DISCOURS A LA NATION DE S.E.M. LAURENT GBAGBO, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE.
22 Decembre 2006
Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire
Le 2 novembre dernier j’ai dit qu’au-delà de toutes les résolutions adoptées sur la Côte d’Ivoire, c’est à nous, Ivoiriens, qu’il revenait de sortir notre pays de la crise.
Et j’avais promis de tracer avec vous un cadre de règlement de la crise ivoirienne.
Pendant deux semaines, du 07 au 21 novembre, vous m’avez fait des propositions. Je voudrais profiter de mon propos de ce jour pour remercier l’ensemble du corps diplomatique accrédité en Côte d’Ivoire. Je remercie toutes les organisations de la société civile ivoirienne, les confessions religieuses, les chefs traditionnels, les dix neuf régions de notre pays et les communautés étrangères vivant en Côte d’ivoire, qui sont venus au Palais de la présidence de la République pour s’exprimer sur la crise et faire leurs propositions.
Le secrétariat chargé de faire le point de ces rencontres a enregistré 75 discours et 202 textes, sous forme de contributions collectives ou individuelles. Soit au total 277 documents recueillis, contenant 1 478 propositions. Ces propositions concernent le Désarmement, le Gouvernement, les relations extérieures de la Côte d’Ivoire, le processus électoral, l’appropriation du processus de paix par les Ivoiriens, la Réunification du pays, le redéploiement de l’administration et bien d’autres propositions se rapportant notamment à la reconstruction de la Côte d’Ivoire.
Je vous ai écoutés. Le plan que je propose aujourd’hui résulte de ces concertations. Mais il résulte aussi de mon expérience personnelle de ces quatre dernières années de crise. Vos préoccupations sont toutes légitimes. Je les partage entièrement. Les propositions qu’elles contiennent constitueront désormais l’horizon de nos réflexions et de notre action, y compris la nécessité de la formation d’un nouveau gouvernement, pour mener à bien les affaires de l’Etat.
Mais dans un Etat en crise, il n’est pas bon de faire tout en même temps. Nous allons faire aujourd’hui, ce qu’il faut faire maintenant pour avancer, pour la paix, pour la réunification du pays et pour les élections. C’est l’objet de mon message. J’invite chacun de nous, à prendre conscience de la situation de notre pays. J’invite chacun à l’ouverture d’esprit, à la tolérance envers les autres et à la détermination à obtenir la paix pour la Côte d’Ivoire.
Notre pays a été l’objet, depuis que dure cette crise, d’un grand nombre de réunions, sommets de Chefs d’Etat, communiqués, résolutions et accords. Tous ceux qui se sont ainsi penché sur le sort de la Côte d’Ivoire ont proposé des solutions et mis en place des organes pour appliquer ces solutions.
Aujourd’hui, 4 ans et 3 mois après le début de la guerre, aucune des solutions adoptées n’a pu ramener la paix. Ceux qui ont conçu ces solutions ont sûrement voulu bien faire. Ni leur engagement, ni leur compétence ne sont en cause. Ce qui est en cause, à mon avis, c’est le diagnostic. Maintenant, il nous faut aller, nous-mêmes au cœur de nos problèmes, pour trouver les remèdes adéquats.
Ivoiriennes, Ivoiriens,
Tous ceux qui nous ont aidés : Puissances étrangères, Etats amis, Organisations internationales, Personnalités de tout rang, ont fait ce qu’ils pouvaient pour nous sortir de la crise. Nous ne devons pas leur en vouloir de ne pas avoir réussi.
Mais, étant les principaux bénéficiaires de tous ces efforts de paix, nous, Ivoiriens, avons le devoir envers nous-mêmes de parvenir aux solutions définitives, en ayant posé le juste diagnostic de nos difficultés. Devant l’impasse des solutions extérieures, il est temps que les Ivoiriens s’approprient eux-mêmes complètement, le processus de paix.
C’est une vérité simple que chacun a le droit de rechercher pour lui-même son bonheur. Personne, surtout s’il ne propose mieux que nous, ne peut nous contester le droit de rechercher pour nous-mêmes ce qui est bien, c’est-à-dire la paix et la réunification de notre pays.
C’est pourquoi, au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire, je propose aux Ivoiriens, mais aussi à la Communauté Internationale, une nouvelle approche.
Ma première proposition est l’instauration d’un dialogue direct avec la rébellion en vue du désarmement et de la réunification du pays.
Les rebelles ont déjà dit, à maintes reprises, pourquoi ils ont pris les armes. Après les différents accords, la Côte d’ivoire a satisfait à toutes leurs demandes. Mais ils n’ont toujours pas dit pourquoi ils n’ont pas encore déposé les armes. Pour nous, tous les accords et toutes les résolutions qui ont été adoptées ne visaient qu’une chose : le désarmement. Tout ce que ces accords et résolutions ont mis à la charge de l’Etat de Côte d’Ivoire pour obtenir le désarmement, nous l’avons fait.
J’entends, au cours de ce dialogue, demander directement à ceux qui ont pris les armes contre leur propre pays de les déposer et de libérer le pays. La nation leur tend une fois encore la main.
Je suis prêt, dès ce soir même, à discuter avec eux. Du reste, s’il ne tenait qu’à moi, ces discussions devraient avoir commencé depuis la semaine dernière. J’avais entamé les démarches en ce sens. Je souhaite que d’ici fin janvier 2007 au plus tard, les discussions soient achevées et qu’elles aboutissent au désarmement, pour que, enfin les élections prévues puissent se tenir.
C’est en vue de cet objectif que je fais d’autres propositions pour avancer.
Ma deuxième proposition c’est la suppression de la zone de confiance.
Au début du conflit en Côte d’Ivoire, il a été instauré, par les forces internationales, une ligne dite de non franchissement allant d’Est en Ouest. Elle était censée, à l’époque, constituer une zone tampon, empêchant les affrontements militaires. Cette ligne de non franchissement, baptisée zone de confiance, est devenue, à la pratique, une frontière intérieure consacrant la partition du pays en deux. Aujourd’hui elle n’a plus sa raison d’être. Les affrontements militaires ont cessé. De part et d’autre, la volonté d’une reprise des hostilités n’existe plus. Les Ivoiriens sont fatigués de la guerre. Ils veulent reprendre une vie normale, circuler librement sur toute l’étendue du territoire.
Il faut donc supprimer la zone de confiance parce qu’elle pose plus de problèmes qu’elle n’apporte de solutions. Elle constitue à l’évidence un obstacle physique à la réunification du pays, à la libre circulation des personnes et des biens et au retour des déplacés. Elle constitue également un obstacle à la reprise normale des activités économiques dans les zones actuellement sous contrôle de la rébellion, à la préparation des élections alors surtout que la possibilité de reprise des hostilités militaires est, je le répète, inexistante.
Les craintes ne sont donc plus justifiées et il faut simplement instaurer la confiance dans tout le pays.
Ma troisième proposition c’est la création d’un Service Civique National.
Je reste convaincu que la crise que nous vivons est aussi, et en grande partie, une crise de l’emploi et de la formation. Elle est également une crise de conscience. La jeunesse ivoirienne a besoin de reconquérir le sens du civisme, du respect de la République et des institutions qui l’incarnent. L’idée d’un service civique national vient donc combler les attentes de ceux de nos jeunes qui, faute de formation et d’emploi, faute d’une haute idée de la République, sont exposés à toutes les tentations, même les plus suicidaires.
Il s’agit de créer un organisme national pour recruter, former, employer ou faire employer toute cette jeunesse souvent désorientée et qui se croit, à tort, laissée pour compte. Personne ne sera exclu. L’opération prendra en compte tous les jeunes de Côte d’Ivoire. Elle concerne bien sûr ceux qui n’ont pas pris les armes mais aussi ceux qui sont actuellement dans la rébellion. Les jeunes filles comme les jeunes gens de toutes les régions sont concernés.
Le Service civique national, dont la mise en œuvre dépend du seul Etat ivoirien peut démarrer immédiatement. Parce que cela dépend uniquement du Président de la République et du gouvernement, nous allons commencer dès à présent là où c’est possible et continuer partout où les conditions seront réunies jusqu’à couvrir tout le territoire national.
J’entends installer un camp de service civique dans chaque région. Les moyens pour y parvenir sont déjà disponibles. Dès la fin du mois de février 2007, nous serons en mesure d’encadrer 40 000 jeunes. Chaque jeune engagé recevra une formation. Il percevra un pécule mensuel, en même temps que son séjour sera pris en charge par l’Etat. Au terme de son service civique, qui va durer 18 mois, il pourra trouver un emploi dans le public, dans le privé ou créer sa propre entreprise. C’est une voie d’insertion des jeunes dans le tissu social. C’est une voie de développement. C’est une voie de la paix.
J’invite donc tous les jeunes ivoiriens qui se sentent concernés à s’inscrire dans les bureaux qui seront ouverts à cet effet.
Ma quatrième proposition est une amnistie générale.
L’amnistie c’est le pardon que, pour retrouver une société plus soudée et plus solidaire, nous sommes obligés de nous accorder. La loi d’amnistie votée en 2003 est aujourd’hui caduque. Il faut une nouvelle loi d’amnistie qui concernera toutes les personnes impliquées. Je vais donc soumettre à l’Assemblée Nationale dans les jours à venir, un projet de loi d’amnistie. Cette loi, comme la précédente, ne couvrira pas les crimes contre l’humanité et les crimes économiques. Nous voulons la paix mais nous ne voulons pas donner une prime à l’impunité. C’est à cette condition que nous pourrons demeurer une nation moderne.
Ma cinquième proposition est la mise en place d’un programme d’aide au retour des déplacés de guerre.
Durant la guerre, de nombreuses familles ont dû tout abandonner pour se retrouver, parfois dépourvues de tout, loin de chez elles. Depuis quatre ans, aucun plan de sortie de crise ne s’est attaqué véritablement à cette question qui ronge notre société. Je propose ce programme comme un préalable au pardon auquel j’invite chacun de nous. C’est un devoir de solidarité que nous avons vis-à-vis de nos compatriotes qui vivent une situation que nul n’a voulu.
Ivoiriennes, Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,
Telles sont mes propositions pour sortir notre pays de la crise. Il n’y a pas un ordre dans leur mise en œuvre. Pour chaque point, nous agirons dès que les conditions seront réunies.
L’objectif de l’ensemble de ces propositions, c’est la sortie de la crise par les élections. Je souhaite vivement que les élections aient lieu le plus rapidement possible. Et ce n’est pas un vœu purement personnel :
- D’abord c’est une nécessité pour la modernisation de la vie politique de notre pays. La Côte d’Ivoire ambitionne d’être un Etat moderne .Et dans les Etat modernes, les élections constituent le moyen de régulation des pouvoirs publics. Il n’y a que les élections pour décider de la conquête et de l’exercice du pouvoir d’Etat. Tous autres moyens non démocratiques, comme le recours à la violence sont proscrits.
- Ensuite, c’est une nécessité pour notre économie. La situation de crise que nous vivons aujourd’hui effraie les investisseurs. Tous les investisseurs qui frappent aujourd’hui à nos portes n’attendent que les élections pour s’engager à nos côtés dans le développement de notre pays. Nous devons donc absolument organiser ces élections et les réussir pour donner confiance aux opérateurs économiques d’ici et d’ailleurs.
- C’est également une nécessité pour la stabilité de notre pays et de la sous région. Au niveau intérieur, la crise a entraîné l’impossibilité de libre circulation des personnes et des biens, et une instabilité généralisée de tout le corps social. Il va sans dire que la persistance de cette crise risque de produire des catastrophes sociales plus graves. C’est pourquoi il convient d’y mettre rapidement fin par des élections justes et transparentes.
- Enfin, c’est une nécessité constitutionnelle. Dès lors que les délais constitutionnels pour les élections sont passés, les institutions de la République ne fonctionnent plus qu’en vue des élections. Dans notre système constitutionnel, lorsqu’il est impossible d’organiser les élections à la fin du mandat du Président de la République, les articles 38 et 39 de ladite constitution permettent la continuation du mandat du Président de la République. Afin d’assurer la continuité de l’Etat, le Conseil constitutionnel a déjà étendu ce principe aux autres institutions de l’Etat. Mais, comme le prévoit également la constitution, toutes les institutions ne fonctionnent plus qu’en vue des élections. Nous avons besoin, pour mettre fin à cette situation exceptionnelle, d’organiser les élections.
Nous pouvons organiser l’élection présidentielle dès le mois de juillet 2007.
Je le dis et je le répète, je suis un enfant des élections. Je n’ai pas reçu le pouvoir en héritage. Je récuse tout recours à la force et à la violence pour conquérir le pouvoir politique. J’invite toute la classe politique à abandonner la voie des coups d’Etat et à s’engager sur la voie des élections ; la voie de la démocratie.
La paix est à notre portée. Saisissons-là.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !
__________________________
Mardi, 19 décembre 2006
Source : www.presidence.ci
Copyright © - 2006 - Présidence de la République de Côte d'Ivoire - Tous Droits Reservés | Webmaster
COMMUNIQUE DE LA 11ème REUNION DU GTI.
11 Decembre 2006 1. La première réunion ministérielle du Groupe de Travail International (GTI) après l'adoption de la résolution 1721 du 1er novembre 2006 s'est tenue à Abidjan le 1er décembre 2006, sous la coprésidence de S.E.M. Rodolphe Adada, Ministre d'Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Francophonie du Congo, et de M. Pierre Schori, Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte a'Ivoire. Etaient présents les Ministres de la France, et du Ghana, ainsi que le Représentant Spécial du Président en exercice de l'Union Africaine, le Commissaire de l'Union Africaine pour la Paix et la Sécurité, le Secrétaire Exécutif de la CEDEAO, le Haut Représentant pour les Elections en Côte d'Ivoire et les Représentants du Bénin, des Etats-Unis d'Amérique, de la Guinée, du Niger, du Nigéria, de la République Sud-Africaine, du Royaume-Uni, de l'Union Européenne, de l'Organisation Internationale- de la Francophonie et de la Banque Mondiale.
2. Le Groupe a entendu l'intervention du Premier Ministre sur les mesures initiales qu'il a prises ou envisagé de prendre en vue d'exécuter les tâches irçmédiates prescrites par la résolution 1721 du Conseil de Sécurité, ainsi que sur les obstacles qu'il a rencontrés. A la demande du Premier Ministre, le Groupe lui a fourni des clarifications appropriées en ce qui concerne l'autorité que lui confère la résolution 1721 sur les forces de défense et de sécurité et les forces armées des forces nouvelles. Le Groupe a rappelé l'obligation qui lui est faite de rendre immédiatement compte au Conseil de Sécurité de tout obstacle ou problème que le Premier Ministre pourrait rencontrer dans l'exercice de ses fonctions et d'identifier les responsables. Le GTI a, par ailleurs, précisé que le Premier Ministre, à sa convenance, appréciera, en toutes matières, l'opportunité de prendre toutes décisions nécessaires soit en Conseil des Ministres soit en Conseil de Gouvernement.
3. Le Groupe constate avec une profonde inquiétude le retard déj à pris dans l'application de la résolution 1721 et la détérioration du climat politique en Côte d'Ivoire, liée principalement à la gestion de la grave crise des déchets toxiques. Le Groupe encourage le Premier Ministre dans sa démarche de lutte contre l'impunité et de promotion de la bonne gouvernance, et a cet égard salue les recommandations formulées par la Commission Nationale d'Enquête sur le déversement des déchets toxiques, et comprend le vif mécontentement suscité au sein de la population par la réinstallation des responsables suspendus par le Premier Ministre.
4. Le Groupe rappelle que la résolution 1721 s'impose pleinement à toutes les parties ivoiriennes qui ne peuvent se prévaloir d'aucune disposition juridique pour faire obstacle au processus de paix.
5. Le Groupe rappelle également le paragraphe 21 de la décision du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine du 17 octobre 2006 qui " demande instamment à toutes les parties ivoiriennes de faire preuve de retenue, de travailler ensemble pour surmonter l'impasse actuelle et de s'abstenir de toute action unilatérale au cours de la période de transition ". A cet égard, le Groupe réprouve le limogeage des Directeurs Généraux de la RTl et de Fraternité Matin ainsi que la dissolution des Conseils d'Administration des sociétés concernées. Le Groupe constate que ces décisions, contraires à l'Accord de Pretoria, portent atteinte à la neutralité et à l'impartialité des medias de service public, garanties par les accords de paix, ainsi qu'à la liberté d'expression. Le Groupe estime donc indispensable la réintégration des responsables limogés.
6. Ayant à l'esprit l'évaluation du processus de paix prévue avant le 1er février 2007 et tout en encourageant le Premier Ministre dans sa détermination à appliquer intégralement la résolution 1721 (2006) du Conseil de Sécurité, le groupe l'invite à prendre ou à susciter les mesures immédiates ci-après: i) Relance du processus de pré-identification: Le Gouvernement et les autorités responsables doivent relancer immédiatement la délivrance des jugements supplétifs et des certificats de nationalité dans les juridictions existantes. En parallèle, le gouvernement doit mettre en place les conditions nécessaires au processus de pré-identification dans tout le territoire national, notamment l'adoption des textes réglementaires nécessaires pour rendre le processus efficace et l'affectation des juges dans les nouvelles juridictions. Ces mesures doivent être prises au plus tard le 10 décembre. Les préparatifs du projet d'identification, en particulier le choix de l'operateur technique et une campagne de sensibilisation, doivent viser à ce que l'enrôlement de la population puisse commencer le 1 er février. ii) Identification de la population: le Groupe de Travail sur l'Identification devra être mis en place au plus tard le 5 décembre 2006. iii) Préparations des élections: Le Groupe demande aux a~teurs politiques qui ne l'ont pas encore fait de nommer, avant le 15 décembre 2006, leurs représentants. au sein des CEI locales. Après le 15 décembre, la CEI doit procéder à l'ouverture de toutes les CEI locales composées des membres qui ont été nommés. Le Groupe demande à la CEI de déterminer d'urgence et de publier un calendrier électoral, y compris la date du premier tour du scrutin présidentiel. iv) Désarmement et démobilisation des ex-combattants, démantèlement et désarmement des milices: le Groupe exige des parties qui contrôlent. les' milices et les combattants leur pleine participation aux processus de DDR et de DDM conduits par le Premier Ministre. Les travaux de réhabilitation des sites doivent être achevés au plus tard le 15 janvier 2007. v) Reforme du secteur de sécurité: le Groupe de Travail sur la Reforme du secteur de sécurité devra également être mis en place au plus tard le 5 décembre 2006 et les dates du séminaire national devront être annoncées à la même date. vi) Code de Conduite des Médias : Conformément au paragraphe 19 de la résolution 1721, le Premier Ministre devra publier au plus tard le 15 décembre 2006 un code de bonne conduite à l'intention des medias, et devrait prendre les mesures immédiates en vue de son application effective.
7. Dans ce contexte, le Groupe estime que les forces impartiales devront contribuer en priorité à assurer la sécurité du processus électoral, notamment dans ses phases de pré-identification et d'identification, ainsi que de celle du processus DDR.
8. Le Groupe affirme sa détermination à continuer d'œuvrer avec toutes les parties ivoiriennes en vue de favoriser une sortie de crise rapide, conformément à son rôle de' garant et d'arbitre impartial du processus de paix. Le Groupe recommande à la médiation de l'Union africaine d'entamer d'urgence les démarches nécessaires à restaurer un climat propice à la sortie de crise.
9. Le Groupe rappelle également à toutes les parties ivoiriennes qu'il est déterminé à recommander au Conseil de S.écurité l'application de sanctions appropriées à l'encontre de toute personne qui entraverait le démàrrage effectif de la mise en œuvre de la résolution 1721, Y compris par des incitations à la haine et à la violence.
10. Rappelant les dispositions du paragraphe 31 de la résolution 1721 relatives à. la responsabilité individuelle des membres des forces de défense et de sécurité de Cote d'Ivoire et des forces armées des Forces nouvelles, quel que soit leur grade, dans la mise en œuvre du processus de paix, le Groupe condamne les entraves et obstructions répétées à la liberté de mouvement des forces impartiales, et plus particulièrement l'interdiction d'accès par la Garde Républicaine au périmètre de la Primature, comme cela a été le cas ce jour 1er décembre 2006, pour le personnel de l'ONUCI en charge de la sécurité du Premier Ministre. Les responsables de cet incident inadmissible feront l'objet d'un rapport au Comité des Sanctions du Conseil de Sécurité.
11. Le Groupe tiendra sa prochaine réunion le 12 janvier 2007 en Côte d'Ivoire.
______________
Source : www.presidence.ci