Déclaration de Son Excellence Monsieur Charles KONAN BANNY, Premier Ministre, devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies.
28 Avril 2006 Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Permettez-moi, tout d’abord, de vous remercier pour l’occasion que vous m’offrez, ce matin, de m’adresser au Conseil de sécurité à un moment important du processus de paix en Côte d’Ivoire.
Je voudrais, ici, féliciter la Chine pour le travail accompli pendant sa présidence mensuelle du Conseil de Sécurité.
J’aimerais également vous adresser les salutations et la reconnaissance du peuple ivoirien, du Chef d’Etat, SEM. Laurent GBAGBO, et du Gouvernement de transition, que j’ai l’insigne honneur de conduire, pour l’intérêt que le Conseil de Sécurité ne cesse de manifester à l’endroit de la Côte d’Ivoire, depuis l’éclatement de la crise, le 19 septembre 2002.
Il me plait particulièrement de vous exprimer ma gratitude pour le soutien constant que vous apportez à mon Gouvernement et à moi-même, depuis notre prise de fonction, en 28 décembre 2005.
A cet égard, je me félicite de l’accueil et de l’attention que vous avez bien voulu réserver à mon Ministre des Affaires étrangères, à l’occasion de son récent passage ici, le 29 mars dernier.
La réunion de ce matin m’offre l’agréable opportunité d’exprimer les sincères remerciements et la reconnaissance du peuple ivoirien au Secrétaire Général des Nations Unies, M. Kofi ANNAN, pour tout ce qu’il fait pour aider la Côte d’Ivoire à retrouver la paix et la stabilité. Sa présence dans cette salle, ne ce moment précis, en est le témoignage.
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Vous connaissez mieux que quiconque, la situation de la Côte d’Ivoire, et notamment celle du processus de paix et de réconciliation engagé depuis la signature des différents accords de Linas Marcoussis, d’Accra et Pretoria, avant l’adoption, le 21 octobre 2005, de la résolution 1633 (2005) du Conseil de sécurité.
Avant cette date, le processus était en difficulté. D’ailleurs, cette résolution a du être adoptée pour, à la fin du mandat du Président de la République, continuer le processus de paix engagé, mais qui n’avait pas connu de progrès suffisant, pour permettre la tenue des élections au 31 octobre 2005. Les différents protagonistes ivoiriens ne parvenaient pas à poser des actes significatifs allant dans le sens du respect des délais fixés par les accords. Le manque de confiance était manifeste dans la classe politique et notamment entre les principaux leaders politiques ivoiriens. La plupart était hors du pays, certains craignaient même d’être à Abidjan. La situation sécuritaire était au plus bas niveau et le Gouvernement de réconciliation nationale ne fonctionnait pas de façon optimale.
C’est dans ce contexte que le Conseil de sécurité a adopté, sur proposition de la CEDEAO et de l’Union Africaine, la Résolution 1633 (2005).
Depuis l’adoption de cette résolution, et l’espoir qu’elle a créé, la Côte d’Ivoire apprend, sous l’impulsion du Gouvernement de transition, à vivre dans une nouvelle ère. Ce contexte nouveau a permis au processus de paix et de réconciliation de connaître une évolution significative. Même si les choses ne se passent pas à un rythme accéléré, comme nous le souhaiterions, et comme le souhaite la majorité des observateurs ainsi que l’immense majorité des Ivoiriens, la situation générale paraît actuellement relativement satisfaisante.
Plusieurs organisations et hommes d’Etat d’Afrique et d’ailleurs ont apporté leurs concours aux leaders politiques ivoiriens et au peuple de Côte d’Ivoire afin de permettre au processus de paix de connaître des avancées notables. A cet égard, je voudrais exprimer la reconnaissance de la Côte d’Ivoire à la CEDEAO et à son Président Mamadou TANDJA, à l’Union Africaine, à son Président, Son Excellence Monsieur Denis SASSOU N’GUESSO, sans oublier le Président sortant Son Excellence Monsieur OBANSANDJO et le Médiateur de l’Union Africaine, le Président Thabo M’BEKI, ainsi que les autres Chefs d’Etat pour le rôle positif qu’ils ont eu à jouer.
Naturellement, je voudrais souligner, encore une fois, le rôle de premier plan joué par le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Kofi ANNAN, et par son équipe basée en Côte d’Ivoire, auxquels je joins évidemment les Forces françaises de l’opération Licorne.
Grâce aux efforts de tous et au ¨tandem¨ que j’ai pu former avec le Chef de l’Etat, SEM. Laurent GBAGBO, mon Gouvernement a pu prendre plusieurs initiatives allant dans le sens de la réconciliation et du retour de la confiance, notamment les deux rencontres de Yamoussoukro, dont vous avez eu échos :
- Le séminaire gouvernemental sur la feuille de route, du 9 au 11 février 2006 ;
- La reprise du dialogue militaire ;
- L’organisation des examens dans les régions centre, ouest et nord ;
- L’ouverture de l’Université dans la ville de Bouaké ;
- La rencontre entre les quatre principaux dirigeants politiques ivoiriens que sont Messieurs Laurent GBAGBO, Henri Konan BEDIE, Alassane OUATTARA et Guillaume SORO, qui s’est tenue le 28 février 2006.
Cette dernière réunion, réalisée pour la première fois en terre ivoirienne, depuis le début de la crise, a permis aux participants d’aborder, en ma présence, les questions essentielles qui les préoccupaient et dont le règlement devrait donner une impulsion nouvelle au processus.
C’est ainsi qu’ils se sont prononcés sur des questions clés, et ont pris des décisions qui ont permis le retour de la confiance entre eux et au sein de la classe politique.
Cela s’est traduit par des progrès importants au plan politique, militaire, administratif et économique.
Sur le plan politique, le rétablissement du dialogue entre les leaders politiques a permis de faire tomber le mur de méfiance qui les séparait, de lever les obstacles qui bloquaient l’application des accords signés, et d’ouvrir la voie à la mise en œuvre des mesures préconisées par la Résolution 1633 (2005) du Conseil de sécurité et la Feuille de route du GTI.
Sur le plan militaire, et conformément aux décisions de la réunion des leaders, les anciennes forces belligérantes, encouragées par le climat de détente politique, ont, à leur tour, repris le cours de leurs échanges interrompus depuis plus d’un an, en vue de l’application du programme DDR. Ce contact inter Etats-majors était bien engagé lorsqu’un malheureux incident intervenu à Tiébissou, le 12 avril 2006, en a ralenti l’évolution. Il ne s’agit cependant pas d’une rupture définitive, car tout est mis en œuvre en vue d’une reprise prochaine de ces pourparlers.
Sur le plan administratif, l’esprit nouveau, né du Sommet de Yamoussoukro, a permis d’engager partiellement le processus de redéploiement de l’Administration dans les régions sous contrôle des Forces Nouvelles dans les domaines de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur.
Ainsi, il a été possible d’organiser, dans des conditions satisfaisantes, les examens scolaires, qui n’avaient pu se faire, depuis plus de trois ans, dans toutes les régions administrées par les Forces Nouvelles.
L’Université de la ville de Bouaké, place forte des Forces Nouvelles, a rouvert ses portes, le 28 mars 2006.
Cet arrêt forcé de l’enseignement dans ces régions a décuplé le désir des élèves de s’instruire. Et c’est avec une intense émotion que, lors de mon premier voyage à Bouaké début février 2006, j’ai lu les messages inscrits sur les pancartes que portaient les enfants et qui s’adressaient aux adultes que nous sommes : « Nous voulons aller à l’école », « Nous voulons des examens » .
Désormais, c’est chose faite, et je m’en réjouis avec les institutions spécialisées des Nations Unies qui appelaient à la reprise des cours et que je remercie au passage.
Sur le plan économique, l’apaisement du climat politique a redonné l’espoir aux opérateurs économiques que j’ai conviés, le 31 mars 2006, à un forum au cours duquel tous les problèmes liés à la poursuite et aux conditions d’exercer de leurs activités ont fait l’objet de franches discussions. Une véritable convergence de vues s’est dégagée à l’issue de nos travaux.
A l’occasion de ces assises, tous les partenaires du secteur ont insisté, entre autres, sur l’environnement sécuritaire dont la responsabilité première relève de l’autorité de l’Etat. Or, l’affaiblissement de celui-ci, consécutif à la guerre, rend extrêmement difficile l’accomplissement de cette tâche.
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellence Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Ces avancées que je viens d’évoquer doivent, à mon sens, s’inscrire dans une perspective irréversible. Il faut consolider ce climat de confiance qui revient progressivement.
Le processus de paix et de réconciliation se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins et la lecture que j’en fais, avec la communauté internationale, que vous représentez, est que le processus de sortie de crise évolue, certes lentement, mais sûrement dans la bonne direction. D’ailleurs, les récentes déclarations de votre Conseil l’attestent.
Si nous devons tous nous réjouir de l’évolution positive que connaît d’une manière générale le processus de paix, et nous en féliciter, force est de reconnaître que certaines résistances subsistent encore qui l’empêchent d’aller rapidement conformément au calendrier établi par la Feuille de route du GTI. Cela s’observe malheureusement au moment où le Gouvernement œuvre, avec détermination, à la résolution des problèmes fondamentaux, nés de la crise, et dont la solution doit permettre la création de conditions idéales en vue de l’organisation d’élections ouvertes, justes, démocratiques et transparentes en octobre 2006. A ce propos, je voudrais saluer l’arrivée en Côte d’Ivoire, le 19 avril 2006, de M. Gérard STOUDMANN, nouveau Haut Représentant des Nations Unies pour les Elections en Côte d’Ivoire, et l’assurer de la coopération pleine et entière de mon Gouvernement.
A ce stade du processus où des décisions importantes doivent être prises, je me permets d’appeler à la vigilance et au redoublement des efforts de tous en vue de la résolution des problèmes restants. A cet égard, je me félicite du contenu du 8ème Rapport du Secrétaire général sur la situation en Côte d’Ivoire, et notamment du paragraphe 74 de ce document, dans lequel, M. ANNAN se préoccupe du retard accusé par le processus et des conséquences que de nouveaux blocages pourraient entraîner, si les échéances fixées par la Résolution 1633 (2005) n’étaient pas respectées.
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Il faut aider à consolider les avancées politiques engagées par le Gouvernement ivoirien et à arriver à un véritable pacte de cohésion et de stabilité politique, ciment de tout processus de sortie de crise. Le temps est venu de transformer les efforts ponctuels en une action collective de la communauté internationale.
C’est pourquoi mon Gouvernement fait sien le souhait du Secrétaire Général des Nations Unies de voir renforcer davantage les capacités humaines, matérielles et financières de l’ONUCI afin de lui permettre d’assurer la sécurisation de tout le processus de sortie de crise, jusqu’à son terme.
Comme vous le savez, les étapes de ce processus tels que ceux du DDR, de la sécurité des opérations électorales et des populations lors des élections, nécessitent un environnement sécurisé et de confiance que seule une présence militaire dissuasive peut assurer.
Par ailleurs, l’importance des élections d’octobre 2006 pour la Côte d’Ivoire et pour la communauté internationale milite en faveur de la mise en place d’un dispositif qui puisse permettre que tout se fasse dans la transparence et la justice, afin d’éviter toute velléité de contestation des résultats des consultations électorales.
S’agissant particulièrement du renforcement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, je voudrais spécialement souligner que ce point constitue la préoccupation majeure de tous les Ivoiriens et, partant, du Gouvernement de la Côte d’Ivoire. En effet, non seulement il faudrait garantir la sécurité à Abidjan mais aussi à l’intérieur du pays, notamment à Bouaké et dans la région Ouest.
Cette région, comme vous le savez, fait frontière avec la République du Libéria qui partage beaucoup de similitudes ethniques et culturelles avec les populations de l’Ouest ivoirien. Assurer une bonne sécurité de cette partie de la Côte d’Ivoire équivaut à assurer davantage la sécurité du Libéria et renforcer le processus démocratique naissant dans ce pays.
Le cas échéant, tout débordement incontrôlé qui déstabiliseraient l’Ouest ivoirien auraient inévitablement des conséquences fâcheuses au Libéria, voire au-delà, en Sierra Leone. A cet égard, mon Gouvernement se réjouit du retour des Casques bleus de l’ONUCI dans cette région du pays. Il s’engage à leur assurer, ainsi qu’à toutes les forces impartiales, la liberté de mouvement et de travail.
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Je sais qu’un projet de Résolution portant sur l’augmentation des effectifs de l’ONUCI est en cours d’élaboration au sein du Conseil. Si mon Gouvernement salue cette initiative, il serait souhaitable cependant que le nombre des Casques bleus supplémentaires devant être mis à la disposition de l’ONUCI se rapproche, le plus possible, de celui demandé par le Secrétaire général. Ainsi l’ONUCI pourrait être capable d’apporter un soutien dynamique et efficace au Gouvernement dans la mise en œuvre de la Feuille de route du GTI.
Pour toutes ces raisons, je voudrais vous prier, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, de soutenir la proposition du Secrétaire général et de l’examiner très favorablement.
Sachez cependant que je reste, convaincu que sans la ferme volonté politique des principaux acteurs de la crise et de tous les Ivoiriens, de sortir la Côte d’Ivoire du conflit actuel, aucune présence militaire, aucune pression internationale ne peuvent régler la crise que traverse le pays. Mais il est aussi vrai que sans le soutien de la communauté internationale, les Ivoiriens ne pourront pas, tout seuls, régler tous les problèmes majeurs du conflit ivoirien.
Oeuvrons donc tous ensemble, pour le retour à la paix en Côte d’Ivoire, pour que rien ni personne ne nous fasse revenir en arrière. C’est dans cet esprit que j’invite également tous nos partenaires internationaux, et notamment ceux des secteurs du développement, au respect de leur engagement conformément au point 3 du Chapitre 8 de l’Accord de Linas Marcoussis portant sur le redressement économique et la nécessité de la cohésion sociale. Celui-ci stipule en effet que « la Table ronde de Linas Marcoussis recommande aux Institutions internationales et aux partenaires au développement internationaux d’apporter leur concours au processus de redressement de la Côte d’Ivoire ».
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Je vous sais infiniment gré de votre accueil et de l’attention que vous avez bien voulu m’accorder.
Je vous remercie.
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COMMUNIQUE FINAL DE LA 6ème REUNION DU GTI.
21 Avril 2006 Sortie de crise
1. La 6ème réunion ministérielle du Groupe de travail international (GTI) s’est tenue à Abidjan le 20 avril 2006, sous la co-présidence de SEM Rodolphe Adada, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Francophonie du Congo et de M. Pierre Schori, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire.
COMMUNIQUE FINAL DE LA SIXIEME REUNION MINISTERIELLE
DU GROUPE DE TRAVAIL INTERNATIONAL SUR LA COTE D’IVOIRE
Abidjan, le 20 avril 2006
1. La 6ème réunion ministérielle du Groupe de travail international (GTI) s’est tenue à Abidjan le 20 avril 2006, sous la co-présidence de SEM Rodolphe Adada, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Francophonie du Congo et de M. Pierre Schori, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire. Etaient présents, des ministres de la France, du Ghana, de la Guinée, du Nigeria, de la République sud-africaine, ainsi que le commissaire Paix et Sécurité de l’Union africaine, le Haut représentant des Nations unies pour les élections en Côte d’Ivoire, le Secrétaire exécutif de la CEDEAO et les Représentants des Etats-Unis d’Amérique, du Bénin, du Niger, du Royaume-Uni, de l’Union africaine, de l’Union européenne et de l’Organisation Internationale de la Francophonie.
2. Le groupe a examiné le rapport du groupe de médiation. Il a également entendu le Premier ministre, le coordonnateur général du Programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion (PNDDR), le président de la Commission électorale indépendante (CEI) et le président par intérim de la Commission nationale de supervision de l’identification (CNSI).
3. Tout en relevant les progrès réalisés, le groupe a exprimé sa vive préoccupation face aux
retards pris dans le démarrage d’activités essentielles pour la mise en œuvre effective de la feuille de route. A cet égard, le groupe souligne qu’à mi- parcours du processus, le temps presse. En ce sens, il partage la préoccupation du Secrétaire général des Nations unies exprimée au paragraphe 74 de son huitième rapport sur l’ONUCI quant au retard dans le processus de paix et aux conséquences que de nouveaux blocages pourraient entraîner si les échéances fixées n’étaient pas tenues.
4. Animé de ce souci de l’urgence et conformément aux échéances fixées par la résolution 1633 du Conseil de sécurité, notamment la tenue des élections au plus tard le 31 octobre 2006, le groupe a mis l’accent sur les éléments suivants:
a)- il a rappelé que les principaux dirigeants politiques ivoiriens ont accepté lors de leur réunion du 08 avril 2006, sous l’égide du Président Denis Sassou N’guesso, président de l’Union africaine, l’organisation concomitante et immédiate des opérations de désarmement et d’identification;
b)- le Gouvernement de réconciliation nationale devra prendre à cet effet toutes dispositions nécessaires en vue d’accélérer les opérations concomitantes de désarmement et d’identification;
c)- le processus d’identification des citoyens permettra l’établissement de listes électorales fiables de nature à conduire à des élections libres, justes, ouvertes et transparentes.
d)- le Groupe s’inquiète du coup d’arrêt donné au dialogue entre les états-majors des FANCI et des Forces nouvelles et les encourage vivement à rétablir, sous l’impulsion du gouvernement, les conditions nécessaires à son bon déroulement, en vue d’assurer le démarrage effectif du processus de DDR et de démantèlement des milices, dans les
plus brefs délais ;
e)- la réussite des opérations d’identification et de désarmement exige l’engagement politique actif et irréversible des acteurs politiques. A cet égard, le Groupe demande instamment à toutes les parties ivoiriennes de sensibiliser leurs sympathisants à la nécessité impérieuse de respecter tous les engagements pris au cours des réunions de Yamoussoukro 1 et II.
5- Face à la persistance des violations des résolutions 1633 et 1643, relevées par le huitième rapport du Secrétaire général des Nations unies au Conseil de sécurité sur l’ONUCI, le GTI invite le comité mis en place par la résolution 1572 à en identifier les responsables et à ne pas hésiter à recourir aux mesures appropriées.
6- Le Groupe a accueilli M. Gérard Stoudmann en sa qualité de nouveau Haut représentant des Nations unies pour les élections en Côte d’Ivoire. Le Groupe invite toutes les parties à coopérer avec ce dernier en vue d’accélérer les préparatifs conduisant à la tenue d’élections crédibles.
7- Le Groupe se félicite du redéploiement des troupes de l’ONUCI à l’Ouest du pays et
demande aux autorités et communautés locales de continuer de coopérer étroitement avec la
mission Nations unies, notamment en respectant la liberté de mouvement des forces impartiales.
8- Le Groupe recommande que le Conseil de sécurité fournisse dès que possible à l’ONUCI les moyens nécessaires supplémentaires à l’accomplissement de sa mission.
9- Le Groupe tiendra sa prochaine réunion le 19 mai 2006 en Côte d’Ivoire.
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Source : FRATERNITE MATIN du 21.04.06
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COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 29 MARS 2006.
3 Avril 2006 Le Conseil des ministres a tenu sa séance hebdomadaire le mercredi 29 mars 2006 de 12 H à 14 H 20, au Palais présidentiel sous la Présidence effective de Son Excellence Laurent Ggagbo, Président de la République, Chef de l’Etat. Le Conseil a eu à examiner des projets de décrets et diverses communications.
1. Au titre des décrets
Sur présentation des ministres concernés, le Conseil des ministres a adopté les différents décrets portant organisations du ministère des Mines et de l’Energie et du ministère de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat. Le Président de la République a en outre signé des décrets portant nomination des Directeurs centraux du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique et du ministère de la Culture et de la Francophonie.
2. Au titre des Communications
2.1. Le Premier Ministre
Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement, ministre de l’Economie et des Finances, ministre de la Communication a présenté une communication relative au forum économique. Cette importante réunion prévue à Ivoire Golf Club d’Abidjan le 31 mars 2006, a pour objet de permettre les échanges entre les opérateurs économiques, le Gouvernement et les principales administrations impliquées dans la gestion des secteurs économiques. Il s’agit pour le Premier Ministre d’écouter et de recueillir les problèmes majeurs et les propositions des opérateurs économiques. Ces préoccupations feront l’objet d’une analyse minutieuse du gouvernement afin d’arrêter des mesures idoines de relance de l’économie ivoirienne.
Ce forum qui constitue un véritable dialogue économique s’inscrit dans le cadre de la feuille de route du Premier Ministre et des recommandations du séminaire gouvernemental. Faisant suite au dialogue politique déjà engagé à Yamoussoukro entre le Président de la République et les principales forces politiques d’opposition, ce forum devra contribuer au processus de sortie de crise.
Ensuite, Monsieur le Premier ministre a rendu compte au Conseil des ministres de la rencontre de travail qu’il a eue avec les forces politiques signataires de l’accord de Linas-Marcoussis. Il s’est agi pour le Chef du gouvernement d’informer ces forces politiques de l’avancement de la mise en œuvre de la feuille de route élaborée par la communauté internationale et de solliciter la contribution de tous les acteurs pour le déroulement serein des étapes futures. Le Premier ministre et les participants à cette réunion ont saisi l’occasion pour lancer un appel pressant à toutes les composantes de la communauté nationale et en particulier à la presse pour inscrire leurs actions dans l’esprit de la réconciliation et de la réunification du pays. Pour terminer Le Premier ministre a informé le Conseil des ministres de la dixième (10ème) session du Sommet des Chefs d’Etat de l’UEMOA tenue le 27 mars 2006 à Niamey (Niger). Il ressort de cette assise que la zone UEMOA a connu une meilleure situation économique et financière en 2005 en dépit de l’inflation due à la montée des cours mondiaux du pétrole brut. Les Chefs d’Etat de l’UEMOA, mesurant l’importance de l’agriculture dans l’Economie de l’Union ont décidé de la création d’un Fonds communautaire du développement agricole. Enfin le sommet de Niamey a reconduit les dispositions intérimaires pour le Gouverneur de la BCEAO et pour le président de la BOAD.
Ces résultats, fruit de la sagesse africaine, ont permis à l’union de maintenir sa cohésion en vue de continuer à jouer le rôle d’instrument de politique monétaire qui lui est dévolu. Le Président de la République a tenu à féliciter le Premier ministre pour sa participation décisive à cette assise et à rappeler que pour la Côte d’Ivoire, la BCEAO doit sauvegarder la crédibilité de la monnaie commune à travers la réserve d’exportation.
2.2. Le ministre d’Etat, ministre du Plan et du Développement a fait une importante communication relative à la déclaration de politique nationale d’aménagement du territoire. La politique d’aménagement du territoire est un axe prioritaire du programme du Gouvernement pour réaliser la cohésion sociale et promouvoir l’espace national, en impliquant les acteurs locaux et en intégrant les dynamiques régionales en cours au sein de l’Union africaine, de la CEDEAO, et de l’UEMOA. Comme telle, elle demeure fondamentale pour le développement harmonieux du pays et devrait participer de l’effort de réconciliation, de la reconstruction et de la consolidation de l’unité nationale. En vue d’atteindre ces objectifs, le gouvernement définira un mécanisme de financement de la politique nationale d’aménagement du territoire à travers le Fonds d’appui à l’aménagement du territoire (FAAT). Par la suite, le Gouvernement élaborera un projet de loi d’orientation sur l’Aménagement et le développement du territoire qui sera soumis à l’Assemblée nationale. Il faut noter que la présente déclaration intervient en application de la décision du sommet des Chefs d’Etat de l’UEMOA et que son élaboration s’est effectuée de manière participative impliquant les principaux ministères et acteurs concernés.
2.3 Le ministre de l’Intérieur a présenté une communication relative à la situation sécuritaire sur la période du 1er au 16 mars 2006. Il ressort de cette communication que la criminalité violente se caractérise principalement par des braquages de véhicules qui connaissent une progression même si, fort heureusement la plupart des véhicules braqués sont retrouvés aussitôt et remis à leur propriétaire. Face à cette situation préoccupante, le Premier Ministre, Chef du gouvernement, Ministre de l’Economie et des Finances et Ministre de la Communication a pris des mesures pour doter la police judiciaire des moyens de mobilité notamment en véhicules en vue de réduire conséquemment sinon d’anéantir ce fléau. Le Premier ministre, tout en assurant de sa volonté de continuer à améliorer la capacité d’action des Forces de défense et de sécurité, en appelle à l’esprit de prudence et de vigilance de la population pour éviter certains pièges des malfaiteurs.
Pour la suite, le Président de la République, observant que l’essentiel de la criminalité concerne les véhicules, a encouragé le Premier Ministre à continuer les efforts pour maîtriser au mieux cet indicateur de sécurité. Le Conseil des ministres a adopté les conclusions de cette communication.
2.4. Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a présenté une communication relative à la stratégie d’organisation des audiences foraines. Il ressort de cette communication que les audiences foraines sont rendues indispensables en raison de l’accroissement notable de personnes non déclarées à l’état civil, à qui, il faut délivrer les jugements supplétifs d’actes de naissance. Cette opération de grande envergure concerne les personnes âgées de 13 ans révolus et sera réalisée sur toute l’étendue du territoire national. Elle mettra à contribution 150 magistrats et 150 greffiers et sera supervisée par des organes composés des administrateurs, des élus et des représentants locaux de l’ONI.
L’audience foraine devra être accompagnée d’une forte sensibilisation, des mesures financières adéquates et devra s’exécuter selon des modalités et pratiques transparentes. En raison de l’importance du sujet et afin d’assurer l’efficacité et la fiabilité de ces audiences foraines, le Président de la République a demandé au Premier ministre d’approfondir les réflexions.
2.5. Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a présenté une communication relative à l’évaluation de l’opération “Abidjan Ville propre”. Pour marquer sa grande préoccupation face à l’insalubrité de la ville d’Abidjan, le Gouvernement, à travers le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a initié le 26 janvier 2006 l’opération dite “Abidjan Ville propre 2006” pour une période de 5 semaines afin de remédier aux problèmes d’accumulation des ordures ménagères dans toutes les communes d’Abidjan. Il convient de noter que cette opération tout en respectant les obligations financières de l’Etat, a été menée autour d’un protocole d’accord rassemblant les opérateurs économiques, le District d’Abidjan, l’UVICOCI et le Gouvernement. Cette opération a eu un impact positif sur la salubrité du District d’Abidjan et a permis des mesures d’assainissement ciblées sur des sites sensibles.
En attendant la mise en place d’un cadre institutionnel susceptible d’engendrer un mécanisme de gestion technique et de financement pérenne de collecte et de traitement des ordures, le Gouvernement a adopté les conclusions de cette communication, notamment :
- la prolongation de l’opération “ Ville Propre 2006 ” sur une période de 5 semaines supplémentaires ;
- l’organisation d’une table ronde pour asseoir une politique à moyen et à long terme ;
- la prise en charge des arriérés et tous les autres frais en rapport avec l’opération.
Le Président de la République a tenu à féliciter le ministre pour les résultats acquis et à l’encourager à mettre en œuvre les mesures adoptées.
2.6. Le ministre des Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication a fait une communication relative au projet de Gouvernement Indien/Union Africaine dénommée “ Réseau Panafricain des services en ligne ”. Le projet panafricain des services en ligne est un réseau de télécommunication couvrant les cinquante trois (53) pays de l’UA et relié à l’Inde par fibre optique d’une part et par satellite d’autre part. Ce projet qui s’inscrit également dans le cadre du NEPAD présente des applications dans le domaine de l’Education, de la médecine et de la diplomatie.
Après délibération, le Conseil des ministres a adopté les conclusions relatives aux aspects techniques de la communication.
2.7. Le Ministre des Mines et de l’Energie a porté à la connaissance du Conseil des Ministres, l’élection de Monsieur Joël DERVAIN, Directeur Général de la SIR en qualité de Président de l’Association des raffineurs (ARA) lors du congrès constitutif tenu du 21 au 23 Mars 2006 à Cape Town en Afrique du Sud. Le Président de la République, le Premier Ministre et l’ensemble du Gouvernement adressent les félicitations appuyées à Monsieur DERVAIN dont l’élection à la tête de cette association regroupant 39 pays, dénote des performances de la SIR.
2.8. En raison du forum économique organisé par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Conseil des ministres a autorisé le ministre à reporter au mois d’Avril 2006 la tenue de la table ronde sur la relance post-crise du commerce.
2.9. Enfin, le Conseil a donné son agrément pour la nomination du Directeur de Cabinet du ministre de la Culture et de la Francophonie.
Je vous remercie.
Fait à Abidjan, le mercredi 29 mars 2006
Le Porte-parole du Gouvernement par intérim
Docteur Alphonse DOUATI
Ministre de la Production animale et des Ressources halieutiques
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Source : www.presidence.ci