Mars 2006

Déclaration de Son Excellence Monsieur Youssouf BAKAYOKO, Ministre des Affaires Etrangères devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

30 Mars 2006


NEW YORK, LE 29 MARS 2006

Monsieur le Président,
Excellences Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil de sécurité,

Je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir bien voulu me permettre de prendre part à cette réunion du Conseil de Sécurité. C’est pour moi un grand honneur et un privilège que j’apprécie hautement.

Je voudrais également vous adresser les salutations et la reconnaissance du Peuple ivoirien, du Chef de l’Etat et du Premier Ministre pour l’intérêt que vous manifestez constamment à l’endroit de la Côte d’Ivoire.

Il me plaît particulièrement de vous remercier pour le soutien que vous apportez à Monsieur Charles KONAN BANNY depuis la formation de son Gouvernement, le 28 décembre 2005.

Monsieur le Président,

Votre réunion de ce jour se situe dans le droit fil de toutes les initiatives opportunes que vous avez bien voulu prendre en faveur de la Côte d’Ivoire et des ivoiriens depuis l’éclatement, le 19 septembre 2002, de la crise que connaît ce pays. Soyez en remerciés.

Permettez-moi d’adresser également les remerciements et la sincère reconnaissance de la Côte d’Ivoire au Secrétaire général, Monsieur Kofi ANNAN, pour tout ce qu’il fait pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire.

Mesdames et Messieurs,

Depuis l’adoption de la résolution 1633 du Conseil de sécurité, qui a conduit à l’avènement du Gouvernement dirigé par Monsieur le Premier Ministre Charles KONAN BANNY, la Côte d’Ivoire vit une nouvelle ère qui a permis au processus de paix et de réconciliation de connaître une évolution significative. Malgré les quelques obstacles rapidement surmontés par le Gouvernement, en particulier les malheureux événements de la mi-janvier, la situation générale du processus paraît satisfaisante.

Ces événements, qui ont été fermement condamnés par le Gouvernement ivoirien et le Secrétaire général des Nations Unies en personne, ont été, il faut l’avouer, un électrochoc qui a permis de mesurer la fragilité du processus de paix et de réconciliation en cours en Côte d’Ivoire et d’apprécier l’importance qu’il y a, pour tous, d’appuyer fermement par des mesures et actions fortes, les efforts du Gouvernement en vue de la sortie de crise et de l’application de la Feuille de route élaborée par le Groupe de Travail International (GTI).

Le Gouvernement ivoirien se félicite de la sérénité retrouvée. Cette atmosphère apaisée a permis au Gouvernement, en accord avec le Chef de l’Etat, de poser des actes majeurs pour relancer le processus de paix et ramener la confiance.

Il s’agit en particulier :

- De la tenue, du 9 au 11 février 2006 à Yamoussoukro, d’un séminaire gouvernemental sur la définition des modalités de la mise en oeuvre de la Feuille de route ;

- de la table ronde organisée le 25 février 2006, à Yamoussoukro, avec les (4) quatre principaux dirigeants politiques ivoiriens que sont Messieurs Laurent GBAGBO, Henri Konan BEDIE, Alassane OUATTARA et Guillaume SORO.

La rencontre des quatre leaders, réalisée pour la toute première fois en terre ivoirienne, depuis le début de la crise, a permis à ceux-ci d’aborder avec le Premier Ministre les questions essentielles qui les préoccupaient, et à prendre les décisions suivantes :

- Sur la résolution 1633 (2005) par rapport à la Constitution
ivoirienne

Ils ont réaffirmé que la Constitution et la Résolution 1633 (2005) ne sont pas antinomiques, et invité le Chef de l’Etat et le Premier Ministre à se concerter rapidement afin de trouver les solutions idoines aux conflits éventuels qui pourraient surgir entre les deux textes dans l’exécution de leurs tâches respectives. Ils ont admis la possibilité de convoquer, en cas de besoin, une table ronde du même genre.

- Sur le démantèlement des milices et le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants (DDR).

Ils ont admis la nécessité de l’actualisation du chronogramme et de la reprise immédiate du dialogue entre les Etats-majors des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN), et décidé que ces deux Etats-majors discutent de toutes les questions militaires pouvant permettre la sortie de crise.
- Sur l’identification et les élections

Les participants se sont réjouis de la possibilité technique de conduire simultanément les opérations d’identification et de recensement électoral, et ont invité le Gouvernement à tendre vers la gratuité des audiences foraines pour permettre une opération d’identification massive et équitable des populations et assurer à tous l’exercice du droit constitutionnel de vote.

- sur la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI)

Les quatre leaders ont pris acte des dispositions prises par le Gouvernement pour assurer la couverture de l’ensemble du territoire par les émissions de la RTI afin de véhiculer les messages de paix et de réconciliation.

Ils ont invité les différents responsables des partis politiques à faire en sorte que les journaux qui leur sont proches ou qui partagent leurs sensibilités, s’inscrivent dans le processus de paix et évitent les écrits pouvant le remettre en cause.

- sur la Commission Electorale Indépendante (CEI)

Les leaders ont pris acte de l’élection du Bureau de la CEI et de l’arbitrage du Haut Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d’Ivoire. Ils ont néanmoins décidé de la création d’un quatrième poste de Vice-président en faveur du Front Populaire Ivoirien (FPI), le Parti au pouvoir, pour une représentation équilibrée des forces politiques en présence.

Ils ont invité le Premier Ministre à convoquer, le plus rapidement possible, le Bureau de la CEI, les parties signataires de l’accord de Linas-Marcoussis et toutes les parties prenantes pour déterminer, en relation avec le Haut Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d’Ivoire, les attributions des membres du Bureau et les règles de fonctionnement de la CEI, afin de permettre l’organisation d’élections justes, transparentes et crédibles.

- sur le code de bonne conduite

Les quatre leaders ont admis la nécessité de se retrouver fréquemment pour échanger sur le processus de paix, et de faire en sorte que la vie politique se déroule dans un climat apaisé, dans le respect des valeurs de fraternité et de la démocratie.

Monsieur le Président,

Comme vous pouvez le constater, les deux réunions de Yamoussoukro, et particulièrement celle des quatre leaders politiques, ont permis au Premier Ministre en concertation, pour ne pas dire "en tandem" avec le Chef de l’Etat, de replacer le processus de paix et de réconciliation entre les mains des ivoiriens, et d’amener les principaux leaders à s’engager résolument vers une sortie de crise irréversible.

Ces deux réunions ont également permis de définir les modalités d’application de la résolution 1633 du Conseil de sécurité et de la Feuille de route du Groupe de Travail International (GTI), et de créer le climat et l’engagement politiques nécessaires à leur exécution.

Comme résultats positifs immédiats enregistrés, nous pouvons citer la prise de fonction, le 7 mars 2006, du bureau de la Commission Electorale Indépendante, principal moteur de la machine électorale, après plusieurs mois d’incertitude.

L’installation de la CEI a été perçue par les partis politiques comme le signal du début de leurs activités politiques en vue des élections en octobre 2006.

Ainsi, au cours de ce même mois de mars, d’importantes assises ont pu se tenir tant au niveau des partis politiques significatifs de l’opposition, notamment le RDR, le PDCI-RDA, le MFA, que de la mouvance présidentielle. Des déclarations importantes sont sorties de ces rencontres traduisant, pour la plupart, la détermination des leaders à œuvrer dans le nouvel esprit instauré depuis la réunion de Yamoussoukro.

A ces actes positifs, on pourrait ajouter le retour à Abidjan, le 14 mars 2006, de Monsieur Guillaume SORO, Secrétaire Général des Forces Nouvelles et Ministre d’Etat, Ministre chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion, , après 17 mois d’absence de cette ville.

Cette présence du Ministre SORO à Abidjan, qui a elle-même été précédée par le retour d’exil des leaders de l’opposition, Messieurs Henri KONAN BEDIE et Alassane OUATTARA, suffit amplement à démontrer que le mur de méfiance qui caractérisait jusque-là la vie politique en Côte d’Ivoire, est en train d’être brisé.

Concernant l’identification et le processus électoral, le Groupe de Travail national chargé de la question, a présenté son rapport au Gouvernement, le jeudi 2 mars 2006. Les conclusions et recommandations seront mises à la disposition de la CEI.

Sur cette question, je pourrais affirmer que le Gouvernement a déjà mis en marche le processus électoral et l’identification. Ces deux opérations, comme l’a décidé le Sommet de Yamoussoukro, se feront simultanément.

Mesdames et Messieurs,

L’esprit nouveau, né du Sommet de Yamoussoukro et qui fait battre désormais un cœur nouveau chez tous les ivoiriens a, par ailleurs, permis au plan administratif, d’engager partiellement le processus de redéploiement de l’Administration dans les régions sous contrôle des Forces Nouvelles dans les domaines de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur.

Ainsi, il a été possible d’organiser les examens scolaires, qui n’avaient pu se faire depuis plus de trois ans, dans les régions du pays sous contrôle des Forces Nouvelles. En outre, l’Université de Bouaké, siège des Forces Nouvelles, a été rouverte officiellement hier 28 mars 2006.

Ces différents progrès doivent, à notre sens, s’inscrire dans une perspective irréversible. Il faut donc consolider ce climat de confiance.

A cet égard, les questions de sécurité doivent être réglées de façon prioritaire et avec la plus grande attention.

Un des éléments devant contribuer à l’amélioration de la sécurité demeure les conditions de vie et de travail des soldats de l’Armée Nationale.

Dans cette optique, un programme de réhabilitation des casernes à été lancé le 21 Février 2006 par le Gouvernement. Aux termes de cet important chantier, le Gouvernement ambitionne de créer une armée plus disciplinée et plus professionnelle dotée d’infrastructures et d’équipements modernes.

Sur le plan de l’aide humanitaire, je voudrais au nom du Gouvernement ivoirien, exprimer toute notre gratitude au Système des Nations Unies pour l’assistance apportée aux populations durement affectées par la crise que vit mon pays depuis septembre 2002.

Les agences humanitaires, bien qu’ayant souffert des événements des 15, 16 et 17 janvier 2006, n’ont pas interrompu leurs actions sur le terrain. Cette sollicitude, qui est au cœur de l’action humanitaire, est à saluer et je voudrais la saluer ici.

Le Gouvernement ivoirien, pour marquer son adhésion à cette action et son soutien à toutes les agences, a fait une déclaration dans laquelle il a déploré officiellement ce qui est arrivé et qui n’a pas épargné les structures ivoiriennes qui collaborent avec lesdites agences. Il a en outre dépêché sur le terrain le Ministre de la Défense en vue de faire prendre des mesures de sécurité renforcée.

Par ailleurs, une Commission interministérielle impliquant les agences humanitaires est en cours de création. Elle constituera un cadre de concertation opérationnelle de l’action humanitaire au plan national.

A cet égard, un Conseiller Spécial pour l’action humanitaire vient d’être nommé par Monsieur le Premier Ministre avec pour mission de veiller à la mise en place rapide de cette structure. En outre, les autorités locales de la région de l’ouest de la Côte d’Ivoire ont entrepris des actions de sensibilisation des populations afin que chaque citoyen comprenne la nécessité de la cohésion nationale, l’intérêt de la présence de la communauté internationale aux côtés de la Côte d’Ivoire.

Monsieur le Président,

Après plusieurs années d’hésitations, de turbulences, parfois violentes, le processus de paix et de réconciliation commence à connaître une évolution positive que nous devons tous saluer et encourager.

Je tiens, à ce niveau, à remercier, encore une fois, tous les Chefs d’Etat qui s’impliquent personnellement et œuvrent à nos côtés pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire.

Ces remerciements s’adressent également à Monsieur Kofi Annan, Secrétaire Général de l’ONU et ses collaborateurs, notamment au Représentant Spécial du Secrétaire Général, Monsieur Pierre Schori, son équipe, aux forces de l’ONU et de l’opération Licorne pour les efforts qu’ils continuent de déployer en vue de ramener définitivement la paix, la réconciliation et la stabilité en Côte d’Ivoire.

Si nous devons nous réjouir de la tournure positive que prend la situation politico-militaire en Côte d’Ivoire et nous en féliciter, force est de reconnaître que des tâches énormes fixées au Gouvernement par la Feuille de route nous attendent et appellent à la vigilance et au redoublement des efforts de tous en vue de leur réalisation.

Il faudrait particulièrement œuvrer dans les domaines suivants :

- le financement du processus électoral, à toutes les étapes ;

- le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion (DDR) ;

- le renforcement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire afin de garantir la sécurité de tous les électeurs ;

- les problèmes humanitaires et des droits de l’homme ;
- le renforcement des capacités des institutions judiciaires en vue d’assurer l’état de droit dans le pays, après trois ans de guerre ;
- l’appui à l’économie et aux finances de l’Etat en vue de résorber le taux élevé de chômage chez les jeunes et procéder au retour des personnes réfugiées et déplacées.

Des zones de tempêtes existent encore sur la voie devant conduire à la sortie de crise définitive. Il nous faudra les traverser, sans danger, pour arriver à l’organisation des élections générales incontestées qui sont la seule voie de sortie de la crise actuelle.

A cet égard, le Gouvernement souhaite vivement que le successeur de Monsieur Antonio MONTEIRO, Haut Représentant des Nations Unies pour les Elections en Côte d’Ivoire, soit désigné le plus tôt possible.

S’agissant particulièrement du renforcement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, je voudrais spécialement souligner que ce point constitue la préoccupation majeure de tous les ivoiriens et, partant, du Gouvernement de Côte d’Ivoire. En effet, non seulement il faudrait garantir la sécurité à Abidjan mais aussi à l’intérieur du pays, notamment à Bouaké et dans la région ouest.

Cette région comme vous le savez, fait frontière avec la République du Libéria qui partage beaucoup de similitudes ethniques et culturelles avec les populations de l’ouest ivoirien. Assurer une bonne sécurité de cette partie de la Côte d’Ivoire équivaut à assurer d’avantage la sécurité du Libéria et à renforcer le processus démocratique dans ce pays.

Autrement, tout débordement incontrôlé qui déstabiliserait l’ouest ivoirien, aurait inévitablement des conséquences fâcheuses au Libéria, voire au-delà, en Sierra Leone.

Pour toutes ces raisons, le Gouvernement ivoirien appuie fortement la proposition du Secrétaire Général des Nations Unies de renforcer le nombre des casques bleus en Côte d’Ivoire.

Je voudrais vous prier de soutenir cette proposition et de l’examiner très favorablement.

Mesdames et Messieurs,

Je vous sais gré de tout ce que vous avez pu faire pour la Côte d’Ivoire, depuis le déclenchement de la crise. Je suis également conscient qu’il revient, à titre principal, à nous ivoiriens, de faire le maximum d’efforts pour sortir notre pays de la crise qu’il connaît. Nous sommes déterminés à y parvenir, bien sûr avec votre soutien.

Œuvrons donc tous ensemble pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire pour que rien ni personne ne nous fasse revenir en arrière.
C’est le lieu d’inviter les institutions internationales et les différents partenaires au développement au respect de leurs engagements, dans le cadre du processus de redressement et de reconstruction de la Côte d’Ivoire, tels que recommandés par les differents accords sur la crise ivoirienne, notamment l’Accord de Linas-Marcoussis.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil de Sécurité,

Je vous remercie pour l’accueil et l’attention que vous avez bien voulu réserver au message que je viens de vous livrer au nom du peuple et du Gouvernement ivoiriens.

Je vous remercie pour votre attention.
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COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 22 MARS 2006.

30 Mars 2006

Un Conseil des Ministres s’est tenu ce Mercredi 22 Mars 2006 au Palais de la Présidence, de 11 heures à 13 heures sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO.
Avant d’aborder l’ordre du jour, le Président de la République a félicité le Premier Ministre pour son émission télévisée à l’occasion des 100 jours du gouvernement, et a recommandé que dans cette période de rumeurs, même les Ministres soient encouragés à ce type d’exercice afin d’expliquer au mieux l’action du gouvernement.

Abordant son ordre du jour, le Conseil a examiné plusieurs projets de décrets ainsi que des communications.

DECRETS

Sur présentation des Ministres en charge des départements concernés et après délibération du Conseil, le Président de la République a signé quatre décrets portant organisation :
- 1° - du Ministère d’Etat, Ministre du Plan et du Développement ;

- 2° - du Ministère des Infrastructures économiques ;

- 3° - du Ministère des Transports ;

- 4° - du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat.

COMMUNICATIONS

Premier Ministre, Ministre de l’Economie et des Finances, Ministre de la Communication

Une communication verbale relative aux Conseils d’Administration des Sociétés d’Etat et des Sociétés à participation financière publique. Le Premier Ministre a saisi l’occasion pour réaffirmer la nécessité du respect des règles et principes gouvernant la constitution ou le renouvellement des Conseils d’Administration. Tout particulièrement, il a insisté sur la nécessité de se référer, en ces occasions, aux statuts des sociétés concernées, d’harmoniser leurs règles avec celles de l’OHADA. Le Premier Ministre a rappelé également l’obligation de respecter les procédures prévues pour la désignation des présidents des conseils d’administration (décrets et non pas arrêtés) ainsi que des règles assurant la validité des délibérations.

Ministère du Commerce

Une communication relative à la présidence du Conseil des Ministres de l’Alliance des Pays Producteurs de Cacao (COPAL) qui sera assurée pour cette année 2006 par la Côte d’Ivoire à travers notre Ministre du Commerce. Le Conseil a été informé à cette occasion que le Ministre du Commerce a désigné Monsieur DJIKALOU St Cyr, représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Organisations Internationales des Produits de base à Londres, en qualité de Président de l’Assemblée Générale de l’Alliance.

Ministère de la Jeunesse, de l’Education Civique et des Sports

Une communication relative à la crise à l’INJS établissement qui, suite à des grèves des étudiants a connu un arrêt total des cours depuis le 27 Février 2006. Le Conseil a été informé que si à la base de la crise on trouve un conflit entre la direction de l’INJS et la Mairie de Marcory au sujet de la Construction de kiosques le long du mur de l’INJS, dans le fond les problèmes sont essentiellement d’ordre pédagogique ou sont liés aux infrastructures qui sont nettement dépassées (1070 étudiants pour une capacité prévue de 438).

Après les discussions, les cours ont repris le lundi 20 Mars 2006 et un Comité Ad’hoc a été mis en place en vue d’examiner et de faire rapport sur les problèmes pédagogiques et autres se posant à l’INJS.

Le Conseil après délibération, a adopté les conclusions de ces trois communications.

Mesures individuelles

Le Conseil, sur présentation des Ministres en charge des départements concernés, a donné son accord pour la nomination de l’Inspecteur Général, des Directeurs Généraux et du DAAF au Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique.

De même, le Conseil a donné son accord pour le détachement d’un ingénieur des travaux publics en fonction au Ministère des Infrastructures Economiques auprès de l’association mondiale de la route, ainsi que pour la nomination de Directeurs de Cabinet.

Ministère de la Défense

Le Ministre de la Défense a ensuite rendu compte de deux réunions tenues sous la présidence du Chef de l’Etat et en présence du Premier Ministre et du Ministre délégué à l’économie avec les recrues des FDS de 2003.

Ces deux réunions font suite à des remous observés au sein des recrues des FDS 2003. A cette occasion, le Président de la République et le Premier Ministre ont fait état des rumeurs de manipulation au sein des FDS selon lesquelles les jeunes recrues seraient laissées pour compte à la fin du processus en cours et que les primes en retard ne seraient pas payées par le Ministre de l’Economie et des Finances.

A l’issue des réunions, sur l’ensemble des questions soulevées par les jeunes recrues et qui touchent : leur réengagement, les arriérés de primes ; la prise en charge des soins de santé par le Fonds de Prévoyance Militaire ; les primes qu’ils souhaitent voir transformées en salaire, les réponses données et les solutions proposées par le Président de la République ont rencontré leur adhésion.

Sur la situation des parents des victimes : la législation actuellement incomplète sera corrigée et complétée pour répondre aux réalités nées de la guerre, en ce qui touche la situation des pupilles de l’Etat.

Le Premier Ministre a tenu à ajouter que dans cette période trouble, où l’intoxication règne, il y a lieu de savoir que le Premier Ministre et le Président de la République travaillent de concert et dans la transparence à régler les problèmes de fond qui se posent à nos FDS et que tous deux partagent la même vision dans l’approche de résolution de ces problèmes.

Enfin, le Président de la République a tenu à s’exprimer sur les bisoutages à l’Ecole de police. Si l’on y prend garde a-t-il dit, cette pratique admise à l’époque mais aujourd’hui fortement dénaturée et qui confine plus à la barbarie, pourrait entraîner des drames regrettables. Le Président de la République a demandé que dans tous les secteurs où ces pratiques sont en cours qu’il s’agisse des FDS ou de l’Ecole (lycées, collèges, écoles de formation), il y soit mis fin. Il a demandé au Premier Ministre d’engager une action afin que des textes spécifiques viennent interdire ces pratiques.


Le Ministre de la Fonction Publique, de l’Emploi et de la Réforme Administrative,
Porte-parole du Gouvernement

Prof. OULAYE Hubert
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Source : www.presidence.ci


L’ARMÉE DOIT ÊTRE RÉPUBLICAINE ET ELLE LE SERA.

20 Mars 2006

Sur le plateau de la Première, le Premier Ministre a fait le tour d’horizon de sa mission après 100 jours d’exercice. Larges extraits d’un débat de 3 h 20.

Me Fofana Nathalie (avocate):

Merci M. le Premier ministre d’avoir accepté de vous soumettre à cet exercice périlleux, mais que je pense, sera très utile.
Je voudrais revenir à la question de relative au tandem. Il est certain que nous sommes dans une optique de recherche de la paix et donc nous évitons la confrontation. C’est très bien. Mais que se passera-t-il si la résolution 1633 et la Constitution venaient à s’entrechoquer ? Comment réagiriez-vous ? Quelle est votre position sur ces deux textes, la Constitution et la résolution ?

Pour moi, ce sont les deux textes qui encadrent mon action. Vous êtes juriste, vous savez que même les juristes, c’est-à-dire ceux qui savent, reconnaissent qu’il n’y a pas d’antinomie entre la Constitution et la résolution. Quand vous regardez le préambule de la résolution, en fait si vous lisez bien, il y a la référence à la Constitution, en particulier à l’intégrité territoriale, à la souveraineté de la Côte d’Ivoire, à son indépendance, etc. Notions fondatrices d’un Etat souverain, indépendant régi par une Constitution. Deuxièmement , la résolution dit explicitement que le cadre de recherche des solutions de la crise ivoirienne demeure les accords qui ont été signés, en particulier les accords de Linas-Marcoussis et les accords subséquents, Accra, Pretoria et autres. Et vous savez bien et les Ivoiriens doivent le savoir, pour évacuer une bonne fois pour toutes cette question, qui est intéressante pour le spécialiste, et ça je vais en parler tout à l’heure, les Ivoiriens savent bien que la question de la Constitution s’est posée à Linas-Marcoussis. A Linas-Marcoussis le modèle qui en est sorti n’était pas inéluctable. Mais à Linas-Marcoussis, ce qui était le plus important, c’est que les parties signataires ont reconnu que la Constitution était en place, que les institutions étaient en place. Sur certaines dispositions de la Constitution, ils ont fait des propositions mais la Constitution n’a pas été abrogée. C’est important, on oublie mais c’est fondamental. Tous les accords qui sont venus après se sont inscrits dans le cadre de Linas-Marcoussis. La résolution 1633 s’est inscrite dans la continuité, à la différence que la résolution 1633 vient après la fin d’une période constitutionnelle. Donc vient résoudre un problème que n’a pas résolu à satisfaction la Constitution mais tout en reposant sur la Constitution. Je ne suis pas suffisamment juriste donc je ne veux pas développer mais c’est le bon sens. Mais ce qui est le plus important, c’est que quand vous faites examiner cette question par les juristes les plus éminents, ils vous disent effectivement qu’il peut y avoir opposition ici et là entre Constitution et résolution 1633, il pourrait y avoir, ça dépend de la lecture qu’on en fait. Moi, j’ai décidé de ne faire aucune lecture antagoniste d’aucune question. J’ai décidé de ne faire aucune lecture antagoniste d’aucune question dès lors que ce qui est le plus important, c’est la sortie de crise. Au bout de la sortie de crise, c’est la paix. La paix veut bien que de temps en temps on fasse des compromis. Mais j’ai dit aussi pas de compromission. La compromission, c’est la négation du rôle de chacun dans le contexte ainsi posé. En plus, toutes les résolutions des Nations unies ne sont pas des ‘‘ready made’’, c’est-à-dire, des prêts-à-porter pour lesquelles on ne fait aucune retouche. L’essentiel, c’est de faire en sorte qu’en faisant la retouche, l’habit soit reconnaissable pour qu’on puisse le porter. Donc, il faut être intelligent dans la vie. Il faut faire une lecture intelligente et positive. Il faut positiver. Les Ivoiriens doivent positiver et sortir de cela. Maintenant, si malgré cela, il y a des problèmes, on avisera. C’est d’ailleurs l’une des conclusions de Yamoussoukro, non écrite. Si vous avez des problèmes, dites-nous. Cela veut dire que s’il y a des problèmes on va se réunir pour trouver la solution.

Charles Blé Goudé (Alliance des jeunes patriotes):

Je veux d’abord vous féliciter pour ce qui s’est passé à Yamoussoukro, ensuite pour le gouvernement. Je ne dis pas votre gouvernement mais je dis le gouvernement de Côte d’Ivoire qui est au complet ici. Mais il y a des intrigues, il y a des questions que les Ivoiriens se posent. Il y a une question que je voudrais poser. Monsieur le Premier ministre, je voudrais savoir, pour moi, quand un individu accepte de siéger dans un gouvernement d’un Etat, cela veut dire qu’il reconnaît que cet Etat existe et donc par ricochet il se soumet aux lois de cet Etat. Vous avez parlé de compromis et de concession, comment expliquez-vous que le numéro deux de votre gouvernement, du gouvernement de Côte d’Ivoire, siège dans un gouvernement et continue d’occuper, avec ses hommes une partie du pays ? Comment vivez-vous cette situation, comment l’ expliquez-vous ? Comment vous expliquez-vous cela surtout avec ce qui est arrivé ces derniers temps avec le président du Conseil économique et social ? De toutes les façons, nous sommes des frères et tous, nous occupons le pays. La question, ce n’est pas le fait que des frères occupent le pays. La question est de voir que nous occupons tous le pays mais qu’il n’y ait pas de division. C’est important. Alors vous savez bien, ne soyez pas naïfs, que nous sommes en crise. C’est de cela qu’il s’agit. Vous savez bien que le 19 septembre a eu lieu. Je ne veux pas revenir sur les raisons mais il y a eu cela. Je prends les choses où elles sont. Comment se fait-il ? Mais il y a eu le 19 septembre. Et depuis lors, nous recherchons à créer l’unité et l’intégrité territoriale. Et tous les accords ont pour objectif de recréer l’unité nationale. Cela fait trois ans et plus que nous travaillons là-dessus. Donc le phénomène n’est pas nouveau. On a formé un premier gouvernement en janvier 2003 qui arrivé à échéance en octobre dernier avec les mêmes acteurs, avec des péripéties diverses et la situation perdure. Et la situation perdure. Alors, le programme que j’ai, c’est de faire en sorte que ce que vous dites se réalise. Et c’est pourquoi je dis, ne soyez pas naïfs. Il y a eu un problème, mon engagement, c’est tout faire pour que ce que vous dites se réalise. A savoir que les Ivoiriens puissent vivre sur le territoire national en toute liberté et sans qu’il y ait des questions de nature telles qu’il y ait une partition de faite. C’est cela le vrai programme, la situation à laquelle nous devons faire face. Et il faut le faire, poser des actes, des indices. Le premier indice important, effectivement, c’est de voir que dans ce gouvernement, toutes les parties antagonistes y sont. C’est déjà une raison d’espérer, un signal qu’il faut considérer. L’autre question, c’est que lorsqu’il y a des situations de ce genre qui arrivent, il faut reconnaître qu’en Côte d’Ivoire, le Rubicon n’a pas été franchi. Dans d’autres pays, le gens franchissent le rubicon. Personne n’a proclamé la sécession. Ça veut dire que nous continuons à vouloir vivre ensemble. Si on ne peut plus circuler aussi librement, c’est qu’il y a encore des question à résoudre et c’est à ces questions que je m’attelle. Et je vous ai dit que la base de cette disposition, c’est qu’on réapprenne à se faire confiance. Que Blé Goudé et Soro Guillaume qui sont de la même génération _je connais votre histoire tous les deux_ c’est que vous réappreniez à vous fréquenter. Dites-le aux Ivoiriens, vous êtes des copains, vous avez été copains. Ils le savent d’ailleurs et ils le disent. Que vous ayez des histoires et que chacun se retrouve dans un camp, ça arrive. Mais le drame, c’est que ça arrive en Côte d’Ivoire et ça crée des situations graves. Prenez la mesure de la gravité de la situation et discutez ensemble. C’est notre responsabilité, c’est la vôtre aussi, de Blé Goudé, de Soro Guillaume. D’autant que ce que nous faisons, c’est pour vous, je vous l’ai souvent dit. Nous avons eu trente ans de paix. Voilà cher frère ! C’est pourquoi je vous dis, profitez de moi. Ne niez pas, ne soyons pas dogmatiques. Il y a eu un problème. Le fait que vous soyez –là, pour moi, est une indication. Tout à l’heure vous allez vous serrer la main, devant moi.

Awa Ehoura (journaliste TV2):

Monsieur le Premier ministre, tout le monde s’est réjoui, vous avez réussi à réunir les leaders politiques à Yamoussoukro.
Tout le monde s’en est félicité, on vous a félicité. Vous qui avez parlé avec les 4, pouvez-vous nous dire ce qui les oppose et qui fait que depuis trois ans nous sommes en crise ?


Rien du tout. Rien de fondamental. Je peux illustrer mais je ne vais pas le faire. Je vous dis, rien de fondamental. Mais il y a une chose qui les oppose mais essayons de les opposer, j’allais dire, démocratiquement. C’est la lutte pour le pouvoir et c’est normal ça. Dans une démocratie, on lutte pour le pouvoir et c’est cette démocratie que je veux aider à construire en Côte d’Ivoire. Rien n’oppose irrémédiablement Laurent Gbagbo à Henri Konan Bedié. Sauf que chacun veut être Président. Rien n’oppose irrémédiablement Alassane Ouattara à Laurent Gbagbo, sauf que chacun veut être Président. C’est normal.
Mais comment faire pour que chacun sache qu’on ne peut pas être tous Présidents en même temps ? Mais on veut empêcher l’autre de venir. C’est clair. C’est la démocratie. Je n’ai pas fini ma combinaison. Rien n’oppose Laurent Gbagbo à Henri Konan Bedié mais mieux, vous le savez, et c’est pour cela que je dis que nous allons faire un exercice de vérité. Nous avons vu des alliances des uns avec les autres dans la Côte d’Ivoire que nous connaissons. Ce qui veut dire que rien ne les oppose irrémédiablement. Je le sais et je les remercie d’ailleurs de l’avoir compris. Qu’on peut se disputer à un moment donné parce qu’on peut vouloir la même chose en même temps, ce qui n’est pas possible. C’est dire qu’à un moment donné, il faut quand même créer les conditions pour que le jeu démocratique se pose. Et comme rien ne les oppose irrémédiablement, il fallait que quelqu’un comprenne cela et le sache. Ils m’ont fait confiance, je leur ai fait confiance. La réunion s’est passée avec beaucoup de responsabilité. C’était même émouvant. Maintenant, il faut bâtir là-dessus. Il faut que l’esprit de Yamoussoukro descende sur les échelons inférieurs car ce sont des leaders d’opinions. Il faut que l’esprit qu’ils ont dégagé à Yamoussoukro descende sur leurs propres collaborateurs, sur tous ceux qui les suivent et qui les accompagnent dans leurs ambitions, dans leurs programmes en leur disant qu’on peut se battre mais on n’a pas le droit de se déchirer et de créer les conditions que nous connaissons à la Côte d’Ivoire. C’est ça l’essentiel et c’est ça que nous allons faire maintenant.

Awa Ehoura:

M. le Premier ministre, le DDR (Désarmement, démobilisation et réinsertion),
c’était un point du communiqué qui avait sanctionné la rencontre de Yamoussoukro. Ma question est de savoir où est- ce qu’on en est exactement aujourd’hui, d’autant plus que, avec beaucoup de plaisir, j’ai entendu le ministre d’Etat Soro Guillaume dire que dans les jours qui viennent, l’on verra le dialogue s’amorcer avec les militaires ? Tout à fait, on en est là aussi, on n’en est pas là seulement. Aussi parce que cela se situe dans le cadre de ce qui avait été fait avant. Je dois dire d’ailleurs que le gouvernement de Seydou Diarra a beaucoup travaillé sur le DDR, au niveau de la conceptualisation du programme. Et plus encore au niveau de l’acquisition du matériel pour le pré-cantonnement, le cantonnement et autres. Beaucoup a été fait par le gouvernement Seydou Diarra au point que les militaires eux-mêmes ont signé un accord à Yamoussokro. Ce document est là, et nous reprenons les choses où elles ont été arrêtées et nous les relançons. J’aborde ce problème sur la base de ce qui a été fait en particulier entre les militaires mais aussi entre les politiques. Je vous rappelle que le cadre de solution des problèmes ce sont les différents accords, les engagements pris et signés par les parties prenantes à Marcoussis, Accra, etc. Sur la base de cela, il y a eu l’accord des militaires et cela est très important. Je reprends les choses où elles sont. Je ne pouvais pas agir sans comprendre et je ne pouvais pas comprendre sans écouter. J’ai donc écouté, je ne suis pas sûr d’avoir tout compris mais j’ai un peu mieux compris. Qu’ai-je compris ? J’ai compris deux choses essentielles. La première est que en matière de désarmement, il faut convaincre les uns et les autres de le faire. Convaincre ou contraindre, voilà les deux alternatives qui s’offrent à nous. Fidèle à ma méthode, je crois que si nous voulons une paix durable, un désarmement durable et réussi, il faut convaincre les uns et les autres. Convaincre nos propres forces de défense et de sécurité, ce n’est d’ailleurs pas le plus aisé ; ensuite convaincre leurs frères d’armes qui ont pris les armes et qui sont de l’autre côté. Et je crois que ce travail de conviction ne se fait pas toujours sur la place publique. C’est un travail souterrain, un travail de fourmi. Je crois qu’on avance sur ce terrain-là.
Vous pensez qu’on pourra tenir dans le temps imparti ?

La crise a tellement duré que si l’on peut avoir quelques jours de plus pour convaincre, je suis preneur. Pour le moment, je suis encore dans le temps. Je crois qu’une fois qu’on aura convaincu, le reste va s’accélérer. Et ce qui s’est passé à Yamoussoukro est un volet essentiel dans lequel d’ailleurs le Chef de l’Etat a joué un rôle important. C’est de dire que pour le désarmement après avoir convenu que le désarmement sera volontaire et non pas une contrainte, nous avons décidé que les questions d’ordre militaires sans exclusive et les questions que les uns et les autres se posent doivent être remises aux militaires pour que eux- mêmes y travaillent car n’oubliez pas que la crise une fois terminée, nous allons refonder une armée nationale. Il faut que ces questions soient au préalable examinées. Et La semaine dernière, le Chef de l’Etat a fait une réunion en ma présence et en présence du ministre de la Défense pour donner ses instructions au chef d’état-major des forces de défense et de sécurité. Par ailleurs, je vais réunir dans la semaine, les deux états majors pour réitérer ces instructions et nous pourrons ainsi discuter. C’est ce que Soro Guillaume nous a dit. C’est une conclusion de la réunion de Yamoussoukro donc on avance. Une fois qu’on aura convaincu sur la base de ce qui a été fait et des accords signés et des dispositions matérielles déjà prises. Je crois que pour ce qui concerne le désarmement des forces combattantes, cela sera sûrement un peu plus facile. Il n’y a pas que ça. Il y a aussi tous ceux qui disposeraient d’armes en leur possession alors que la loi ne leur permet pas, là aussi il va falloir s’en occuper très sérieusement. L’objectif est de faire que les Ivoiriens ne se parlent pas qu’avec les armes, une véritable paix n’est pas une paix armée. Cela est un gros travail et j’ai entendu aussi dire que l’insécurité a grandi. Cela n’est pas tout à fait exact. Je reçois chaque soir un rapport du ministre de l’Intérieur, je ne peux pas dire qu’il y a eu des améliorations mais on ne peut pas dire non plus que depuis quatre mois, la situation sécuritaire autre que ce dont j’ai parlé s’est dégradée. Il y a quand même des petits pas qui sont faits.

Brou Aka Pascal :

La première épreuve à laquelle vous avez eu à faire face est l’attaque du camp d’Akouédo. Sur ce problème précis vous et le Chef suprême des armées semblez ne pas avoir parlé de la même voix. Est-ce qu’aujourd’hui on en sait un peu plus sur ce qui s’est passé à Akouédo? Avez-vous la confiance des forces de défense et de sécurité ? Il y a deux choses. Moi, je suis le chef du gouvernement. L’armée est caractérisée par la discipline. Toute armée qui n’est pas soucieuse de la discipline n’est plus dans le ton. Les militaires eux-mêmes disent que la discipline est la force des armées. Si notre armée veut être forte, elle doit être disciplinée. La discipline commence par le respect de la hiérarchie. Dans la Constitution, le Chef de l’Etat est le chef suprême des armées, mais en dessous de lui il y a un Premier ministre, chef du gouvernement. Maintenant, les ordres que je peux donner à l’armée , je ne sais pas comment elle peut ne pas les exécuter. A ce moment-là, elle est hors discipline et on avisera. Il est vrai que cette armée soit la plus républicaine possible. Il faut qu’elle soit la grande muette, mais il se trouve aussi et c’est le cas de le dire, notre pays est en crise et dans cette crise armée, les forces de défense et de sécurité ont une part tellement importante à nos yeux que nous les civils nous ne faisons plus rien pour sortir de cette crise. Que fait donc la société civile ?

Brou Aka Pascal:

Revenons à Akouédo, c’était quoi et c’était qui ?

J’ai formé le gouvernement le 28 décembre et le 30, j’étais à Dakar. Le 31 décembre, j’ai fait comme tout le monde. Dans l’euphorie, nous avons fait un petit réveillon. Le 1er j’ai reçu de la visite, et dans la nuit du 1er au 2, j’apprends qu’il y a eu cet événement. J’ai quitté Dakar et je suis arrivé l’après-midi. Je suis allé voir le Chef de l’Etat immédiatement. Nous avons ténu une réunion dans la nuit au palais, nous avons fait le constat et personne de nous deux ne savait d’où cela venait. Moi je n’ai pas porté de jugement, j’ai fait le constat et j’ai dit conformément à ma méthode que quelques soient les raisons ou les revendications on peut s’exprimer autrement que de cette manière. Puisqu’il y a des gens qui aiment la polémique ils avancent de telles choses. Je ne vois pas la dissonance entre le Chef de l’Etat et moi-même sur cette question-là. Il y a que, effectivement, l’armée ne peut pas ne pas avoir des problèmes puisque la société ivoirienne a de problèmes, puisque la Côte d’Ivoire a des problèmes. L’armée est traversée par ces questions-là, ce sont des Ivoiriens. Nous traversons une crise économique et financière difficile. Les aspirations des uns et des autres et des catégories professionnelles ne peuvent pas être satisfaites. Dans l’armée, il y a aussi des questions de ce genre. Mardi prochain le Chef de l’Etat et moi-même, nous allons nous attaquer à ces questions catégorielles.

Me Fofana Nathalie :

Concernant les recrues qui ont été appelées à l’occasion de la crise que nous connaissons, il faut dire en fait que vous semblez opposé à ce qu’on les intègre, j’aimerais avoir votre position par rapport à cela. Ma 2ème préoccupation concerne la police. Qu’est-ce que vous entendez initier comme action dans le cadre de la moralisation de la police? Et dans ce contexte-là, il y a la question du ticket unique qui peut paraître sans rapport, mais j’ai lu avec surprise que dans la clé de répartition des fonds générés par ce ticket unique, il y a une dotation à la police. Cela n’engage que moi, mais j’ai l’impression que cela est un habillage juridique du racket et cela peut poser d’autres problèmes en ce sens que une fois que ces fonds seront recueillis comment se fera la répartition? On risque de se retrouver dans la même situation qui a prévalu pour les fonds du greffe au tribunal. Cela peut dégénérer, les greffiers ne sont pas armés mais les policiers le sont. Alors dans l’ordre, le problème des recrues.
Pensez-vous vraiment que ce que on dit là résiste à l’analyse? Ma réponse est que cela ne résiste pas à l’analyse ni historique, ni factuelle.

Brou Aka Pascal :

Cela veut dire que vous n’avez pris aucune décision encore.

Aucune. Ce qu’on dit ne résiste à aucune analyse. Mais c’est ivoirien. On dit, on fait courir les rumeurs. Je sais bien, je ne suis pas naïf. Je vous ai dit que j’ai décidé de me mettre au service de la paix. Je ne veux même pas m’attarder sur ces choses-là sauf à dire aux Ivoiriens de ne pas se laisser distraire par ces propos qui ont pour tendance de m’empêcher d’avancer et peut-être de saper mon moral ou même de soulever des groupes contre l’action du gouvernement. Je le sais mais peine perdue. Je connais ceux qui font cela. Un chef du gouvernement est quand même informé. Mais je ne répondrai pas à cela parce que je veux avancer, je veux aider les Ivoiriens à sortir de la crise. J’étais à Dakar et lorsque j’ai allumé la télévision, j’ai vu le Chef de l’Etat au Palais présidentiel entouré de tous les gradés militaires et cette question de paiement des primes a été posée. Le Chef de l’Etat a dit: “Si on a payé cent et quelques milliards, ce nl’est pas quatorze ou vingt milliards qu’on ne pourrait pas payer”. Voilà l’ancienneté de la question. Cela dit, il y a la continuité de l’Etat. Des engagements ont été pris par l’Etat, on a recruté des jeunes gens, on doit payer des primes non seulement à ceux-là mais aux autres. Je vous ai dit que le pays connaît une situation économique difficile. Je ne me suis même pas prononcé sur cette question. Je n’ai jamais vu ce dossier sauf mercredi dernier où je l’ai rencontré après-midi, en même temps que le Chef de l’Etat. J’ai visité les casernes, j’ai vu dans quelles conditions notre armée nationale vit. J’ai été bouleversé parce que je considère que c’est vrai nous n’avons pas beaucoup de moyens, mais on aurait pu faire quand même mieux. Je n’accuse personne mais je sais parce que j’ai vu naître l’armée. Je sais que ces questions de l’environnement, des conditions de vie sont là depuis belle lurette. La première question que les militaires ont posée à l’occasion de cette rencontre que j’ai eue avec le Chef de l’Etat et les états-majors, à la suite des événements du 2 janvier, c’est de dire que les camps militaires n’en sont pas un; ils ne sont pas entourés et il n’y a aucune frontière. Deuxièmement, les rackets…

Awa Ehoura:

Monsieur le Premier ministre, quelle réponse donner aux recrues. Pouvez-vous les rassurer que vous ne bloquerez pas…
Je vous dis que ce n’est pas moi qui vais bloquer quoi que ce soit. Je n’ai pas encore répondu à la question. C’est que mardi prochain, une réunion avec le Chef de l’Etat et ces jeunes aura lieu au cours de laquelle leurs revendications seront passées en revue et des réponses seront apportées. Vous verrez alors si le Premier ministre a été contre cela ou pas, mais vous savez très bien qu’il s’agit d’intoxication. Il y a des gens qui ne veulent pas qu’on réussisse, mais ils se trompent. Nous allons réussir, en tout cas, moi je vais réussir.

Holland N’Da (Représentant du syndicat de la Fonction publique) :

Nous avons l’impression que cette crise n’est vraiment pas militaire, puisque en 2004, les militaires ont signé à leur niveau, la paix, si on peut s’exprimer ainsi. Elle est beaucoup plus politique. Mais en même temps, nous avons l’impression que les militaires sont un objet utilisé par ceux-là mêmes qui sont à la base de cette crise. Et vous l’aviez dit, dans vos propos, il faut que nous nous posions la question : est-ce que nous avons une armée républicaine ? Nous autres, nous nous posons la question, parce qu’à la faveur de certains événements, un mois après votre nomination, nous avions eu effectivement cette attaque d’Akouédo, qui nous a rappelé une série de complots et de coups d’Etat depuis cette crise et même bien avant cette crise. Ce que nous notons, en ce qui nous concerne, c’est que notre armée n’est pas républicaine, puisque nous sommes sur une tribune de vérités. Nous avons l’impression à la faveur des crises que notre armée protège une frange d’Ivoiriens contre une autre. Vous avez une frange d’Ivoiriens qui veut manifester paisiblement, on les en empêche. Et il y a une autre frange d’Ivoiriens qui barrent les voies, qui barrent les routes et qui saccagent tout et qu’on encadre. M. le Premier ministre, c’est choquant. Nous ne savons pas si vous avez la solution à ce problème, mais c’est un problème qui intrigue. Puisque votre avènement a été salué par tous, vous pourriez nous aider à obtenir cette paix et cette réconciliation après lesquelles nous courons depuis trois ans. Et nous pensons qu’il y a certains actes que nous devons éviter et ce qui se passe sous nos yeux ne nous permet pas d’espérer parce que à chaque fois qu’on sent qu’on est proche du but, eh bien on recule de plusieurs pas.

Brou Aka Pascal (journaliste 1ère chaîne):

M. le Premier ministre, est-ce que notre armée est républicaine ? est- ce qu’elle protège les Ivoiriens, est-ce qu’elle ne protège pas tous les Ivoiriens ? Elle a l’obligation d’être républicaine. Elle doit être républicaine et elle sera républicaine. Parce que si elle n’est pas républicaine, alors c’est la porte ouverte aux bandes armées. Les bandes armées ne sont pas républicaines. L’armée nationale doit être républicaine. Elle est là pour la chose publique, et pour l’ensemble des citoyens. Ça c’est d’un. Elle a été construite comme cela. Mais cela dit, chacun peut avoir une appréciation du comportement de tel ou tel élément, à telle ou telle occasion. C’est tout cela qu’il faut mettre dans la corbeille et examiner pour trouver le moyen s’il y a eu des dérives, des dérapages de corriger. C’est le sens de ma mission. Est-ce que vous pensez que l’armée va échapper à cette mission de réconciliation nationale, de reconstruction du pays ? En tout cas de poser les bases pour cela. D’ailleurs, vous savez qu’il y a un volet de reconstruction, de refondation de l’armée nationale dans les accords de Marcoussis. Donc c’est une opinion, et il faut prendre en compte toutes les opinions, essayer de les approfondir et voir dans quelle mesure si cette opinion est partagée, ramener les choses à la normale. Ça c’est ma part, parce que ce que je veux éviter, c’est de prendre des positions tranchées.

Charles Blé Goudé:

Merci M. le Premier ministre. Je veux parler de désarmement, parce que c’est un point qui est important dans la résolution de cette crise-là. Nous entendons souvent des phrases de la communauté dite internationale qui, parlant de désarmement, parle du désarmement des parties en présence. C’est-à-dire, nous savons, d’un côté, nous avons l’armée nationale de Côte d’Ivoire. Tout à l’heure vous avez dit qu’il y a les groupes que la loi n’autorise pas à avoir des armes. Vous êtes d’accord avec nous que la loi autorise l’armée nationale de Côte d’Ivoire à avoir les armes. Mais quand on parle du volet de désarmement dans cette crise, la communauté internationale (je suis heureux qu’elle soit derrière moi) parle de désarmement des parties en présence. Ça trouble un peu la morale. Vous en tant que Premier ministre, chargé de cette mission de conduire la Côte d’Ivoire à la paix, quelle est votre opinion sur cette histoire de désarmement des parties en présence ? Deuxième volet de ma question, il y a une expression qui a encore été créée ces derniers temps : état-major intégré. Moi j’en ai entendu parler, je suppose que vous en avez entendu parler aussi. Quel est M. Le Premier ministre votre opinion sur ces deux questions ?
Mon opinion sur ces questions est que je soutiendrais toutes les solutions partant des positions contradictoires qui amèneraient à la paix. C’est difficile, mais on n’attend pas mon opinion. On attend de moi que je propose, j’encourage des compromis. Si c’est mon opinion, je peux avoir votre opinion, je peux avoir celle de l’autre et puis on va rester assis là. Ce n’est pas ce qu’on me demande. Et c’est le tort qu’ont un certain nombre d’Ivoiriens, de vouloir m’attirer coûte que coûte cette situation dichotomique. C’est la plus facile. Mais comprenez que je ne veux pas faire cela. Ça ne veut pas dire que je suis un homme sans opinion. Mais je veux être responsable et utile à mon pays qui traverse une période difficile. Pour des notions nouvelles qui naissent, qui peuvent choquer les uns et les autres, a priori, mais la première approche, lorsque ces notions-là sont lancées, c’est qu’on s’asseye pour bien les comprendre. Il n’y a pas de notions qui soient irrémédiablement condamnables. La difficulté c’est de mettre tout cela ensemble si on veut véritablement sortir le pays de cette situation, et c’est mon cas. Mon opinion sera celle-là. Je vais favoriser le compromis. Et puis, n’ayons pas peur, n’ayons pas peur. Lorsque la Côte d’Ivoire sera réunifiée, lorsqu’on aura trouvé les repères d’avant, le mot état-major intégré aura disparu. On aura un état-major de l’armée nouvelle. N’ayons pas peur. Ce sont des notions qui vont passer. Ce sont des notions de circonstances, vous comprenez. N’ayons pas peur. Puisque tout le monde et ça c’est réconfortant, tous les Ivoiriens veulent la paix. Ils veulent se retrouver, ils veulent continuer à vivre ensemble. Ils veulent reconstruire un Etat unitaire, unifié et démocratique. Ce sont des notions conjoncturelles, qui sont attachées à la crise. Une fois que la crise aura disparu, elles disparaîtront de notre vocabulaire. Ne vous laissez pas trop emporter par ces choses-là. Regardez ce qu’il y a derrière et ce que nous souhaitons. Voilà mon opinion.

Propos retranscrits par
Evelyne Aka,
Hervé Koutouan,
Bah Nimatoulaye,
Brou Parfait et
Jean Roch Kiriné
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Source : www.fratmat.net



COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 15 MARS 2006.

20 Mars 2006

Un Conseil des Ministres s’est tenu ce Mercredi 15 Mars 2006 au Palais de la Présidence, de 11 heures à 13 heures sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO...
Ce Conseil a été marqué par la présence du Ministre d’Etat SORO Guillaume qui participe pour la première fois au Conseil depuis la formation du gouvernement du Premier Ministre Charles KONAN BANNY.

Le Président de la République a souhaité la bienvenue au Ministre d’Etat SORO Guillaume. Pour le Président de la République, l’arrivée de SORO Guillaume et sa participation au Conseil des Ministres, avec le retour de BEDIE et d’Alassane Dramane OUATTARA, la nomination du Premier Ministre Charles KONAN BANNY, sont des signes notables de l’évolution positive du processus de sortie de crise. La guerre est finie mais la crise, conséquence de la guerre, continue et doit être jugulée avec la participation de tous.

Le Président de la République s’est félicité de cet évènement tout autant qu’il a apprécié la rencontre de Yamoussoukro, première réunion après la guerre entre les responsables ivoiriens. Nous devons comprendre a dit le Président de la République que la solution de nos problèmes est entre nos propres mains et il est souhaitable qu’il en soit de plus en plus ainsi même si des pays amis nous viennent en aide.

Le Président de la République a informé le Conseil que pour les mêmes raisons, il a reçu les responsables des FDS et donné des consignes fermes afin qu’ils règlent les problèmes au plan militaire avec les responsables des FAFN en vue de mettre fin définitivement à la crise. Le Premier Ministre a tenu à saluer également cette arrivée du Ministre d‘Etat SORO qui prend ainsi sa place dans le processus enclenché avec la mise en place du nouveau gouvernement.
Le Premier Ministre s’en réjouit d’autant plus que des responsabilités spécifiques dans l’avancée du processus de sortie de crise incombent au Ministre d’Etat en sa qualité de Secrétaire Général des Forces Nouvelles. Le Premier Ministre a dit s’attendre à ce que celles-ci soient assumées effectivement.

Le Premier Ministre a précisé que le Ministre d’Etat SORO et lui-même conjugueront leurs efforts afin que les élections d’Octobre 2006 aient effectivement lieu pour permettre à ceux qui veulent solliciter les suffrages de nos concitoyens de le faire en toute sérénité et en toute sécurité. Le Premier Ministre a souhaité qu’un environnement socio-politique favorable soit crée pour permettre à ce processus d’aboutir.

Le Conseil est ensuite passé à l’examen de son ordre du jour et a débattu à ce titre de plusieurs projets de décrets ainsi que de communications.

DECRETS

I - Sur présentation des Ministres en charge des départements concernés et après délibération du Conseil, le Président de la République a signé quatre décrets portant organisation des ministères de:

- 1° - Ministère de la Réconciliation Nationale et des Relations avec les Institutions ;
- 2° - Ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre ;
- 3° - Ministère de la Famille et des Affaires Sociales ;
- 4° - Ministère de l’Industrie et de la Promotion du Secteur Privé.

II - Ministère de la Culture et de la Francophonie

Un projet de décret portant réorganisation du secteur des droits d’auteurs et des droits voisins. Les crises récurrentes au sein du BURIDA (Bureau Ivoirien des Droits d’Auteurs) posent la question fondamentale de la gestion appropriée des droits des artistes en Côte d’Ivoire, lesquels se déclinent en une triple problématique notamment juridique, professionnelle et sociale.
En vue d’apporter une solution plus adaptée à cette problématique et par la même occasion, de rétablir la paix et la sérénité dans ce secteur socialement sensible mais particulièrement affecté depuis quelques années, une réforme globale et urgente de la gestion collective des droits des créateurs et artistes interprètes s’impose plus que jamais. Dans cette optique, le Conseil après délibération a donné son agrément pour la nomination d’un administrateur provisoire du Burida et la mise en place d’une commission tripartite, composée de représentants du Ministère de la Culture, du Conseil scientifique culturel et des Conseils d’administrations sortants et entrants aux fins d’étudier et de proposer des réformes appropriées à ce secteur.

COMMUNICATIONS

Premier Ministre en liaison avec le Ministre de l’Intérieur

Le Conseil a entendu une communication verbale du Ministre de l’Intérieur sur la situation sécuritaire du 13 au 27 Février 2006. Outre la persistance des actes de banditisme (braquages, agressions, attaques de domiciles et commerces), il a été relevé des faits de violences liés à des grèves et manifestations d’élèves, d’enseignants, d’agriculteurs…

Le Premier Ministre a fait part au Conseil de deux initiatives qu’il a prises. La décision, d’une part, de renforcer les moyens d’action de notre police nationale avec une dotation d’environ 1,4 milliards de CFA. Une partie de cette dotation exceptionnelle a permis d’équiper en matériel roulant la police judiciaire qui se trouve dans une situation de total dénuement.

D’autre part, suite à la persistance d’actes de violences de la part d’élèves et d’étudiants sur les campus et en dehors des campus ainsi que dans les écoles (lycées et collèges) mettant gravement en cause le fonctionnement de l’Ecole dans notre pays autant que la tranquillité et certaines libertés publiques, le Premier Ministre a envisagé deux actions.

Une action immédiate qui a consisté en une réunion le 14 Mars 2006 avec tous les Ministres en charge de l’Education et de la Formation pour régler les problèmes urgents. Une action à moyen et long terme devant permettre d’examiner les problèmes de fond à surmonter en vue de recentrer l’Ecole ivoirienne ainsi que nos jeunes, dans leurs rôles et responsabilités naturels à savoir donner des citoyens bien formés, capables de générer la cohésion nationale et la prospérité de la Côte d’Ivoire.

Pour cela, une réunion spéciale du gouvernement sur l’Ecole sera convoquée très bientôt. Celle-ci réfléchira aussi bien sur les moyens d’éliminer la violence à l’école que sur les voies et moyens de redonner un souffle et un esprit nouveaux à l’Ecole ivoirienne.

Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique

Sur présentation du Ministre en charge de ce département, le Conseil a entendu une communication relative à la situation sanitaire générale ainsi que sur les foyers et risques épidémiques actuels.

Il ressort de l’exposé, que la situation sanitaire, considérablement dégradée du fait de la crise qui perdure, est à ce jour très préoccupante. Les indicateurs sanitaires sont plus qu’alarmants :

La couverture vaccinale se situe entre 3 à 60 % au lieu de 80 % ;

La lèpre : 1000 nouveaux cas dont 659 formes graves ;

L’ulcère de Buruli : 22 000 cas enregistrés ;

La tuberculose : plus de 20 000 cas nouveaux dont 36 % de co-infection VIH/SIDA ;

Le VIH/SIDA : 7 % de prévalence avec 17 000 malades sous traitement sur 39 000 prévus ;

Le Service d’urgence des grands hôpitaux, 30 % de mortalité ;

La Mortalité maternelle : 690 décès sur 100 000 naissances.

Les Foyers épidémiques actuels et les risques épidémiques Ont été relevé :

Un Foyer d’épidémie de choléra à Zouan Hounien (Janvier 2006) mais maîtrisé ;

Un Foyer d’épidémie de méningite dans les régions de Boundiali, Korhogo et Séguéla (début 2006). Un plan d’urgence est en cours ;

Des risques d’épidémies de fièvre jaune dans la région de Bouna. Une campagne de vaccination a été organisée aux mois de Janvier et Février 2006 en vue d’endiguer le risque d’épidémie ;

Difficultés rencontrées par le Ministère

A ce titre, l’accent a été mis sur le manque de médicaments et de vaccins et sur les arriérés de paiement de la PSP avec pour conséquence les difficultés d’approvisionnement de nos structures sanitaires. Le Conseil a été cependant informé qu’un début de solution aux difficultés de paiement de la PSP a été trouvé.

Le Premier Ministre a souhaité qu’au regard du contexte de difficulté de trésorerie, les membres du gouvernement réfléchissent également et de façon systématique à des solutions non financières pour le règlement des problèmes auxquels ils sont confrontés au niveau de leurs départements respectifs. Le Conseil a pris acte de cette communication.

Mesures individuelles

Sur présentation des Ministres en charge des départements concernés, le Conseil a donné son accord pour la nomination de Directeurs de Cabinets au Ministère de l’Intérieur et au Ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre.

Le Ministre de la Fonction Publique,
de l’Emploi et de la Réforme Administrative, Porte-parole du Gouvernement
Prof. OULAYE Hubert

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Source : www.presidence.ci


Laurent Gbagbo sur I Télé : "Ce n`est pas l`ONU qui m`a mis au pouvoir".

13 Mars 2006

Le Président Laurent Gbagbo a accordé une interview à la chaîne française " I Télé ". Dans cet entretien, le numéro un ivoirien passe en revue l'affaire Fofana, la rencontre de Yamoussoukro, les élections…

Pourquoi avez-vous signé le décret d'extradition de Youssouf Fofana ?
Nous avons pris une décision administrative. C'est-à-dire un arrêté d'expulsion pris par le ministre de l'Intérieur qui peut juger n'importe quelle personne indésirable sur le territoire ivoirien. Là où ça a coincé c'est qu'au moment où nous avons pris cette décision, les autorités françaises sont intervenues pour nous demander de ne pas suivre cette procédure. Qui est certes rapide, mais qui peut les embêter dans le cadre de la procédure que eux, avaient initiée en France. Donc pour que nous entrions dans leur procédure, il fallait une extradition. Ce qui est une autre procédure. Il a fallu attendre la demande d'extradition. Il a fallu que le tribunal ivoirien siège pour juger pas sur le fond de l'affaire. Mais sur la possibilité ou non de l'extrader. C'est pour ça qu'il était important de savoir s'il était ivoirien ou français. Il est venu comme Français. C'est en tant que tel que nous l'avons extradé.

Quelles sont vos relations aujourd'hui avec le Président Chirac ?
Elles sont là où elles sont. Il ne faut pas que vous preniez les choses en termes de relation entre un individu et un autre individu. C'est entre un Etat et un autre Etat.

Pour revenir sur l'affaire Fofana. Le fond de ma pensée était de savoir si vous avez eu des félicitations de Paris…
C'est un problème qui regarde la Côte d'Ivoire et la France… Je peux vous dire que les autorités françaises étaient contentes.

Elles vous ont appelé ?
Je ne dis pas ça. Les autorités françaises étaient très contentes.

Comment va la Côte d'Ivoire ?
C'est un patient qui est en rééducation. Il est en train de guérir. Ça va de mieux en mieux. Dans quelques temps, ça ira bien.

Deux, six mois ou deux, trois ans…
Je ne peux pas vous donner un délai. Parce que ici, la médecine est une médecine politique. On ne peut pas être très affirmatif. Mais, nous sommes sur la bonne pente.

Est-ce qu'il y a eu des accords secrets à la rencontre de Yamoussoukro ?
S'il y a eu accords secrets ce n'est pas pour venir les lire à la télévision. Sinon ce ne serait plus des ''accords secrets''. Ce qui s'est passé à Yamoussoukro est tout simple. Nous sommes partis pour passer en revue le processus de sortie de crise. Il n'y a eu aucun accord. Nous ne sommes partis signer aucun accord. Nous avons fait seulement un communiqué pour rendre compte des points que nous avons passés en revue.

Pensez-vous que les élections auront lieu selon le calendrier prévu par l'ONU?
Oui, selon le calendrier normal.

Il n'y a pas encore eu l'établissement du listing électoral…
Qui vous dit ça ? Demandez-moi où on en est.

Je vous pose la question monsieur le Président…
On est très avancé. Parce que la Côte d'Ivoire ne part pas de zéro. En Côte d'Ivoire, la loi dit que la liste électorale existe. Elle est révisée chaque année.

C'est lent…
Non. C'est facile à faire puisque toutes les listes existent. C'est pourquoi, nous attendons que le désarmement soit fait. Dès que le désarmement est fait, cela va prendre deux à trois mois.

Au cas où ça ne se passe pas comme prévu…
Au cas où quoi ne se passe pas comme prévu ?

Je reviens sur le point des élections. Au cas où ça n'a pas lieu…
Si les élections n'ont pas lieu ça veut dire que le désarmement n'aura pas eu lieu. Le problème n'est pas les élections. Vous avez l'air de croire que le problème, ce sont les élections. Le problème, c'est le désarmement.

Si DDR n'a pas eu lieu. Pensez-vous que vous pourriez encore bénéficier d'un autre prolongement de mandat ?
Il faut oublier ça. La Constitution de la Côte d'Ivoire est claire. Elle dit en cas de non organisation des élections pour empêchement dû à une occupation du pays, le Président de la République saisi par le président de la CEI, discute avec le président du Conseil constitutionnel, demeure en fonction. C'est cette disposition constitutionnelle que l'Union africaine a prise à son compte. C'est-à-dire donnons un an pour les obliger à aller vite. Et cette résolution de l'Union africaine a été prise en compte par l'ONU. Ce n'est pas l'ONU qui a prolongé le mandat. Si ce ne sont pas les Ivoiriens, je ne reste pas là. Je ne suis pas Président à cause de l'étranger qui me dit d'être Président. Je suis Président parce que ce sont les Ivoiriens qui m'ont élu. Et parce que les textes qu'ils ont votés me permettent d'être là.

Si demain vous n'êtes pas Président, qu'allez-vous faire ?
Il y a beaucoup de choses à faire. J'ai tellement de livres en retard. Je pourrai écrire. J'ai au moins trois livres que je n'ai pas pu démarrer à cause de la guerre.

Propos retranscrits sur I Télé par :
Yacouba Gbané
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Source : www.abidjan.net
Article paru dans : "Le Temps" du 13.03.06
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Les propositions du candidat Bédié pour une campagne vigoureuse à la présidentielle.

13 Mars 2006

Honorables délégués à la convention,
Chères militantes et chers militants du PDCI-RDA,
C'est, vous l'imaginez, avec un très grand plaisir que j'accepte l'honneur que vous me faites en m'investissant comme candidat de notre grand parti à l'élection présidentielle prochaine. Je m'efforcerai de me montrer digne de votre confiance.
En retour, je compte sur votre soutien, votre mobilisation permanente, votre participation enthousiaste, votre militantisme sans faille afin de ramener, dans la paix et la fraternité, le PDCI-RDA au pouvoir d'Etat.
La journée que nous vivons dans la ferveur de l'unité retrouvée et dans la fraternité, est l'assurance de notre victoire prochaine. C'est aussi la préfiguration de ce que nous ferons pour la Côte d'Ivoire.
A cette Côte d'Ivoire défigurée par la guerre, déchirée par la haine, dominée par la méfiance et la peur, le PDCI-RDA, uni et solidaire, apporte son message de paix, de fraternité et d'espoir.
Paix à tous nos morts. Paix aux vivants. Que la réconciliation totale unisse les vivants et les morts dans le destin de notre pays bien-aimé. Maintenant, recueillions-nous pendant une minute de silence et de prière.
Je voudrais à présent remercier l'immense majorité de nos militants, infatigables artisans de toutes nos victoires, et sur lesquels repose le succès de ce grand rassemblement.
Je salue et remercie les jeunes de notre parti pour leur esprit d'élévation, leur combativité et leur sens du sacrifice qui ont permis au parti de résister aux tentatives d'accaparement de la junte en 2000, de résister aux intrigues et aux manœuvres de division interne. Vous avez bien mérité du parti qui saura vous le rendre le moment venu. Vous avez su préserver notre parti mais aussi votre avenir en faisant prévaloir l'idéal sur l'opportunisme.
J'adresse mes sentiments de gratitude et d'affection aux femmes qui ont toujours su, par leur générosité, leur engagement désintéressé, défendre nos valeurs et notre parti dans les circonstances les plus difficiles. Aujourd'hui, mieux que quiconque, vous saurez porter partout le message de paix et de réconciliation nationale au nom du PDCI-RDA.
Je voudrais aussi saluer et remercier les secrétaires généraux qui, par leur travail inlassable à la base, par leur dévouement loyal et leur militantisme ardent, assurent la vitalité de notre parti et ses succès électoraux. J'associe à ces remerciements tous les délégués départementaux et communaux qui concourent au bon fonctionnement et au rayonnement de notre parti. Ils ont organisé de main de maître les conventions éclatées, élections primaires et démocratiques pour la désignation de notre candidat à la présidentielle.
A toutes nos instances dirigeantes, au Comité politique, au Grand Conseil, au Bureau politique dont Je connais les compétences et la disponibilité lorsqu'il s'agit de battre campagne et d'affirmer nos convictions, J'exprime ma reconnaissance et les exhorte à tout entreprendre pour garantir une victoire qui soit celle d'une réussite collective.
A notre intrépide Secrétaire général, Alphonse Djédjé Mady, homme de conviction et de caractère, J'adresse mes félicitations pour le travail déjà accompli, notamment cette belle convention d'investiture. Cette reconnaissance va également à tous les membres de la direction.
Je voudrais enfin remercier, avec une mention spéciale, la population de Yamoussoukro avec à sa tête ses délégués et ses élus, pour son hospitalité généreuse envers les dirigeants du parti chaque fois qu'ils se réunissent dans la capitale politique.
Le moment est venu de nous remettre tous à l'ouvrage. Dans moins d'un an, ce sera le devoir de gagner. Il nous faut reconquérir l'opinion, faire connaître davantage notre projet politique et y faire adhérer le plus grand nombre de citoyens électeurs. Mais aujourd'hui nous ne donnerons que des orientations générales par crainte de voir nos programmes et nos projets aux autres, toujours prêts à copier, à plagier sans vergogne.
Une crise générale et grave comme la nôtre sécrète une sorte de besoin, besoin d'idées-forces autour desquelles se groupent des hommes et des femmes. Aujourd'hui, ta paix, la sécurité et le développement résument ces idées-forces. Elles constituent les priorités de l'action que nous proposons pour reconstruire la Côte d'Ivoire.
Chacune de ces idées-forces est tributaire des autres. Sans paix, il n'est pas de sécurité. Sans sécurité, il n'est pas de paix. Sans paix et sécurité il n'est pas de développement durable.
La première priorité est donc de réaliser la paix, condition indispensable à notre épanouissement collectif et individuel.
Les Ivoiriens en sont d'autant plus convaincus qu'ils vivent les horreurs, les souffrances de six années d'affrontements stériles dont trois années de guerre fratricide.
Personne ne gagne dans une guerre, nous avons tous été perdants ; l'image de notre beau pays a été gravement ternie. Il faut rompre avec cette situation.
Certes la responsabilité de cette situation et de la survenue de la crise dans ce pays de paix et de dialogue, que le PDCI-RDA avait patiemment bâti quarante années durant, incombe totalement à ceux qui ont évincé le PDCI-RDA du pouvoir par les armes et la violence. Quoi qu'ils disent, leur responsabilité est engagée. Du coup d'Etat de 1999 aux temps actuels, que d'affrontements et de morts innombrables ne sanctionnent-ils pas la gestion des apprentis sorciers de la Refondation ?
La Refondation du FPI n'a pas été ce qu'elle prétendait être avec arrogance. Elle a attisé le feu, disqualifié notre démocratie, ruiné notre économie, abaissé notre pays, profané nos valeurs les plus sacrées. Elle demeurera à jamais une parenthèse tragique et sanglante de notre histoire, une éclipse dans le processus de démocratie engagée par notre parti.

I. Retrouver une paix durable, organisée et définitive
La paix que nous recherchons, nous la concevons d'abord comme une patiente construction qui permet à l'homme de bannir de son cœur et de son esprit des pensées agressives avec le mépris et le rejet de l'autre. " La paix, ce n'est pas un vain mot, c'est un comportement " répétait inlassablement le Président Félix Houphouët-Boigny.
Oui, un comportement qui se nourrit du dialogue ou de la négociation, de la recherche du compromis et qui s'abreuve aux sources de l'humanisme, de la tolérance, du pardon et de l'oubli de l'offense.
La paix ne peut ainsi être effective sans une transformation de nos attitudes, de nos conduites individuelles et collectives.
Il faut nous débarrasser des pratiques les plus négatives, rétrogrades, qui ont resurgi à la faveur de la guerre ; redonner tout son sens au respect de la vie, à la morale individuelle et collective, s'ouvrir à la modernité et aux progrès de l'esprit humain.
Des moyens violents, on ne le redira jamais assez, ont toujours des conséquences violentes. Ceux qui nous ont évincés par les armes l'apprennent à leurs dépens.
Face à cette situation, nous voulons refaire, dans la paix, l'unité nationale, la cohésion sociale, reconstruire un Etat républicain et démocratique. Avec l'alliance des houphouëtistes, nous avons donné un signal fort de la nécessaire union des forces vives de la nation par !e dialogue permanent et la recherche d'une véritable réconciliation.
Au-delà des hommes et des échéances électorales, cette alliance doit conduire à la réconciliation totale. A tous ceux qui, pour une raison ou une autre, peuvent craindre l'exclusion et la violence, nous tendons une main fraternelle et prenons l'engagement solennel de conduire la Côte d'Ivoire dans le respect des valeurs cardinales de paix, et de fraternité.
Un Etat républicain et démocratique, telle est notre arme pour assurer la paix mais aussi plus d'égalité, plus de justice dans le respect des droits de l'homme.
L'Etat républicain, c'est une nation assurée de sa cohésion et tendu vers davantage de démocratie et de progrès social.
Contre l'intolérance religieuse et tous les intégrismes, il faut réaffirmer la laïcité de l'Etat qui assure la liberté totale des consciences et de la pratique de tous les cultes dans le respect du pluralisme et de la tolérance.
Une unité nationale réelle et durable suppose aussi une réduction significative de la pauvreté et des inégalités. Un minimum de bien-être est nécessaire au maintien de la cohésion sociale et, devrais-je ajouter, à l'exercice de toute vertu. C'est pourquoi tous les citoyens, notamment les plus défavorisés, doivent bénéficier des progrès d'une société qui se veut moderne et solidaire. Je mettrai en œuvre un vigoureux programme national de lutte contre la pauvreté afin de réduire la proportion des ménages vivant en situation d'extrême pauvreté et l'incidence de la pauvreté, l'objectif final étant bien sûr d'éradiquer la pauvreté et d'améliorer durablement tous les indicateurs sociaux.
Cette politique sera renforcée par la réduction des disparités régionales en élargissant et en approfondissant la régionalisation-décentralisation. La politique de régionalisation que nous avons initiée reste inachevée et inefficace sans le maillon essentiel que constitue la région, espace économique homogène et intégré disposant de potentialités pour un développement durable. Il n'y aura ni paix ni unité sans une répartition plus équilibrée des activités et une mise en valeur des potentialités des différentes régions.
La priorité de notre action diplomatique devra consister à rétablir une politique de bon voisinage en vue de conforter nos voisins immédiats après six années de frictions inutiles et d'oppositions dommageables à l'intégration régionale.
Notre crise a révélé que nous ne pouvions pas réussir le développement dans un seul pays. Notre développement sera solidaire ou il ne sera pas. Notre pays doit retrouver son rôle de cheville ouvrière de toutes nos organisations sous-régionales et régionales pour faire avancer l'intégration et construire une zone africaine unie dans la paix et la prospérité.
La paix que nous voulons s'applique donc aux relations entre notre pays et le reste du monde.
Notre pays ne pourra jouer un rôle actif dans la promotion de la paix qu'en rebâtissant d'abord son audience internationale perdue, qu'en coopérant ensuite avec tous ses partenaires au développement. La réinstallation à Abidjan de la BAD et des institutions du système des Nations Unies, délocalisées en raison de la guerre, serait le signe de la confiance retrouvée avec nos partenaires. De ce point de vue, les relations avec notre partenaire historique, la France, doivent dépasser l'ère du soupçon, de la défiance, de l'affrontement pour un climat apaisé, propice à la négociation entre partenaires au développement mutuel. Il en va de même des relations avec les autres pays du Nord et du Sud dans une coopération élargie, conforme à l'esprit de notre temps et à l'exigence d'une mondialisation plus solidaire et plus juste.
La politique extérieure d'indépendance, de paix et de coopération que nous voulons conduire à nouveau s'inscrit ainsi dans le droit fil de celle menées par le Président Félix Houphouët-Boigny : elle sera marquée du sceau de la paix, du dialogue, du règlement des conflits par la négociation et la concertation, de la condamnation sans réserve de la prise de pouvoir par les armes, de la condamnation de l'assassinat politique ainsi que des activités subversives entretenues par des Etats voisins contre d'autres Etats.
Après les élections, nous promettons de soumettre la politique intérieure à une profonde réforme de la Constitution et des mœurs politiques- Le mensonge, le tribalisme et la démagogie seront sanctionnés.

II. Restaurer la sécurité, élément premier du pacte social
La paix sera durable et définitive si nous rétablissons la sécurité, la première des libertés, l'élément premier du pacte social.
La guerre a aggravé l'insécurité, favorisé toutes les formes de délinquance et de banditisme. La violence est généralisée et les Ivoiriens, inquiets et traumatisés, aspirent à plus de sécurité.
Cette situation commande d'abord de prendre des mesures immédiates pour stopper la spirale de la violence et mieux assurer la sécurité pour tous et partout. Il faut pour cela réhabiliter la règle du droit, mettre fin à l'impunité, sanctionner et assurer la sécurité des personnes et des biens.
Notre première mesure sera de dissoudre et d'interdire les milices, les escadrons de la mort et faire en sorte que les auteurs de crimes et exactions soient poursuivis, arrêtés et jugés. Mais la sécurité des biens et des personnes nécessite une politique globale qui s'inscrive dans la durée et qui concerne à la fois la prévention et la répression.
Les actions de prévention n'ont de chance de réussir que si nous rebâtissons une
Côte d'Ivoire économiquement prospère, socialement juste, moralement saine,
Pour nos jeunes, la sécurité veut dire avoir accès à l'école, recevoir une formation solide qui leur procure un emploi. La prévention est avant tout une affaire d'éducation et ce sont donc la famille et l'école de la République où se transmettent l'éducation, le savoir, les valeurs morales et civiques qui sont nos meilleurs instruments pour que les jeunes n'empruntent pas les chemins de la délinquance.
La prévention, c'est aussi un esprit civique collectif et des liens de solidarité avec les forces de l'ordre qui ont besoin, pour bien remplir leur mission, d'établir avec la population des relations de confiance. Rien ne se fera sans la participation des citoyens eux-mêmes à l'action des services de police. Chacun prendra sa part à l'effort pour rétablir la sécurité.
Si l'accent sera mis sur la prévention, les mesures de contrôle et de répression seront aussi renforcées.
Dans le strict respect des lois en vigueur, des sanctions seront prises chaque fois que cela s'avérera nécessaire pour punir les coupables.
La politique de sécurité s'appuiera sur les moyens de l'Etat : un ministère de la sécurité intérieure modernisé et redynamisé. L'augmentation des moyens de la Justice permettra de sanctionner sans délai les coupables. Les services de police et les forces de sécurité subiront une profonde réforme pour réaffirmer le professionnalisme, l'intégrité et le civisme. Les modalités de recrutement et de formation des policiers seront revues, les équipements modernisés et les moyens d'intervention accrus.
Les communes, dans le cadre des programmes de sécurité communale, prendront une part accrue dans la lutte contre l'insécurité.
La nouvelle politique de sécurité englobe aussi la défense nationale. Qu'un pays comme le nôtre ait pu voir son intégrité brisée; son honneur bafoué, son destin compromis, nous impose d'affermir la puissance de notre armée. Là-dessus, il faut rejeter les accusations fallacieuses des uns contre les autres. En quarante ans, nous avons méthodiquement bâti une armée respectable et opérationnelle qui sut mater des tentatives de sécession, décourager les velléités de prise de pouvoir et d'agression extérieure. Une politique de formation de qualité en Côte d'Ivoire et à l'étranger a fourni des officiers sachant leur métier, respectant le pouvoir civil et la légalité républicaine. Il a fallu un multipartisme mal vécu, notamment par l'opposition d'alors, pour que la politique entre dans les casernes, rompe la cohésion militaire pour s'achever par les graves dérives des mutineries, des coups d'Etat et de la rébellion. Nous n'insisterons pas sur ce passé parce que, comme l'écrit Shakespeare, gémir sur un malheur passé est le plus sûr moyen d'en attirer un autre.
Au contraire, il faut bâtir une nouvelle armée adaptée aux nécessités du présent et aux tâches du futur. Dans le processus de sortie de crise, les forces de défense et de sécurité et les forces armées des forces nouvelles ont entamé une profonde réflexion pour proposer des réformes appropriées. Mais celles-ci doivent nécessairement être fondées sur des principes et des lignes directrices qu'il appartient au politique de préciser si l'on veut que les armes cèdent devant les toges.
Former une armée républicaine dont le recrutement est ouvert à toutes les couches sociales, voilà un premier principe indiscutable.
Choisir une armée active permanente, limitée dans ses effectifs mais moderne et efficace pour prendre en compte le professionnalisme de plus en plus poussé du métier des armes, telle est une autre priorité.
Renforcer les liens entre l'armée et la population est le moyen d'assurer une meilleure coordination dans la défense d'un territoire.
Rétablir le service civique fournirait, en cas de besoin, des réserves organisées et contribuerait à la formation des jeunes aux métiers techniques, y compris agropastoraux et, partant, à leur insertion professionnelle.
Moderniser les équipements et les matériels militaires, améliorer les conditions matérielles et morales de tous les personnels militaires, telles sont les autres priorités.
Ces orientations générales seront précisées par une loi organique sur la défense nationale tandis que des programmes pluriannuels permettront de maintenir l'outil de défense en parfait état.
Ainsi réorganisée, l'armée nationale se verra confier des missions tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
A l'intérieur, elle prendra, en coordination avec les forces de sécurité, une part plus active dans la lutte contre l'insécurité. Elle assurera la surveillance générale des frontières contre l'immigration clandestine, les trafics transfrontaliers en tous genres. Elle luttera contre le terrorisme, la criminalité organisée, la grande délinquance. Elle participera au maintien et au rétablissement de l'ordre. Elle assurera des missions de secours humanitaires.
A l'extérieur, elle participera aux mécanismes de prévention et aux missions de maintien de la paix. Elle appuiera notamment les mécanismes de prévention, d'arbitrage et de gestion des conflits mis en place par la CEDEAO et l'Union africaine. Elle s'efforcera d'envoyer des contingents quand elle sera sollicitée pour des missions de maintien de la paix.
L'objectif ultime est d'intégrer un système de sécurité collective régionale qui garantirait à la fois la stabilité en prévenant les conflits locaux et régionaux, la sécurité des étrangers ainsi que la protection des investissements et intérêts économiques.
J'ai voulu insister sur cette question militaire parce que, comme le disait le Général de Gaulle, l'épée est l'axe du 'monde - j'ajouterai l'axe de la démocratie en assurant la sécurité de chacun et de tous en défendant les institutions.
C'est en retrouvant la paix, en rétablissant la sécurité avec les forces de défense et de sécurité en permanence au service de l'intérêt national dans la discipline, l'ordre et la fidélité que nous pourrons réussir l'oeuvre de reconstruction nationale. Le développement n'est-il pas l'autre nom de la paix ? C'est pourquoi il faut s'appliquer à reconstruire notre économie et reprendre notre marche au développement.
III. Relancer le développement après les années de gâchis
Je vous avais tracé, en 1995, un grand dessein, une vision dont l'objectif majeur était de bâtir "une nouvelle société aux frontières nouvelles du développement". Mes propositions pour relancer notre économie s'inscrivent dans la même continuité de pensée et d'action. " Le progrès pour tous et le bonheur pour chacun " et la poursuite de la réalisation des dix sentiers de notre avenir, de même que la réalisation des nombreux projets de t'Eléphant d'Afrique.
Je mesure, certes, les difficultés du chemin après les années de gâchis du régime FPI. Rien n'a été fait sous le prétexte commode de la guerre. Mais ce sont les gens qui ne font rien qui manquent de temps pour tout.
Les 40 années glorieuses du PDCI-RDA nous démontrent que de grandes choses sont possibles et qu'elles sont nombreuses à être déjà réalisées. Ce bilan positif doit être la source de notre enthousiasme et de notre espoir en un avenir de progrès social.
Oui, nous devons réaffirmer l'ambition de la Côte d'Ivoire, celle d'un pays industrialisé sous le symbole pacifique de f'éléphant d'Afrique. Oui, nous devons restaurer le rêve ivoirien, offert à tous, Ivoiriens et étrangers, à condition de travailler dans la rigueur, la persévérance et la justice. Et tout cela n'est possible qu'en redonnant à la politique ses lettres de noblesse.
Fidèles à nos engagements ainsi qu'à nos principes d'union, de paix et de rassemblement, nous formerons, le moment venu, un gouvernement d'union nationale avec tous les signataires de la plate-forme des houphouëtistes et les partis qui y souscriraient.
Je vous prierais à ce propos d'ovationner nos partenaires et alliés houphouëtistes présents à cette convention. Tour à tour, je vous les présente dans l'ordre alphabétique : le MFA, Mouvement des Forces d'Avenir, le RDR, Rassemblement des Républicains, l'UDPCI, Union pour la Démocratie et la Paix en Côte d'Ivoire.
L'objectif est de réaliser avec ces responsables politiques une plate-forme pour définir les priorités et conduire les tâches de la reconstruction nationale. Cette union au sommet doit susciter dans tout le corps social une véritable mystique du redressement national et du développement intégral.
L'autorité de l'Etat, gravement affaiblie par la crise et la gestion politique du FPI, doit être restaurée, l'administration redéployée. Le respect des institutions, leur crédibilité et leur autorité conditionnent la prospérité d'une nouvelle Côte d'Ivoire. Tout cela, les houphouëtistes s'engagent ensemble à cette restauration générale.
Nous devons faire également un effort important pour moraliser- la vie publique, restaurer notre crédit et rebâtir dans notre pays une morale républicaine digne d'une grande démocratie. La corruption sous toutes ses formes sera activement combattue selon les textes de loi en vigueur.
De même, je le répète, le tribalisme, le mensonge, la démagogie et surtout la violence.
Pour une gestion transparente de l'Etat, les ministères, les entreprises publiques et parapubliques feront l'objet d'audits réguliers, de même que sera assurée une inspection annuelle systématique des services administratifs. Tous les scandales financiers actuels seront placés sous l'éclairage de la justice, de la vérité et de la lutte contre la corruption.
La Cour des comptes sera effectivement mise en place et dotée de moyens humains et matériels appropriés pour contrôler les comptes des services et établissements publics.
Par toutes ces mesures pertinentes, nous voulons rassembler les Ivoiriens autour des impératifs économiques et sociaux de la reconstruction nationale- II nous faut mettre en œuvre un plan national de reconstruction avec une phase d'urgence à court terme et une phase de consolidation à moyen terme pour relever l'économie et créer les conditions du progrès social. Cela implique de mobiliser les ressources du budget de l'Etat et des financements possibles par les partenaires extérieurs.
Il faudra d'abord mobiliser les ressources prévues dans les accords de sortie de crise et puis les ressources additionnelles avec les organismes d'aide au développement. Une amnistie fiscale redonnera confiance aux entreprises et contribuera au retour des capitaux et des délocalisations d'affaires.
Les mesures économiques prioritaires viseront la réhabilitation des infrastructures détruites ou endommagées.
Nous reprendrons la poursuite de notre politique de lutte contre la pauvreté selon le plan national que vous avons établi avec les bailleurs de fonds.
Une politique de plein emploi permettra de réduire le chômage massif engendré par les fermetures d'usines et de sociétés, les délocalisations d'entreprises industrielles ou commerciales. Outre les emplois générés par la fonction publique et le secteur industriel, seront mis en place des programmes spéciaux dans les secteurs de l'agriculture, des services et de l'informel. Ces programmes intégreront en priorité les jeunes et les femmes.
La hausse générale des prix, rendue possible par les pénuries et le relâchement des contrôles sur la fraude et la concurrence, sera contenue, à défaut d'un contrôle des prix, par un régime de "liberté surveillée".
Les tarifs des services publics et les prix des produits de base réglementés seront régulés sur le court terme. Pour enrayer la spirale inflationniste, le gouvernement agira sur les causes profondes qui déterminent l'évolution de chaque catégorie de prix. Pour mener cette politique de relance économique, l'Etat devra assainir et stabiliser le cadre macro-économique. Il faut restaurer la viabilité des finances publiques par l'équilibre budgétaire et la maîtrise des dépenses publiques.
Le principal objectif de la politique monétaire restera la maîtrise de l'inflation, à environ 3% en moyenne annuelle, afin de maintenir la compétitivité des produits ivoiriens et la stabilité de la monnaie.
Face à un endettement extérieur important (6.348 milliards de francs CFA, y compris les arriérés) dont l'encours et le service pèsent lourdement sur les capacités financières et l'économie du pays, il est impératif de se réinsérer dans les initiatives d'allégement de la dette, engagées par la communauté internationale en faveur des pays pauvres très endettés. Notre pays, sous notre direction, fut éligible en 1998 à l'initiative de réduction de la dette (initiative PPTE) et eût atteint le point d'achèvement en mars 2001 si te coup d'Etat militaire n'était pas intervenu.
II faut donc restructurer la dette envers les créanciers des Clubs de Paris et de Londres, négocier avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international pour la réduction de la dette multilatérale. L'objectif reste de sortir de manière définitive du cercle vicieux de l'endettement.
Pour la dette intérieure (plus de 600 milliards), il faut de façon prioritaire résorber les arriérés et mener une politique de gestion optimale afin d'effacer cette dette dont l'impact négatif remet en cause la relance économique. Ainsi, par la mise en œuvre de politiques budgétaires et monétaires saines, nous créerons les conditions indispensables à la croissance.
Mais des mesures sociales prioritaires s'imposent pour reconstruire une société ivoirienne profondément traumatisée par la guerre et bouleversée par la perte de ses valeurs morales et spirituelles. Cinq ordres de mesures Joueront un rôle dans le retour à une situation normalisée et apaisée.
Les pouvoirs publics doivent assurer, dans les meilleures conditions de sécurité et d'équité, le retour des nombreux déplacés de guerre dans leurs lieux de résidence. Une attention particulière sera accordée à la reconstitution des familles ainsi qu'à la réinstallation des planteurs dans les régions de l'Ouest, du Sud-ouest et du Centre-ouest.
Toutes les victimes ivoiriennes et étrangères, qui ont subi des pertes et des dommages consécutifs à la crise, seront indemnisées après évaluation précise et équitable.
Pour organiser la solidarité avec les familles des forces de défense et de sécurité victimes de la guerre, un fonds de solidarité sera mis en place. Le statut de pupilles de la nation sera accordé aux orphelins de guerre. Des aides sociales seront versées aux handicapés et un programme d'insertion professionnelle.
L'Ecole, dans tous les ordres d'enseignement, sera rétablie dans les zones ex-assiégées. Le plan d'action pour la réhabilitation et la reconstruction des enseignements en Côte d'Ivoire (PARRENCI), qui bénéficie des apports du BIT, du PNUD, de l'UNESCO et des partenaires bilatéraux et multilatéraux, doit être mis en œuvre intégralement et sans délai.
L'action sanitaire sera renforcée par des infrastructures sanitaires réhabilitées et fonctionnelles, par l'accessibilité des médicaments, par la mise en œuvre des grands programmes de santé publique, notamment le programme élargi de vaccination, le programme de lutte contre le sida, les MST et la tuberculose, le programme de lutte contre le paludisme, le programme contre la malnutrition et le programme relatif à l'eau et à l'environnement.
Tels sont les éléments essentiels du programme pour sortir notre pays de la situation de crise économique et financière en renouant avec la croissance, après avoir restauré la nécessaire cohésion sociale et mis fin à la guerre.
Mais nous ne perdons pas de vue notre objectif ultime : faire de la Côte d'Ivoire un pays développé dans le temps d'une génération. La politique dite de refondation a détruit nos acquis, il faut les reconstruire pour réaliser notre ambition.
Je sais que de grands défis doivent être relevés pour réussir notre développement : le défi d'une nouvelle économie, le défi de l'intégration régionale.
Pour fonder une nouvelle économie, trois objectifs majeurs doivent être atteints :
- assurer un développement agricole moderne et durable,
- réussir l'industrialisation en tirant le meilleur parti de toutes nos ressources réelles et potentielles,
- promouvoir un nouveau secteur de services performants en phase avec les évolutions récentes au niveau mondial.
La modernisation de l'agriculture sera facilitée par les grandes innovations suivantes :
- la sécurité foncière,
- le financement du secteur agricole,
- la mécanisation, la promotion d'une agriculture intensive,
- la réforme des nouvelles structures de gestion des filières café-cacao.
La sécurité foncière sera assurée par l'application effective du nouveau code foncier, le cadastrage du domaine rural (projet PNGTER), le développement d'un marché foncier rural.
Le financement du secteur agricole bénéficiera d'une part des mécanismes mis en place par l'Etat et, d'autre part, de la création de caisses locales de crédit agricole et d'une banque agricole privée par les producteurs, les banques et organismes financiers privés.
Les nouvelles structures de gestion, nées de la libéralisation des filières café-cacao, seront réformées pour plus de transparence et d'efficacité ; un nouveau mécanisme de stabilisation des prix entièrement contrôlé par les producteurs et le secteur privé sera mis en place.
La nouvelle organisation du secteur agricole s'appuiera sur le regroupement des paysans en coopératives et en organisations professionnelles agricoles. La loi sur les coopératives doit être révisée et les coopératives auront progressivement des activités diversifiées : stockage et vente des produits, utilisation de matériel agricole, transports, micro-unités de transformation. Les OPA seront renforcées par des mesures financières, techniques et administratives pour une grande capacité de défense de leurs intérêts.
Le vieillissement de la population active agricole commande de préparer la relève paysanne et l'émergence d'un nombre rapidement croissant de jeunes exploitants agricoles formés aux techniques agricoles et à la gestion comptable et financière et regroupés au sein de structures professionnelles modernes et crédibles.
La protection des ressources forestières, la maîtrise de l'eau, la rotation des cultures contre l'appauvrissement des sols ainsi que la lutte contre les feux de brousse font partie des actions majeures.
Un vaste programme de spécialisation agricole régionale sera lancé avec notamment les projets de mise en valeur des zones de savane et de la zone semi-montagneuse de l'Ouest. L'Etat fournira aux paysans une formation de qualité appropriée à leurs besoins et une amélioration décisive de leurs conditions de vie par l'amélioration du cadre de vie rural, l'institution de l'assurance-maladie et d'une assurance contre les calamités agricoles.
La recherche scientifique qui a tant contribué aux progrès de notre agriculture bénéficiera d'un financement accru et portera sur tous les aspects de la production agricole.

L'agriculture d'exportation, qui a fait de la Côte d'Ivoire une puissance agricole mondiale, doit viser désormais à améliorer la productivité et la qualité de ses produits de manière à consolider notre position actuelle sur les marchés mondiaux et à développer la transformation industrielle.
Pour l'agriculture vivrière, il s'agit d'atteindre l'autosuffisance alimentaire, notamment en riz. La production des autres cultures, qui assurent déjà l'ensemble de la consommation locale, doit être tournée vers l'exportation dans la sous-région et sur le marché mondial.
Pour la production animale, l'objectif est la réduction progressive du déficit en viande pour atteindre t'autosuffisance ainsi qu'une meilleure association agriculture-élevage qui permettra d'assurer la création de fermes agro-pastorales, d'encourager la mise en place de systèmes de culture intégrant des soles fourragères, de régler le problème de la cohabitation cultivateurs/éleveurs, enfin d'améliorer le niveau nutritionnel et le revenu de l'exploitant.
Dans le domaine forestier, nous avons à préserver les forêts, à rationaliser leur exploitation, à reconstituer le patrimoine forestier par le reboisement.
Le défi de l'industrialisation accélérée est à notre portée parce que les Ivoiriens savent se surpasser quand un grand défi leur est lancé, quand un objectif clair, précis et ambitieux leur est fixé. Il faut faire naître et se développer une nouvelle race de capitaines d'industrie. Il faut tirer parti de la mondialisation en en minimisant les risques mais en en tirant toutes les opportunités possibles, des investissements directs étrangers aux nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), des privatisations aux joint ventures et aux prises de participations en aval dans les pays développés mêmes.
La stratégie de développement industriel met l'accent sur la réduction des coûts de production (notamment le taux de fiscalité de perte, les coûts de l'énergie), la promotion des investissements directs, la valorisation de la recherche/développement, le développement du concept de qualité, la promotion de la petite et moyenne entreprise, l'édification de zones industrielles spécialisées et de zones franches, enfin te développement de sociétés de capital-risque et d'assurance-crédit à l'exportation.
Les ressources minières et énergétiques dont l'exploitation doit être intensifiée permettent de jeter les bases du développement industriel. Il nous faut envisager dès maintenant la création d'industries extractives lourdes à partir des gisements de nickel, de manganèse et de fer. C'est la seule façon de fournir les biens de production indispensables au développement industriel. Bien sûr, les industries de biens de consommation, notamment le secteur agro-industriel, continueront de jouer un rôle de locomotive pour l'exportation comme pour la consommation.
Le secteur tertiaire, soutenant la dynamique du secteur privé, renforcera par des services de qualité le développement économique.
Dans le domaine des télécommunications, la modernisation du réseau téléphonique, la réduction des disparités entre les zones urbaines et les zones rurales, l'amélioration de la qualité du service constituent des objectifs prioritaires, tout comme le développement de la téléphonie cellulaire, de l'Internet, la radio-télécommunication maritime et terrestre.
Enfin, le développement du secteur des télécommunications aura des effets induits sur le secteur industriel, notamment par la création d'unités susceptibles d'en assurer la maintenance.
Les infrastructures de transport, un de nos solides acquis qu'il faut réhabiliter, doivent structurer entièrement le territoire national. Dans le domaine des routes, le Plan de transport permettra de construire 500 km de routes bitumées nouvelles à moyen terme.
Le transport urbain, pour répondre au nombre croissant de ses usagers, privilégiera les modes de transport lourd comme le train urbain, le métro ou le tramway, les bateaux bus.
La modernisation et le développement ferroviaire permettront d'une part l'interconnexion du chemin de fer ivoirien avec les pays voisins (Mali, Guinée) et, d'autre part, la création d'axes transversaux vers l'ouest et l'est du territoire national.
Les objectifs pour le transport maritime sont l'extension et la modernisation des ports d'Abidjan et de San Pedro ainsi que l'amélioration de l'environnement portuaire et maritime.
En matière de transport aérien, la politique de libéralisation sera poursuivie avec le renforcement des capacités de la compagnie nationale Air Ivoire.
L'extension de l'aéroport d'Abidjan, la construction et la réhabilitation des aéroports intérieurs sont des priorités comme la démocratisation du transport aérien intérieur et extérieur par la baisse des tarifs et la charterisation.
Le commerce, pour sa part, représente 30 % du PNB ivoirien et contribue largement à la formation des richesses nationales. Il s'agit de moderniser ce secteur et d'assurer la présence en plus grand nombre des Ivoiriens. La politique de promotion des commerçants nationaux sera vigoureusement menée de sorte que davantage d'Ivoiriens interviennent dans le domaine du commerce et de la distribution grâce à une politique systématique de formation et d'aide à l'installation (à l'instar du projet de la chaîne des commerçants ivoiriens modernes que nous avions initié).
La politique de développement touristique privilégiera la formation et l'encadrement, le développement des infrastructures, la diversification des produits touristiques (tourisme balnéaire, tourisme d'affaires, tourisme sportif, tourisme religieux, éco-tourisme, tourisme culturel), enfin la promotion intérieure et extérieure.
Enfin, le secteur financier doit jouer un plus grand rôle dans la mobilisation de l'épargne et le financement de l'investissement par le renforcement du tissu financier et bancaire.
L'action doit s'articuler autour de la diversification des produits d'épargne, de la mise en place de structures de financement ciblé (banque agricole privée, banque des PME/FMI, banque des collectivités locales, caisse de refinancement hypothécaire de l'habitat), la redynamisation des institutions postales et de retraite, la mise en place d'un ensemble d'incitations fiscales portant principalement sur l'épargne longue, telles la fiscalité allégée sur les revenus des capitaux mobiliers, les exonérations sur les organismes de placements collectifs en valeurs mobilières.
La politique de promotion du secteur tertiaire doit permettre de renouer avec la croissance et renforcer la primauté économique de la Côte d'Ivoire.
Réaliser une politique sociale hardie pour donner la toute première place au développement humain.
Assurer la santé pour tous, améliorer le logement et le cadre de vie, défendre l'environnement, lutter contre la pauvreté, voilà les priorités de cette politique.
Le défi de la culture, c'est d'abord conduire une politique de formation et de recherche de qualité adaptée à nos besoins immédiats et futurs, aux exigences du monde moderne. Mais il faut au préalable rétablir la discipline et un climat apaisé au sein de nos établissements de formation en mettant fin aux dérives d'un syndicalisme estudiantin dévoyé, voire criminalisé.
Notre action pour rebâtir une Ecole de la République, celle de l'égalité des chances, de la réussite et de l'excellence est multiple. Il s'agit d'abord de généraliser l'alphabétisation fonctionnelle et d'offrir un système d'enseignement primaire et secondaire plus performant et plus dynamique.
L'objectif d'une scolarisation à 100% à moyen terme est à notre portée. La réforme passe aussi par l'amélioration de la qualité des enseignements, par la révision des programmes et du contenu des formations, l'insertion professionnelle des jeunes, la lutte contre les retards et les échecs scolaires, la revalorisation de la fonction enseignante par l'amélioration de la formation et des revenus.
Des efforts nouveaux porteront sur l'enseignement supérieur et la recherche, clef de notre progrès. L'université doit redéfinir ses missions et disposer de moyens budgétaires nouveaux et importants pour les réaliser. Je proposerai la création d'un fonds national de développement des universités et de la recherche, alimenté par les contributions de l'Etat, des entreprises et des partenaires au développement.
Ce fonds permettrait de financer dans l'immédiat un programme d'urgence pour accroître les capacités d'accueil dans les universités et rattraper les retards d'investissement en matière d'amphithéâtres, de laboratoires, de salles de cours et de travaux pratiques, de bibliothèques. Il assurerait par la suite un financement propre aux universités et à la recherche.
La réforme des universités passe par la recomposition des enseignements et l'accroissement du nombre des étudiants dans les filières des sciences et technologies, le développement de la formation continue, la décentralisation et la régionalisation de l'enseignement supérieur, la professionnalisation des filières de formation. Un effort particulier sera fait en termes de rémunération et de carrière pour les enseignants et les chercheurs du supérieur.
Les conditions de vie de l'étudiant connaîtront une amélioration décisive avec le système de prêts d'études qui viendra en complément des bourses et aides déjà en vigueur, la construction de nouvelles cités universitaires et la mise en place d'une mutuelle des étudiants avec l'aide de l'Etat.
Le troisième défi, c'est l'enracinement d'une démocratie libérale avancée.
Nous devons rester fidèles au libéralisme politique et économique, aux libertés individuelles et collectives, ainsi qu'aux principes de l'ouverture et du dialogue.
Parce que les Ivoiriens ont trop souffert du non-respect de leurs libertés par le régime liberticide du FPI, il faut garantir la liberté d'expression, l'inviolabilité du domicile, le secret de la correspondance et des conversations, la protection de la vie privée.
L'indépendance des syndicats à l'égard de l'Etat et des partis politiques sera affirmée et respectée. L'information pluraliste et libre sera assurée par une presse écrite indépendante, des radios et des télévisions privées. La Radio Télévision Ivoirienne, qui a connu tant de tribulations, sera transformée en un office autonome.
L'Assemblée nationale améliorera son mode de fonctionnement ainsi que le contrôle de l'exécutif.
Un Sénat, assemblée représentative de l'ensemble des forces composant chaque région, participera avec l'Assemblée nationale à l'élaboration et au vote des lois.
La réforme de la justice sera poursuivie pour la rendre plus crédible, plus efficace et plus équitable. Les chefs de juridiction pourraient être élus par leurs pairs et être assistés de collèges de magistrats également élus.
La décentralisation du système Judiciaire sera assurée, le système pénitentiaire modernisé, les moyens du pouvoir judiciaire renforcés.
La pratique du référendum concernera autant les questions nationales que régionales et locales. Le référendum pourra être d'initiative populaire.
La politique de régionalisation sera effectivement mise en œuvre.
Enfin vient le défi de l'intégration
Désunis, les Etats africains ne peuvent réussir leur développement ni a fortiori peser sur l'évolution du monde contemporain dominé par les grands ensembles régionaux.
L'intégration africaine est donc une des nouvelles frontières de notre développement. Sa réalisation doit s'appuyer sur une volonté politique pour entraîner l'adhésion de tous.
Des avancées notables dans l'intégration régionale ont été réalisées par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et son noyau dur, l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Pour réaliser l'intégration régionale, il faut une action résolue autour de trois priorités : parachever l'union économique et monétaire, construire un système de sécurité collective, avancer dans l'édification de l'union politique.
La CEDEAO doit mettre en œuvre des politiques économiques coordonnées, réaliser la monnaie unique et lancer des grands chantiers de développement à travers un partenariat actif avec le secteur privé, notamment dans le cadre du NEPAD.
Elle doit construire un système de sécurité collective qui prenne en compte les nouvelles menaces de nature ethnique, terroriste ou interétatique et qui se fonde sur des contingents nationaux déjà prépositionnés, capables d'assurer avec efficacité des opérations d'imposition ou de maintien de la paix ainsi que des interventions de caractère humanitaire.
Pour assurer l'efficacité et la cohérence de leur politique d'intégration, les Etats de la CEDEAO ne peuvent plus longtemps entourer de réticences et de délais leur union politique. L'essentiel reste à faire dans ce domaine. Il faut achever la mise en place des institutions prévues par le traité de la CEDEAO et aller à la confédération des nations, une construction supranationale qui créera un espace économique de taille.
En appuyant l'intégration, la Côte d'Ivoire est fidèle à son destin et à sa mission historique : indiquer la voie du progrès, de la liberté et du développement. Hier pionnière de la lutte pour l'émancipation, aujourd'hui et demain locomotive et précurseur du développement économique de l'Afrique noire.
Voilà le projet ambitieux mais réaliste que je soumets à votre approbation. Il s'adresse à tous les Ivoiriens dont il prend en compte les vraies préoccupations. C'est pourquoi j'invite à voter pour nous qui sommes fatigués de la guerre, consternés par le pillage et la ruine de notre pays, tous ceux qui sont pour le progrès dans la paix et la liberté.
Toutes ces évocations ne sont pas nouvelles. Le peuple nous a vus sur le terrain pour leur réalisation. Nous avons l'antériorité et la paternité de ces programmes et des réalisations effectuées. Quant aux nouveaux programmes et projets, nous les ferons connaître pendant la campagne électorale prochaine. En attendant, les militants devront exploiter au mieux, et dans nos langues nationales, ces nombreuses orientations et réalisations qui figurent au bilan du PDC1-RDA. Nous reconstruirons une Côte d'Ivoire pacifique, unie, solidaire et indivisible où chaque Ivoirien se sente chez lui, partout sans exception. Nous ferons bouger les choses et nous écrirons ensemble une nouvelle page glorieuse de notre histoire.
Comme jadis et naguère, le PDC1-RDA fera lever le vent du renouveau et de l'espérance. Avec son expérience irremplaçable, il peut réinventer le Miracle ivoirien et réaliser le rêve ivoirien du progrès pour tous et du bonheur partagé concurremment, simultanément avec nos alliés houphouëtistes et le peuple ivoirien.
Le PDCI au pouvoir, c'est une nouvelle période de paix et de prospérité qui s'ouvrira pour la Côte d'Ivoire.
Le PDCI au pouvoir, c'est le grand Renouveau.
Vive le Rassemblement des houphouëtistes !
Vive le PDCI-RDA, parti de l'expérience, de l'espérance !
Vive la Côte d'Ivoire unie, fraternelle et prospère !

Henri Konan BEDIE
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Source : www.abidjan.net
Article paru dans : "Le Nouveau Réveil" du 13.03.06
Copyright © 2003 Le Nouveau Réveil, Tous droits réservés.



COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 08 MARS 2006.

13 Mars 2006

Les conclusions du groupe de travail sur l’identification bientôt transmis à la CEI.

Un Conseil des ministres s'est tenu le mercredi 8 mars 2006 au Palais de la Présidence, de 11 heures à 13 heures, sous la présidence du Chef de l'Etat, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo.

Avant d'aborder l'ordre du jour, le Président de la République a tenu à revenir sur le dossier Youssouf Fofana qui vient d'être extradé vers la France où il est poursuivi pour plusieurs chefs d'accusation, dont un meurtre. Le Président a tenu à féliciter le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice, Garde des Sceaux tant pour l'efficacité de notre police nationale qui a pu appréhender rapidement Youssouf Fofana que pour la célérité de notre Justice dans le traitement de cette affaire sensible. C'est le lieu de souligner que les autorités françaises n'ont pas manqué d'exprimer leur satisfaction et d'adresser leurs félicitations au gouvernement ivoirien pour le prompt règlement de cette affaire.

Abordant son ordre du jour, le Conseil a examiné plusieurs projets de décret, ainsi que plusieurs communications.

DECRETS

Mesures générales

Sur présentation des responsables des départements ministériels concernés, le Président de la République, après délibération, a signé trois décrets portant organisation des:
- Ministère de la Santé et de l'Hygiène publique,
- Ministère de la Production animale et des Ressources halieutiques,
- Ministère de la Jeunesse, de l'Education civique et des Sports.

Mesures individuelles

Sur présentation du Ministre de la Culture et de la Francophonie, le Président de la République a signé un décret portant nomination des membres du Conseil scientifique de la Culture.

COMMUNICATIONS

Le Conseil a ensuite entendu deux communications verbales du Premier ministre:

1°- la rencontre au sommet de Yamoussoukro - CEI

Le Premier ministre a fait le point de la rencontre au sommet de Yamoussoukro qui s'est tenue du lundi 28 février au mardi 1er mars 2006. Le Premier ministre a rappelé que cette rencontre était une des recommandations du séminaire gouvernemental de Yamoussoukro "sur la feuille de route". Celui-ci avait, en effet, préconisé que le dialogue politique soit organisé au plus haut niveau, de manière à créer les conditions idoines en vue de faciliter la mise en œuvre de la feuille de route. Même si la rencontre au sommet à réuni les signataires ivoiriens de l'accord de Pretoria, il ne s'agissait pas de rééditer les anciennes discussions ayant conduit aux différents accords de Pretoria, mais plutôt de consolider les engagements pris d'un commun accord.
Cette rencontre a permis d'aborder toutes les questions d'importance pour la sortie de crise, à savoir le désarmement, l'identification, la résolution 1633 du Conseil de sécurité, la CEI...
En vue d'avancer sur l'ensemble de ces points, aucune question n'a été considérée comme tabou. Les discussions ont été abordées dans "un esprit nouveau", de manière franche mais pragmatique. Ainsi, sur la question du DDR, l'option de base étant le désarmement volontaire, il a été demandé aux deux Etats-majors d'examiner toutes les questions sans exclusive en vue de faire des propositions concrètes au gouvernement pour le démarrage du processus.
S'agissant de la résolution 1633 et de sa position vis-à-vis de notre Constitution, il a été admis que l'approche constructive, donc utile consiste en une lecture combinée des deux textes et en leur application intelligente allant dans le sens d'une sortie de crise consensuelle, effective et durable.

S'agissant de la CEI, il a été admis qu'en dépit des accords de Pretoria, un acteur comme le FPI, bien que non signataire de l'accord de Pretoria, ne pouvait être absent du bureau de la CEI. De même, il est apparu évident que l'introduction du principe de la majorité qualifiée pour la prise de décision était un gage d'impartialité qui faciliterait le règlement de la question de la CEI.
Le Premier ministre a saisi l'occasion pour informer le Conseil que la question pendante de la CEI a enfin trouvé solution sur la base d'un consensus entre les différentes parties. Cette évolution positive notable enregistrée ces jours avec l'installation effective de la CEI, et qui a été accueillie par tous avec soulagement, est à porter au crédit de la rencontre au sommet de Yamoussoukro.
Au total, la rencontre au sommet de Yamoussoukro a été un évènement positif dans le processus de sortie de crise. Pour la première fois depuis le début de la crise, les leaders ivoiriens se retrouvent entre eux-mêmes en terre ivoirienne pour discuter des solutions à apporter à leurs problèmes. Le Premier ministre a souhaité pour l'avenir que cette approche soit exploitée à nouveau si cela s'avérait utile.

2°- Identification-recensement électoral

Le Premier ministre a fait état de l'important travail abattu par le Groupe de travail sur l'identification et le recensement électoral mis en place après le séminaire de Yamoussoukro. C'est le lieu de rappeler qu'au titre de l'identification et du recensement électoral, le séminaire de Yamoussoukro avait recommandé la mise en place d'une commission en vue de résoudre les problèmes spécifiques liés à la reconstitution des registres d'état civil détruits, à la reprise du processus d'identification et au recensement électoral. Il y avait lieu, entre autres, d'examiner les conventions existantes (SITEL-CI et INS-CI), ainsi que la possibilité d'engager simultanément les opérations d'identification et d'établissement des listes électorales. Le groupe mis en place devait proposer des solutions à même d'assurer la sécurisation et l'efficacité de ces processus. Il est ressorti, au titre des conclusions, que les deux opérations (l'identification et le recensement électoral) pouvaient être menées simultanément. Le groupe de travail, dans cette perspective, a fait des recommandations pratiques en vue du bon déroulement de ce double processus qui doit conduire à des élections dans les délais prescrits. Le rapport du groupe de travail sera transmis sans délai à la CEI qui vient d'être installé, pour exploitation.

Le Conseil des ministres, après délibération, a adopté les conclusions de ces deux communications

Enfin, le Conseil a entendu une communication verbale du Ministre de la Défense informant le gouvernement des incidents survenus à Bouenheu (département de Zouan- Hounien) entre la Licorne et les FDS suite à des malentendus relatifs à la localisation ou non de ce village en zone gouvernementale ou en zone de confiance.
A la suite de plusieurs réunions, le litige a été tranché et le calme est revenu dans la zone.

Une assistance médicale a été apportée par le gouvernement aux populations de Bouenheu qui ont subi des dommages de la part des FDS à l'occasion de cet incident.

Le ministre de la Fonction publique, de l'Emploi et de la Réforme administrative
Prof. Oulaye Hubert

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Source : www.presidence.ci


INTERVIEW DU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO AU JOURNAL "LE FIGARO".

10 Mars 2006

Le Président Laurent GBAGBO au quotidien Français « Le FIGARO »:
« La relation France-Afrique doit changer » .

Le président ivorien revient sur l'affaire Fofana, les élections en Côte d'Ivoire et les accords de défense qui unissent Paris et Abidjan.

LE FIGARO.– Vous êtes intervenu personnellement sur le dossier Youssouf Fofana. La procédure d'extradition a été menée de manière extrêmement rapide. S'agit-il d'un gage donné à Paris?

Laurent GBAGBO. – Non, nous avons appliqué l'accord de 1961 qui porte sur la coopération pour les personnes recherchées. Cela a été très rapide parce que nous n'avions aucun besoin d'avoir Youssouf Fofana ici. Nous avons déjà suffisamment de problèmes. Sur cette affaire, il n'y a donc eu ni brouilles, ni manigances, ni conflits entre la France et nous. Les Français étaient demandeurs et ce sont eux qui avaient le problème. Ils ont opté pour l'extradition, une procédure longue et risquée. Il aurait suffi que les avocats de Fofana réussissent à démontrer qu'il est ivoirien pour que cela ne soit plus possible mais, finalement, tout s'est bien passé.

On peut donc considérer que vous avez été arrangeant en acceptant de suivre une procédure risquée ?

Oui, mais c'était l'affaire de Paris. C'est pour eux que nous avons fait ça. Si Fofana avait pu prouver qu'il était ivoirien, alors là on aurait eu un problème. Mais, les Français auraient eu plus de problèmes que nous...

Il existe de nombreux contentieux entre la France et la Côte d'Ivoire. L'un d'eux est la disparition, en 2004, du journaliste Guy-André Kieffer. Michel Legré, le beau-frère de votre femme, Simone, est tenu pour le principal suspect...

Avec l'affaire Kieffer, on est face à un casse-tête. On ne sait pas ce qu'il est devenu. Même les gens qui disent que Kieffer est mort ne peuvent pas prouver sa mort. Moi, ce monsieur, je l'ai vu deux fois dans ma vie... Quand à Michel Legré, il a été entendu autant de fois que le juge français l'a voulu. Donc, il n'y a pas de problème.

D'autres dossiers posent d'importants problèmes dans la relation France-Côte d'Ivoire. L'affaire de Bouaké, par exemple, au cours de laquelle neuf soldats français ont été tués par un bombardement ivoirien le 6 novembre 2004. Selon la version de Paris, il s'agirait d'une attaque délibérée ?

Oui, ce sont des propos qui sont susurrés, mais c'est faux. Si c'est moi le donneur d'ordres, parce que nous sommes dans le cadre d'une attaque militaire, si c'est de moi qu'il s'agit, je m'inscris en faux. Quel aurait été mon intérêt ? Nous avons mené une attaque. Elle s'est très bien passée les premiers jours. La rébellion n'existe plus. Pourquoi aurais-je brusquement donné l'ordre d'aller bombarder les Français ? Pour obtenir quel avantage ?... Cherchons ailleurs ce qui s'est passé. Mais ne politisons pas ce qui n'est pas à politiser. Tout cela n'a absolument aucun sens.

Durant son audition, le général Poncet aurait mis en cause votre conseiller défense à la présidence, M. Kadet Bertin ?

Le général Poncet met en cause n'importe qui. J'ai lu certaines de ses déclarations. Mais je ne veux pas rentrer dans une polémique avec un subalterne. Les généraux sont là pour exécuter les ordres des politiques.

Tous ces problèmes dans la relation franco-ivoirienne ne sont-ils pas, paradoxalement, la démonstration par l'absurde de la force des liens qui continuent d'exister ?

Les liens sont là, mais ils doivent nécessairement changer. Depuis le 19 septembre 2002 (NDLR : date de l'apparition de la rébellion), ils ont changé de nature. Les soldats français sont devenus parmi les plus impopulaires en Côte d'Ivoire. Le fait qu'ils fassent partie des forces sous mandat de l'Onu est une aberration. D'après les accords qui nous lient, les Français devraient être engagés du côté de la Côte d'Ivoire contre les agresseurs, qui viennent du Burkina-Faso et du Liberia.

On entend à Paris des accusations contre les autorités ivoiriennes soupçonnées de fascisme. On entend à Abidjan un discours sur le néocolonialisme venu de Paris. Pensez-vous qu'il soit possible de sortir de cette stigmatisation ?

Pour l'instant les esprits sont encore trop surchauffés. Mais ce sera possible avec la fin de la crise. Plus important : nous allons forcément vers des rapports nouveaux. Il faudra garder la coopération, mais la rénover.

Vous évoquez la fin de la crise. A l'occasion de la récente rencontre de Yamoussoukro et pour la première fois depuis le début de la guerre, les acteurs ivoiriens se sont réunis en tête-à-tête. C'était important ? Utile ?

On s'est vu et on s'est parlé. Certains étaient partis s'asseoir à Paris, d'autres ont eu peur. Mais tous sont ici maintenant et le ciel ne leur tombe pas sur la tête. Il faut se débarrasser du pathos, de la peur et des frayeurs. La réalité, aujourd'hui, c'est que tout le monde comprend qu'il ne faut pas prendre le pouvoir par les armes. Ça ne paye pas toujours. Ca fait trois ans que je suis là, que je n'ai pas été renversé malgré toutes les tentatives. Cette rencontre devenait un passage obligé. Pour voir ce qu'on fait.

Vous avez le sentiment que la rébellion est aujourd'hui prête à aller aux élections ?

Je le souhaite. Et c'est ce qu'ils disent.

Ils le disent mais vous les croyez ?

Je n'ai rien d'autre à juger que les paroles prononcées. Je n'ai pas de raisons de ne pas les croire.

C'est donc le coeur léger que vous vous préparez à la venue à Abidjan du chef politique de la rébellion, Guillaume Soro ?

Ah oui. Nous allons mener des discussions positives. Rappeler que le désarmement doit être celui de tout le monde. Et puis, il y a les élections, notamment l'organisation des listes électorales.

La date d'octobre 2006 sera-t-elle maintenue ?

Oui. Je suis optimiste. Je serais même d'accord pour qu'on aille aux élections avant cette date. Je ferais tout ce que je peux pour que les élections aient lieu.

Le premier ministre, Charles Konan Banny, a pour responsabilité de mener le processus à son terme. Il a votre entière confiance ?

Mais bien entendu. Depuis que nous travai