestants.

J’ai expliqué à ces derniers que le GTI n’a pas dissout l’Assemblée Nationale, il n’en a ni la compétence ni le pouvoir. Le GTI a simplement constaté la fin du mandat de l’Assemblée Nationale le 16 décembre 2005, au regard de la Constitution Ivoirienne.

Le GTI a recommandé que le Premier Ministre et le Chef de l’Etat se concertent en vue de confier aux Députés des missions spécifiques pour la promotion de la paix et de la réconciliation nationale.

Alors que cette concertation était en cours, les troubles se sont aggravés.

Préoccupée par cette situation, l’Union Africaine et les Nations Unies ont mandaté le Président Olusegun Obasanjo, Président de la République Fédérale du Nigéria, Président en exercice de l’Union Africaine qui a tenu le mercredi 18 janvier 2006 à Abidjan, une réunion avec les Autorités Ivoiriennes.

Le communiqué final de cette réunion a confirmé que le GTI n’avait pas dissout l’Assemblée Nationale parce qu’il n’en avait ni la compétence, ni le pouvoir, ni la volonté, mais avait simplement constaté la fin du mandat des Députés conformément à la Constitution. Il s’est félicité de l’étroite collaboration entre le Chef de l’Etat et le Premier Ministre pour trouver une solution à la question de l’Assemblée Nationale dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire.

Si la principale raison des troubles est la supposée dissolution de l’Assemblée Nationale par le GTI, je dis à nos frères et sœurs qui manifestent, qu’il n’en est absolument rien et que leur présence dans les rues n’a plus aucune justification.

Chers frères, chères sœurs et chers enfants, vous pouvez rentrer chez vous rassurés.

La vie doit reprendre son cours, la Côte d’Ivoire n’a que trop souffert.

Je fais appel à la responsabilité de tous.

Le Gouvernement est déterminé à conduire son action de paix et de réconciliation.

Je compte sur chaque Ivoirienne et chaque Ivoirien pour aider le Gouvernement à accomplir sa mission dans le dialogue et par le compromis.

Des instructions ont été données aux Forces de Défense et de Sécurité pour assurer la protection et la libre circulation des biens et des personnes.

En tout état de cause force doit toujours rester à la loi et à l’ordre.

Je ne saurai terminer sans remercier le Président Obasanjo pour sa disponibilité constante pour tout ce qui touche notre pays ; j’associe à ces remerciements le Président Gbagbo pour les efforts qu’il a déployés pour mettre fin à cette crise.

Fin de citation.
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Source : www.abidjan.net
Paru dans : "L'INTELLIGENT D'ABIDJAN" - 20 janvier 2006
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Communiqué final.

19 Janvier 2006

Une rencontre a réuni ce jour, mercredi 18 janvier 2006, le Président de la République Fédérale du Nigeria, Son Excellence Olusegun Obasanjo, Président en exercice de l’Union Africaine, et Son Excellence Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d’Ivoire.
Outre les deux Chefs d’Etat, ont participé à cette réunion, M. le Premier ministre, Charles Konan Banny, M. Pierre Schori, représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU, M. Sokupa, représentant spécial du Médiateur de l’Union Africaine, Son Excellence Raph Uwuchue, représentant du Secrétaire exécutif de la CEDEAO.
Prenant note du paragraphe 11 de la résolution 1633 du CS de l’ONU et de la fin du mandat de l’Assemblée Nationale le 16 décembre 2005, prenant note également des discussions entamées par le Président de la République et le Premier Ministre au sujet de l’Assemblée Nationale, décident :
- Le GTI n’a pas de pouvoir pour dissoudre l’Assemblée Nationale.
- Le GTI n’a pas dissout l’Assemblée Nationale à l’issue de sa réunion du 15 janvier 2006.
- Invite le Président de la République et le Premier Ministre à continuer les discussions en vue de parvenir à une solution politique dans les jours à venir. Cette solution sera communiquée à la Nation et au Groupe de Travail International.
Le Président Obasanjo, le Président la République de Côte d’Ivoire, le Premier Ministre demandent à la population de se retirer des rues et de regagner leurs domiciles.
Le Président de la République et le Premier Ministre invitent les populations à reprendre le travail dès demain 19 janvier 2006.
Le Président de la République de Côte d’Ivoire, le Premier Ministre, les Présidents des Institutions et le Gouvernement de Côte d’Ivoire remercient le Président Obasanjo pour sa disponibilité constante pour tout ce qui touche la Côte d’Ivoire.

Olusegun Obasanjo & Laurent Gbagbo
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Source : "Le Courrier d'Abidjan" du 19 janvier 2006
Copyright © 2003 Le Courrier d'Abidjan, Tous droits réservés.


Olusegun Obasanjo :“Le GTI n’a ni le mandat, ni le pouvoir, ni la compétence pour dissoudre le parlement.

19 Janvier 2006

Les patriotes ivoiriens viennent de remporter une autre victoire sur l’arbitraire. Après trois jours de manifestations contre la décision de dissolution de l’Assemblée nationale prise par le GTI, leur détresse a été perçue par le président nigérian. Hier, après une longue séance de travail avec le président Gbagbo, le Premier minsitre Banny et le représentant spécial de Kofi Annan en Côte d’Ivoire, Olusegun Obasanjo, président en exercice de l’Union africaine mandaté par Kofi Annan, Mamadou Tanja (CEDEAO) et le médiateur Thabo Mbeki a désavoué publiquement le Groupe international de travail. Voici sa déclaration.
Olusegun Obasanjo : “Excellence Monsieur le président Gbagbo, Excellence Monsieur le Premier ministre Banny, excellence Madame Gbagbo, excellence, Monsieur le président Koulibaly, excellence Monsieur le président Fologo, Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout d'abord dire merci au président Gbagbo pour avoir accepté de me recevoir alors qu'il a été informé de mon intention de venir dans un délai très court. la sagesse africaine conseille que lorsque la case du voisin est en feu, si vous ne l'aidez pas à circonscrire le feu, il risque de se propager jusqu'à votre propre cabane. Cela veut dire que tout ce qui affecte la vie de la Côte d'Ivoire a un impact et des conséquences sur la vie dans notre sous-région et particulièrement sur la vie au Nigeria. Pis, si nous n'avons pas la paix dans un seul pays ouest-africain, nous ne pouvons avoir la paix dans aucun pays en Afrique. C'est pourquoi, en tant que président en exercice de l'Union africaine et leader africain, j'ai décidé de venir rencontrer les autorités ivoiriennes.
Lundi dernier, nous sommes tous allés célébrer la première femme élue chef d'Etat africain au Liberia. Nous en avions été très heureux mais notre joie a été écourtée par les événements qui ont pris naissance depuis le même jour en Côte d'Ivoire. Nous avions pourtant pensé qu'avec l'élection de la présidente du Liberia et qu'avec la nomination d'un nouveau Premier ministre ivoirien qui travaille de concert avec le président de la République, nous allions atteindre et franchir une importante étape dans la recherche de la paix dans la sous-région. Nous avons alors pensé, à la réunion de la CEDEAO, que maintenant, il était venu le temps de nous pencher sur les problèmes économiques, de développement et de coopération entre nos pays pour aller de l'avant. Nous avons pensé que les questions de violence, de conflit et de tension étaient désormais évacuées dans notre sous-région.
Comme il est mentionné dans le communiqué final qui vous a été lu, je suis venu pour tenter de mettre de fin à la confusion, aux tensions et à l'anarchie qui reprennent naissance en Côte d'Ivoire. Les rues d'Abidjan et des villes du pays sont à nouveau assiégées par des manifestants. La cause de cette situation effervescente est une mauvaise incompréhension. Il s'agit d'une mauvaise lecture qui a fait croire qu'une certaine décision a été prise alors que cette décision n'a pas été prise. Durant ces trois dernières années, aucune action n'a été entreprise pour mettre en péril la souveraineté de la Côte d'Ivoire. La souveraineté de ce pays est toujours entre les mains du peuple de Côte d'Ivoire et entre les mains des autorités qui ont en charge de gérer le destin de ce peuple. Je ne pense pas qu'en une quelconque circonstance, cette souveraineté ait été menacée.
Je voudrais le dire très clairement : le Groupe de travail international (GTI) n'a ni le pouvoir, ni la compétence, ni l'intention de piétiner ou de gêner la souveraineté de la Côte d'Ivoire. Le GTI n'a ni le pouvoir, ni la compétence pour décider de la question de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. Le GTI n'a ni le mandat, ni aucune intention de mettre fin au mandat des députés. Le GTI n'a ni le mandat, ni la capacité pour agir ainsi et le GTI n'a pas pris une telle décision. De par la Constitution de votre pays, le mandat de l'Assemblée nationale a pris fin le 16 décembre 2005. Personne, en dehors de la Constitution de Côte d'Ivoire, n'a le pouvoir et le droit d'affirmer autre chose. Cette décision se trouve dans la Constitution de Côte d'Ivoire et tout le monde le sait. C'est pour cette raison que le président de la République et le Premier ministre ont déjà entamé des discussions sur cette question. Ces discussions étaient justement en cours lorsque le GTI, à sa réunion du 15 janvier 2006, a pris également acte de la fin du mandat des députés.
Par ailleurs, la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l'ONU qui traite de la question dit que le président de la République et le Premier ministre doivent travailler de concert pour trouver une solution politique à cette situation. Et c'est ce qu'ils sont en train de faire. En tout cas, je me réjouis de cette complicité, dans le travail, entre le président et le Premier ministre. Je voudrais à présent lancer un appel solennel à tout le monde. Je demande à tous de travailler à donner une chance à la paix.
Ce pays a souffert économiquement ces trois dernières années et continue de souffrir. Faisons en sorte de donner la chance au retour du développement dans ce pays (…). Nous invitons le Premier ministre et le gouvernement à travailler sur le dossier du désarmement, à préparer les élections pour ramener la démocratie, facteur de développement de la Côte d'Ivoire…


Propos recueillis par César Etou
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Source : "NOTRE VOIE" du 19 janvier 2006.
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COMMUNIQUÉ DU GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE DE CÔTE D'IVOIRE.

18 Janvier 2006

A la suite du communiqué final ayant sanctionné la réunion du Groupe de Travail International (GTI) du 15 janvier 2006, à l'Hôtel du Golf, des Ivoiriens ont posé depuis ce matin des barricades sur diverses voies de la ville d'Abidjan.

Ces manifestations auraient pour objet le fait que le GTI aurait dissout l'Assemblée Nationale et que la Côte d'Ivoire serait sous tutelle de l'ONU.

Il importe, à la vérité, d'indiquer que le GTI n'a pas dissout l'Assemblée Nationale car cet acte n'est pas de sa compétence.

Le GTI, à l'instar des Députés et de l'ensemble des Ivoiriens, a simplement tiré la conclusion que le mandat de l'Assemblée Nationale a expiré le 16 décembre 2005 conformément à la Constitution.

Mieux le GTI a recommandé, en attendant que de nouvelles élections aient lieu, que le Premier Ministre, en concertation avec le Chef de l'Etat, puisse confier aux Députés dont le mandat vient de prendre fin, des missions en vue de la promotion de la paix et de la réconciliation nationale conformément à la feuille de route qui a été remise au Chef du Gouvernement.

Il importe une fois de plus que nos compatriotes comprennent que la mission principale assignée au Gouvernement de Transition pour la période allant jusqu'au 31 octobre 2006, est le désarmement et la démobilisation en vue de l'organisation d'élections libres et transparentes.

C'est à cette tâche que le Gouvernement s'attelle. Aucune action ne devrait être entreprise pour entraver le processus ainsi engagé.

Le Gouvernement invite l'ensemble des Ivoiriens à la sérénité et à conjuguer leurs efforts pour accompagner son action.
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Source : « L'intelligent d'Abidjan » du 16 janvier 2006.


Crise Ivoirienne - Les “ Patriotes ” accusent le GTI de jeter de l’huile sur le feu.

18 Janvier 2006

Adresse à l’ONU sur les dérives du groupe de travail international (GTI)

La communauté internationale, à travers l’ONU, s’est engagée, à la demande des autorités ivoiriennes, à rechercher une solution pacifique durable à la crise qui secoue notre pays.

C’est ainsi que, vivement préoccupé par la persistance de la crise et la détérioration de la situation en Côte d’Ivoire, le Conseil de sécurité a adopté à sa 5288ème séance du 21 octobre 2005, la Résolution 1633(2005). Ladite Résolution a réaffirmé que les Accords de Linas Marcoussis, d’Accra III, et de Pretoria demeurent le cadre approprié pour le règlement pacifique et durable de la crise en Côte d’Ivoire, a défini les missions du nouveau gouvernement de réconciliation nationale et a établi un Groupe de Travail International.

A) DES MISSIONS DU GROUPE DE TRAVAIL INTERNATIONAL

La tenue d’élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2005, tel est l’objectif assigné à tous par la résolution 1633 de l’ONU.

En son paragraphe 12, la Résolution considère que les mesures requises afin d’accélérer ce processus, sont en particulier : l’opération de désarmement, démobilisation et réintégration, le démantèlement et le désarmement des milices et l’établissement des conditions nécessaires à la tenue d’élections libres, régulières, ouvertes et transparentes, y compris en ce qui concerne l’opération d’identification et d’inscription des électeurs.

Le Groupe de travail international institué par celle-ci a donc pour mission de suivre de près l’évolution de la situation à cet égard et d’en faire rapport au conseil de sécurité.

Le Paragraphe 11 de cette Résolution l’invite, notant que le mandat de l’Assemblée nationale prend fin le 16 décembre 2005, à consulter toutes les parties ivoiriennes en vue de faire en sorte que les institutions ivoiriennes fonctionnent normalement jusqu’à la tenue des élections.

Pour ce faire, le Paragraphe 13 “demande en conséquence que le Groupe de travail international élabore dès que possible une feuille de route en consultation avec toutes les parties ivoiriennes, en vue de tenir des élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2006 ... ”

B) LE GROUPE DE TRAVAIL INTERNATIONAL SE DETOURNE DE SES MISSIONS ET S’EN ATTRIBUE D’AUTRES

1) Par une décision en date du 6 décembre 2005, le Groupe de travail international autorise le pouvoir exécutif à légiférer en lieu et place du parlement ;

2) Dans ses déclarations sans retenue, le Groupe de travail international dénie en fait au peuple ivoirien sa souveraineté et aux institutions de la République leur légitimité ;

3) Par ses manœuvres actuelles, le Groupe de travail international entend aboutir au schéma suivant :

. Promouvoir de facto, un gouvernement de transition qui n’existe nulle part dans aucun accord de paix, et ce, en lieu et place du gouvernement de réconciliation nationale qui est le seul visé dans la Résolution de l’ONU.

. Confier au Premier ministre la présidence du conseil des ministres, la signature des décrets et la nomination aux hautes fonctions de l’administration, et ce, en pure négation des pouvoirs dévolus au Président de la République, Chef de l’Etat.

. Recomposer l’Assemblée nationale en y intégrant des non élus du RDR et des mouvements rebelles et réduire ses pouvoirs pour en faire une chambre purement consultative.

. Obtenir à tout prix le contrôle des rebelles dans la composition et la direction de la CEI

. Démanteler les Forces armées nationales en y intégrant les rebelles afin de détruire toute la portée attendue du désarmement

. Modifier la population électorale, voire la démographie nationale au moyen d’une opération maligne d’identification

. Contester le régime constitutionnel des institutions de la République

. Modifier la composition de la haute administration du pays afin de l’assujettir

. S’ériger en une autorité exerçant un pouvoir de tutelle sur la Côte d’Ivoire.

D’où le GTI tire-t-il ses pouvoirs, inscrits nulle part dans la Résolution ?

Au lieu de s’attacher aux questions essentielles de l’heure qui concernent le désarmement, la réunification du pays, le redéploiement de l’administration sur toute l’étendue du territoire national, l’identification et la tenue rapide des élections, le GTI a décidé d’aller en guerre contre les institutions de la République.

En réalité, par ses actes et autres déclarations, le Groupe de travail international jette de l’huile sur le feu, au lieu d’aller dans le sens de la paix et assumer pleinement sa mission consistant à faire en sorte que les institutions fonctionnent normalement, afin que des élections puissent se tenir aux dates indiquées.

Le GTI mène de façon délibérée et insidieuse le combat d’un projet de résolution qui n’a pas été adopté.

Si l’on n’y prend garde le GTI risque de mettre plus à mal le processus actuel de paix et de réconciliation nationale engagé dans le cadre de la Résolution 1633.

C) L’APPEL A L’ONU

En conséquence ;

Les partis politiques et les organisations de défense des institutions de la République, Signataires de la présente Adresse :

Appellent l’attention de l’ONU sur les graves dérives du GTI et les risques de détérioration de la situation qu’il fait courir à la Côte d’Ivoire.

Demandent instamment à l’ONU d’exiger à son équipe technique - le GTI - de s’en tenir strictement à son rôle de suivi et d’accompagnement du processus de paix.

Demandent enfin à l’ONU d’engager le GTI à n’agir désormais, en actes et en paroles, qu’en ayant à l’esprit la paix et les conditions à créer pour permettre la tenue rapide des élections.

Disent toute leur détermination à ne pas accepter, les projets annoncés et à ne plus tolérer que le GIT se comporte en instance de décision.

N. B. Le titre est de la rédaction Fait à Abidjan, le 12 Janvier 2006

ONT SIGNE :

Au titre des partis politiques

LE FPI L’UDCY L’USD MOUVEMENT NATIONAL CITOYEN-ALTERNATIVE Le PURCI Au titre des organisations de défense des institutions de la République : Le Synares Le COJEP La COORDINATION DES FEMMES PATRIOTES ET DE La SOCIETE CIVILE UPLTCI

par LES LIDEURS


Source : L'INTER DU 17 JANVIER 2006
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MESSAGE DE FIN D'ANNÉE À LA NATON DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LAURENT GBAGBO, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE CÔTE D'IVOIRE.

3 Janvier 2006

Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d'Ivoire.

Le message traditionnel de vœux du Chef de l'Etat à la nation m'offre ce soir l'agréable occasion de m'adresser à vous, pour souhaiter à chacun et à chacune une bonne et heureuse année 2006 et à la Côte d'Ivoire, notre pays, la paix; une paix sincère, une paix durable, dans l'union des cœurs et la réconciliation.

L'année 2005, année de tous les espoirs, s'achève dans un contexte inédit en Côte d'Ivoire. Pour la première fois, depuis l'indépendance de notre pays, les élections ne se sont pas tenues aux échéances fixées par la Constitution. La cause de cet état de fait nous la connaissons tous. C'est la guerre qui a entraîné la partition du pays en deux, et a rendu impossible l'organisation de toute consultation électorale.

Ainsi que le prévoit notre loi fondamentale, en l'espèce, je demeure en fonction jusqu'à la tenue des élections, jusqu'à ce que les circonstances qui font aujourd'hui obstacle au processus électoral soient levées. Ce soir, je souhaite, de tout cœur, que l'année 2006 soit l'année de la concrétisation de tous nos espoirs légitimes, l'année des élections.

Tout au long de l'année qui s'achève, nous avons examiné, sous l'égide du Président et du Médiateur de l'Union Africaine dans la crise ivoirienne, Olusegun Obasanjo et Tabo Mbéki tous les problèmes et adopté des solutions qui conviennent à toutes les parties. Dans le même temps, la Communauté internationale a décidé de s'impliquer davantage dans le règlement de la crise. La résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, préparée par une résolution du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine,traduit cette volonté de la Communauté internationale de nous aider à mettre fin à l'état de guerre et à préparer les élections.

Tous les sujets ont été examinés. Toutes les inquiétudes ont été levées. Les débats, aussi bien dans l'opinion qu'à l' Assemblée Nationale, sont terminés. Mais cela ne suffit pas. Nous savons que l'espoir se nourrit de la volonté et de l'action. Place maintenant à l'action!

Le temps est venu d'appliquer les décisions prises tout au long de ces trois dernières années de guerre. Telle est notre mission. Telle est la mission du nouveau Premier ministre et du Gouvernement qui vient d'être formé. Ils ont tout mon soutien. J'invite chacun de nous à travailler à la réussite de leur mission.
Quelles sont les tâches prioritaires de ce gouvernement? Elles sont au nombre de quatre:

- En premier lieu, le désarmement, la démobilisation et la réinsertion de toutes les personnes ou groupes de personnes qui détiennent illégalement les armes en Côte d'Ivoire. C'est le désarmement qui consacrera la fin de la guerre.

- Deuxièmement, la réunification du pays. Il s'agit non seulement de soumettre à nouveau l'ensemble du territoire national à l'administration unique de l'Etat de Côte d'Ivoire, aux mêmes règles et lois de la République, mais aussi d'assurer à tous les habitants de ce pays la libre circulation sur l'ensemble. du territoire. C'est la réunification qui rétablira l'intégrité territoriale.

- Troisièmement, la préparation des élections conformément aux lois de l'Etat de Côte d'Ivoire et aux différents accords de paix signés par toutes les parties, avec l'appui de la communauté internationale. C'est par les élections que nous mettrons définitivement fin à la crise.

- Quatrièmement enfin, l'organisation d'élections justes et transparentes, en usant des instruments reconnus par les lois ivoiriennes et les accords de paix, notamment la Commission Electorale Indépendante et le Conseil Constitutionnel.

Mes chers compatriotes,

Aujourd'hui plus que jamais, l'espoir de paix est réel. Nous devons la concrétiser. Pour nous-mêmes et pour notre jeunesse qui a tant donné durant ces années de guerre. La jeunesse de Côte d'Ivoire ne s'est pas seulement dressée dans la résistance face à la guerre. Elle nous a donné également des raisons de croire en la grandeur de notre nation.

L'année 2005 a vu la double qualification de notre équipe nationale à la coupe d'Afrique des nations et à la coupe du monde de football. Ce fut un moment de ferveur populaire, un moment magique où nous nous sommes retrouvés unis dans les rues d'Abidjan et de toutes les villes du pays, pour saluer une victoire si longtemps attendue. Dans quelques jours, nos jeunes seront en Egypte puis, au mois de juin, en Allemagne, en compétition avec les jeunes du monde entier. Ils auront besoin de notre unité et de nos prières.

Cette même année, nos jeunes filles ont participé à la coupe du monde de handball en Russie et remporté le championnat d'Afrique des clubs de Handball au Maroc. Notre équipe de Tae-Kwondo est sacrée championne d'Afrique à Madagascar pendant qu'à Abidjan, nous remportions la coupe d'Afrique des clubs champions de basket-ball, au terme d'une compétition qui a réuni les meilleures équipes d'Afrique.

Les derniers jeux de la Francophonie à Niamey au Niger, ont vu la consécration des jeunes créateurs ivoiriens et la confirmation de notre position parmi l'élite sportive internationale: deux médailles d'or, quatre médailles d'argent et une médaille de bronze en athlétisme, une médaille d'or pour l'équipe espoir de football, une médaille d'argent et une médaille de bronze au judo.

Toutes ces satisfactions que les jeunes nous donnent indiquent en même temps les devoirs que nous avons envers notre jeunesse. Nous lui devons la paix. Mais nous lui devons aussi la démocratie et le développement. La Côte d'Ivoire et l'Afrique ne sont pas seulement concernées par les compétitions sportives. Nous sommes impliquées dans les mutations politiques et économiques en cours dans le monde.

Depuis l'effondrement du Bloc soviétique, mettant fin à la rivalité Est-Ouest, le monde est en proie à une effervescence propre aux périodes de grandes mutations. Au-delà des questions de sécurité qui touchent tous les Etats du monde, la persistance du marasme économique demeure une préoccupation majeure. Les institutions créées, à la fin de la seconde guerre mondiale, pour promouvoir et encadrer le commerce international ne parviennent pas toujours à garantir l'équité dans les échanges ni à assurer l'égalité des chances à tous les habitants de la terre.

Comparée aux autres régions du monde, l'Afrique reste toujours plombée dans son élan par les guerres civiles et par l'absence d'une vision globale du développement. Cette situation demeure le grand défi du continent.

Malgré tout, chaque fois que la situation l'exige, les Africains ont su manifester leur solidarité les uns envers les autres. Nous le constatons en Côte d'Ivoire. Depuis le début de la crise, les Etats africains comme les Organisations sous régionales et régionales du continent sont toujours aux côtés du peuple ivoirien pour nous aider à sortir de la crise.
Nous le constatons également dans d'autres parties du continent; au Darfour, en République Démocratique du Congo, en Erythrée, en Ethiopie. Ce soir, je forme également pour tous ces pays frères le vœu d'une paix juste.


Mes chers compatriotes,

Une année s'achève. Une autre année commence. Mettons ce moment à profit pour nous réjouir et nous rapprocher davantage les uns des autres.

Je n'oublie pas, dans ces vœux de bonheur tous ceux et toutes celles qui ont choisi de vivre avec nous comme ceux et celles que leurs fonctions ont conduit jusqu'à nous: les diplomates et leurs familles. Ils ont gardé leur foi en la Côte d'Ivoire. Ils ont partagé nos peines et nos espérances tout au long de ces trois dernières années de crise. Dans quelques jours, je m'adresserai à eux, à l'occasion des vœux au corps diplomatique. Ce soir, je suis heureux de les savoir auprès des Ivoiriens dans la joie et la détente des fètes de fin d'année.

Que Dieu nous accorde le courage et la force nécessaires à la construction d'un monde plus solidaire, la force et le courage nécessaires à la construction de la paix, la force et le courage du pardon et de la réconciliation.

Bonne et heureuse année à toutes et à tous!

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!

Abidjan, le SAMEDI 31 décembre 2005.
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Source : www.presidence.ci