Mai 2006

Yamoussoukro - Capitale de la République de Côte d'Ivoire : Le Président SEM Laurent GBAGBO inaugure la Maison des Députés.

30 Mai 2006

Toute la République était samedi à Yamoussokro pour réceptionner l’hôtel des députés. Un joyau architectural fruit de la coopération ivoiro-chinoise. Un pas décisif sur le chemin du transfert de la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire d’Abidjan à Yamoussokro.
Il est quatorze heures dix-sept minutes, ce samedi 27 2006. Le soleil qui chauffait jusque-là Yamoussoukro de ses rayons a fait place à temps plus doux, suite à une fine pluie qui venait d’arroser la ville. Sur la gigantesque esplanade de l’Hôtel des députés qui va être réceptionné les instants suivants, l’ambassadeur de la République populaire de Chine en Côte d’Ivoire Son Excellence Ma Zihxue, prononce cette phrase : “Monsieur le président de la République, au nom du gouvernement chinois, je vous remets la clé de la Maison des députés de Côte d’Ivoire”. Tonnerre d’applaudissement. Le président Laurent Gbagbo, visiblement heureux, brandit fièrement la clé symbolique que vient de lui remettre le diplomate chinois. Une clé vachette en bois d’une cinquantaine de centimètre de long, ceinte d’un ruban rouge. A chaque geste du Président ivoirien pour présenter la clé au nombreux public, les applaudissements vont de plus bel. Sur tous les visages, se lit la joie. Mais aussi et surtout un sentiment de fierté. Tellement l’immense bâtisse sortie de terre à l’est de la cité des lacs, au bout de vingt trois ans de travaux, séduit par sa beauté et fait pâlir d’admiration tous ceux qui la découvrent. Le Président de la République pouvait alors remercier sincèrement la République populaire de Chine pour son amitié, pour sa fidélité, et pour la nature de sa coopération qui fait une place importante au respect des peuples. A la souveraineté des Etats.
Et le président Gbagbo de rappeler qu’à son arrivée à la tête de l’Etat, il avait pris l’engagement de transférer la capitale le plus rapidement possible d’Abidjan, non seulement pour donner un contenu à la loi N° 83-242 du mars 1983 qui avait décidé de son transfert à Yamoussoukro mais aussi pour que les nombreux investissements faits par l’Etat ivoirien dans cette ville ne tombent pas en ruine. C’est alors qu’il avait décidé de faire travailler les députés soit à la Fondation Félix Houphouet-Boigny, soit, à la Maison du PDCI et de les loger à l’Hôtel Président qui s’est avéré trop insuffisant. Le président Gbagbo a dit s’être alors tourné vers l’ambassadeur Zao Bao Zen avec qui les négociations ont abouti à l’accord de financement de l’hôtel des députés de Yamoussoukro. C’est pourquoi, au terme de ce partenariat exemplaire, le Président de Gbagbo a tenu à rendre un vibrant hommage à la Chine. “Je voudrais dire merci et bravo à nos amis chinois. Monsieur l’ambassadeur dites à votre président que nous ne sommes pas des ingrats en Côte d’Ivoire. Non seulement, comme beaucoup d’autres, vous ne nous avez pas laissés tomber parce qu’il y a la crise, non seulement vous avez pris fait et cause pour nous aux Nations unies sur la base de notre souveraineté, mais vous êtes restés pour travailler à Yamoussoukro. Dites à votre président que chez nous, on dit que s’il entend un coq chanter c’est la Côte d’Ivoire qui le salue”, a entamé le numéro un ivoirien dans un tonnerre d’applaudissements. Avant de dénoncer l’incohérence et l’inconséquence qui a caractérisé la démarche de certains pays et la soit disant communauté internationale dans la crise que connaît son pays. “Au début de la guerre, certains amis du FMI, de la Banque mondiale, du PNUD sont venus me voir pour me dire qu’ils vont suspendre leur coopération avec nous. Je leur ai dit ceci : vous dites que nous avons raison. Que vous condamnez toute tentative de prise de pouvoir par les armes, mais que vous suspendez votre coopération. Qu’est-ce que cela veut dire? Ils m’ont répondu que c’étaient les règles de fonctionnement de ces institutions. Je leur ai dit que c’étaient de mauvaises règles. Parce que la solidarité internationale doit se manifester au profit de celui qui a raison. De celui qui est constitutionnellement établi. Si vous ne soutenez pas celui qui est constitutionnellement établi, c’est que vous soutenez la rébellion. Je suis fier que les Chinois ne soient pas partis”, a martelé le chef de l’Etat. Dénonçant au passage l’amitié à géométrie variable qui veut qu’on soit ne soit ami qu’en période d’abondance. “L’ami, on ne le vilipende pas”, a-t-il insisté. Au grand bonheur de l’assistance où chacun murmurait le nom de la France qui prétend être l’amie de la Côte d’Ivoire alors qu’elle tente de la décapiter depuis bientôt quatre ans.
L’hypocrisie française était d’autant plus dans les esprits que pour une si grande cérémonie à laquelle de nombreux ambassadeurs ont pris part l’absence du représentant de Chirac n’est pas passée inaperçue. Et pour montrer la solidité des liens d’amitié entre la Chine et la Côte d’Ivoire, le Président Gbagbo a utilisé une formule bien ivoirienne. “Monsieur l’ambassadeur de Chine, chez nous, quand une fille t’aime trop elle dit chéri, ton pied mon pied. Maintenant, votre pied notre pied”, a terminé le chef de l’Etat. Non sans avoir rappelé sa volonté de faire de Yamoussoukro une ville paisible, sans histoire. En tout cas pas comme Abidjan. “Yamoussoukro doit être pour Abidjan ce que Bonn a été pou Berlin. Ce que Austin est pour Dallas dans le Texas”.
Avant lui, l’ambassadeur de la Chine a réaffirmé l’engagement de son pays à travailler avec les autorités et le peuple ivoirien sur le chemin du progrès. Pour leur part, le maire de la commune de Yamoussokro, Jean Gnrangbé Kouakou, le gouverneur du District Apollinaire N’Dri, le ministre de la Réconciliation et des Relations avec les institutions, Sébastien Dano Djédjé, ont tous exprimé leur émotion devant l’engagement du chef de l’Etat à traduire dans les faits le rêve du président Houphouet. Ils ont tous vu dans l’engagement politique du président Gbagbo un acte fort de consolidation de la nation ivoirienne en construction. Quant au patron de l’unité d’exécution du programme spécial de transfert de la capitale à Yamoussoukro, Antoine Dégri Dally, il s’est fait un plaisir de présenter le bijou. Un bâtiment de six niveaux, bâti sur un terrain de huit hectares avec deux hectares effectivement occupés par l’immeuble. Un hôtel trois étoiles d’un coup global de 22,7 milliards, dont un peu plus de 16 milliards financées par la partie chinoise (lire la description). Pour ce travail bien fait M. Dégri et plusieurs de ses collaborateurs, ainsi que plusieurs travailleurs chinois ont bénéficié de la reconnaissance de l’Etat qui les a décorés. La fête s’est achevée par une visite guidée de ce nouveau palace qui fait la fierté de Yamoussoukro et montre bien que le transfert de la capitale politique et administrative d’Abidjan à Yamoussoukro est bien entalé.


Envoyé spécial
Guillaume T. Gbato
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Article paru dans : NOTRE VOIE du 29.05.06
Source : www.abidjan.net