Fevrier 2004

Le coup d'accélérateur du Ministre BAMBA Mamadou.

16 Fevrier 2004

Article paru dans "L'Intelligent d'Abidjan" du 15 février 2004.

Membre du gouvernement de réconciliation nationale du 23 mars 2003 de M. Seydou Diarra, et en moins d'une année de fonction, le ministre d'Etat et ministre des Affaires Etrangères, M. Bamba Mamadou, a hissé la diplomatie ivoirienne à un niveau respectable. En un mot, la politique étrangère de la Côte d'Ivoire se porte nettement mieux d'il y a des années. " La diplomatie est le premier reflet d'un pays. C'est à travers la diplomatie d'un pays que l'on juge son sérieux ", commente un diplomate du Quai d'Orsay. Sur les bords de la Seine, les acteurs de la diplomatie française sont unanimes et reconnaissent le ministre Bamba comme celui qui a permis à son pays de renouer véritablement le dialogue avec la France et de réchauffer par la même occasion sa coopération avec son premier partenaire. Après Marcoussis-Kléber, le ministre Bamba Mamadou a mené des démarches auprès des autorités françaises dont l'efficacité a fini par payer. Son style et sa force de conviction ont convaincu les plus sceptiques de l'Elysée et du Quai d'Orsay sur la volonté des autorités ivoiriennes à œuvrer pour la paix et la réconciliation nationale. Après la visite de travail du chef de l'Etat en France (du 3 au 8 février dernier) dont il a été l'un des artisans du succès, il bénéficie aujourd'hui de la confiance de son pays et de celle de la France. Au niveau sous-régional voire mondial, sa modération et sa démarche conciliante, ont rallié tous les chefs d'Etat de la Cedeao et l'Onu à mieux saisir la crise ivoirienne. Dans le contexte très agité qu'a traversé la Côte d'Ivoire, il a trouvé les ressources nécessaires pour dynamiser et moderniser les Affaires étrangères. Il a restructuré profondément son administration en nommant des diplomates de carrière pour mieux représenter et défendre les intérêts de la Côte d'Ivoire à l'étranger. C'est cette impulsion innovatrice qui a sévèrement manqué à ses prédécesseurs. De tous les ministres des Affaires Etrangères qu'a connus la Côte d'Ivoire, il est le premier à manifester cette bonne volonté de promouvoir la carrière de diplomate avant toute autre considération. Travaillant en parfaite intelligence avec le Premier ministre Seydou Diarra, cette quiétude à l'action lui a permis d'apporter sa touche personnelle afin de donner un véritable coup d'accélérateur à la politique étrangère de son pays. " En moins d'une année, il a nommé le plus de diplomates de carrière que personne ne l'a fait auparavant. C'est une première depuis l'indépendance de la Côte d'Ivoire ", confie un diplomate de carrière ivoirien. Pour renforcer l'action de la diplomatie, le ministre Bamba recrute des compétences en dehors des Affaires étrangères. Il fait à appel l'expertise d'avocats et d'économistes avertis pour orienter la diplomatie ivoirienne vers une diplomatie moderne. Du reste, une bonne imitation du modèle français qui répond à une philosophie qui consiste à mettre à contribution diverses compétences pour traiter des dossiers sensibles comme l'armement, la gestion des conflits internationaux, l'Eco-diplomatie, la Biodiversité sans comble (…) L'une des innovations du ministre Bamba Mamadou est sûrement la création de la presse diplomatique à l'instar de celle des pays dits développés. Cette structure constituera le fer de lance pour donner un plus large écho de la politique étrangère ivoirienne. " Une diplomatie sans échos n'est pas une diplomatie ", a coutume de déclarer le service presse du Quai d'Orsay qui de façon hebdomadaire organise un point de presse pour rendre compte des rencontre, de l'agenda et des activités du ministre Dominique De Villepin. Dans cette dynamique d'innovation et de rénovation, il serait peut-être souhaitable que la Côte d'Ivoire ait son propre Institut diplomatique. Cet établissement à l'exemple de celui de la France, pourra former les diplomates et tous ceux qui travaillent dans le département des Affaires Etrangères et de les familiariser avec les arcanes de la diplomatie moderne. L'Institut diplomatique de Côte d'Ivoire assurera également la formation permanente et le recyclage du personnel des Affaires étrangères. Un défi pour permettre aux diplomates ivoiriens de représenter l'Etat avec une haute compétence. Cet institut va bâtir le potentiel des diplomates et leur faire acquérir savoir et capacités leur permettant de s'adapter aux modifications de l'environnement international. Tous les pays du monde qui ont une diplomatie efficace le doivent à la formation de leur personnel. L'action humanitaire prenant de l'ampleur en Côte d'Ivoire et dans la sous-région après les différentes guerres, elle ne devra pas être en reste. Il est plus que urgent de créer une Direction de l'action humanitaire comme en France. Elle sera chargée de l'action humanitaire d'urgence, une forme de solidarité des Ivoiriens avec leurs frères et sœurs, victimes de catastrophes naturelles ou de conflits, placés dans des situations de total dénuement. Cette direction sera ouverte à tous, administrations engagées dans ce que l'on appelle communément "l'humanitaire d'Etat", ONG "urgentistes" ou non, collectivités territoriales ou entreprises désireuses de s'engager dans l'action humanitaire. Ce sont là les nombreux défis qui se pointent à l'horizon dont le ministère des Affaires Etrangères de Côte d'Ivoire doit faire siens.

Koné André à Paris (koneandreparis@yahoo.fr)