Aout 2003

Déclaration de Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République.

27 Aout 2003

"Que les commanditaires et leurs complices soient démasqués et jugés."

"Mes chers compatriotes,
Vous vous souvenez sans doute de mon discours du 7 février 2003. Constatant dès mon retour de Paris, après la réunion de Kléber, les vives réactions à l’encontre de ce qu’il est convenu d’appeler “les accords de Marcoussis ”, je vous exhortais au calme et à la patience en vous invitant à essayer, faute de mieux, ce “ médicament ”.
Dans cette logique, nous nous sommes engagés résolument sur la voie de la paix et de la réconciliation nationale. Dois-je rappeler cependant qu’il était important à mon sens de conduire ce processus dans le strict respect, à la fois de la Constitution, socle de nos Institutions, et des engagements pris par les partis politiques et les mouvements de la rébellion.
A cet égard, il me faut souligner la part de sacrifices que j’ai moi-même consentis en démettant aussitôt mon Premier ministre en exercice et son gouvernement auxquels, encore une fois, je n’avais rien à reprocher.
En leurs lieu et place, j’ai désigné un Premier ministre de consensus pour permettre la formation d’un nouveau gouvernement dit de “réconciliation nationale ”.
En outre, toujours au nom de la paix, j’ai pris un décret, en exécution du compromis de Marcoussis pour conférer par délégation, des pouvoirs étendus au nouveau Premier ministre. Mieux, j’ai accepté dans ce gouvernement la présence des ministres issus des mouvements rebelles (MPCI , MPIGO et MJP) au même titre que toutes les forces politiques légales de Côte d’Ivoire.
Au surplus, contrairement à ma profession de foi de veiller scrupuleusement au respect de la séparation des pouvoirs, j’ai dû plaider auprès du Parlement en faveur de la loi d’amnistie votée le 06 août 2003.
En application de cette loi que j’ai aussitôt promulguée le 08 août, j’ai instruit le ministre de la Défense par intérim de prendre immédiatement un arrêté en vue de la réintégration de tous les militaires bénéficiaires de cette loi. Comme tous les Ivoiriens, je m’attendais donc à d’autres avancées dans le processus de réconciliation nationale et au retour progressif de la paix.
Nous étions dans cette attente, lorsque les Services des renseignements ivoiriens, dans une parfaite collaboration avec les Services français, ont porté à ma connaissance un projet d’actions terroristes visant au renversement de nos Institutions.
Ce projet consistait notamment à attenter à ma vie et à assassiner mes principaux collaborateurs.
Mes chers compatriotes,
Je puis vous affirmer que depuis la fin de la semaine dernière, la collaboration entre les Services ivoiriens et français a abouti à l’interpellation simultanée en Côte d’Ivoire et en France des personnes impliquées dans cette entreprise terroriste.
C’est le lieu d’adresser nos vifs remerciements aux autorités françaises au plus haut niveau dont le précieux concours a permis de faire échec à cet énième projet de destabilisation de notre pays, la Côte d’Ivoire.
Je rappelle que depuis le début des événements du 19 septembre 2002, la France s’est constamment tenue à nos côtés en déployant plus de 4000 de ses soldats pour appuyer les efforts de paix de la communauté internationale en Côte d’Ivoire.
Comment ne pas donc condamner la mort de deux militaires français lâchement assassinés hier (Ndlr : lundi) dans l’exercice de leur mission sur le lac de Kossou par les rebelles ? Je salue naturellement la mémoire de ces victimes et présente les condoléances de la Côte d’Ivoire à la France et aux familles des disparus.
Mes chers compatriotes,
La Côte d’Ivoire ne peut demeurer indéfiniment dans ce cycle des menaces de coups d’Etat à répétition.
C’est pourquoi, je souhaite que les investigations liées à cet autre projet de destabilisation soient menées avec diligence, rigueur et sérieux afin d’en démasquer tous les commanditaires et leurs complices quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent.
Au demeurant, les événements de ces derniers jours prouvent, si besoin était, que les entraves au processus de paix et de réconciliation nationale ne sont pas et ne seront jamais de mon fait. Aussi, quelle que soit la gravité des faits, je reste persuadé que nous devons coûte que coûte demeurer sur la voie de la paix dans laquelle nous nous sommes sincèrement engagés.
Je vous invite donc à faire confiance à la justice et à croire en l’avenir de notre pays.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire."

Paru dans le Quotidien FRATERNITÉ MATIN du mercredi, 27 août 2003.


Conférence prononcée par SEM l'Ambassadeur KOUAME N'Goran, à l'occasion de "La Nuit de la Fraternité et de la Paix en Côte d'Ivoire" à Bâle, le samedi 9 août 2003.

11 Aout 2003

Thème : "Crise en Côte d'Ivoire - processus de paix et perspectives".

Monsieur le Président du Grand Conseil du Canton de Bâle,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement du Canton de Bâle,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Honorables invités,
Chers Amis de la Côte d'Ivoire,
Mesdames et Messieurs les membres de l’Association des Trois Frontières
Frères et Sœurs ivoiriens,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,


Avant tout propos, je voudrais, au nom de mon collègue et frère, l'Ambassadeur BEKE DASSYS Claude, Représentant Permanent de Côte d'Ivoire près l'Office Européen des Nations-Unies à Genève, au nom de nos collaborateurs et en mon nom personnel, vous adresser notre salut fraternel et amical. J’exprime toute notre profonde reconnaissance à l'Association des Ivoiriens des Trois Frontières, d'avoir bien voulu nous associer si étroitement à cette manifestation pleine d'émotions et de souvenirs pour la Côte d'Ivoire, notre cher pays, la deuxième manifestation du genre après celle qui nous a réunis à Zürich il n’y a pas si longtemps.

Je voudrais également saluer la présence nombreuse et variée des amis de la Côte d'Ivoire, en particulier Monsieur Leonhard BURCKHARDT, Président du Grand Conseil du Canton de Bâle, les membres du Gouvernement, notamment Mesdames Loli VISCHER et Angela BRYNER, du Département Migration et Intégration, ainsi que des invités venus d’horizons divers, abandonnant leurs nombreuses occupations et autres activités de fin de semaine, pour méditer avec nous, l'espace d'une nuit sur la situation exceptionnelle que traverse notre pays depuis le 19 septembre 2002, nous témoigner leur fidèle amitié, leur sympathie et leur solidarité, au moment où, en Côte d'Ivoire, nos populations et nos familles affligées et meurtries, attendent soutien et réconfort. Chers amis de la Côte d’Ivoire, merci de votre présence réconfortante".

Je tiens à présent à féliciter chaleureusement les artisans de cette "Nuit de Fraternité et de Paix en Côte d'ivoire", particulièrement Monsieur Lancina DOUMBIA, Président de l'AI3F que je salue très amicalement et tous les organisateurs, pour la grandeur et la noblesse de leur initiative, ainsi que pour la qualité de leur organisation. Connaissant le dynamisme et le dévouement dont a toujours fait montre la Communauté ivoirienne du Canton de Bâle, je ne suis guère surpris.

L'AI3F est en effet, à l’instar de celle de Zurich, l'une des rares Associations ivoiriennes dans toute la Confédération Helvétique, à œuvrer avec réalisme et efficacité dans la solidarité, au rayonnement de notre pays, sans coloration politique, ethnique, clanique, religieuse et sociale. Puisse cette fibre patriotique et ce dynamisme faire école chez nos compatriotes des autres Cantons!

Frères et sœurs ivoiriens, venus si massivement de près comme de loin, répondre à l'invitation des organisateurs, votre participation témoigne éloquemment du souci légitime qui vous habite quotidiennement pour l'avenir de notre pays, dont l'admirable et paisible parcours se trouve brutalement et injustement compromis par la guerre. Je vous en remercie et vous exhorte à rester dignes et solidaires pour l'action commune à mener, comme vous avez toujours su le faire. Car cette Nuit dite de Fraternité et de Paix, devra être, à mon sens, l'expression d'un cri de cœur pour l'ensemble des ivoiriens de la diaspora, particulièrement en Suisse, un cri de cœur qui s'adresse certes à ceux qui souffrent dans leur chair et leur âme mais aussi, à nos frères qui ont préféré le langage des armes au dialogue qui, comme on nous l'a enseigné, est l'arme des forts.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, le thème qui m'a été proposé pour la circonstance par les organisateurs pour orienter notre méditation, à savoir : "Crise en Côte d'Ivoire - Processus de paix et perspectives", m'a interpellé en ma double qualité de citoyen ivoirien et d'Ambassadeur de Côte d’Ivoire, qualité qui m'impose le devoir de vérité et de franchise, afin d'apporter quelques éclairages sur cette crise et ses conséquences, ainsi que sur l'avancée de la dynamique de paix et ses effets subséquents que sont la réconciliation et la reconstruction nationales.

Bien que tenu par ce devoir de vérité et de franchise, il ne me paraît cependant pas nécessaire, en cette nuit d'émotions et de souvenirs, de vous infliger un rappel magistral et fastidieux de la genèse et des nombreuses conséquences douloureuses de cette horrible guerre absurde, que vous avez suivie au jour le jour, par la magie des technologies modernes d'informations. Car, près de 10 mois de guerre ne sauraient se résumer en quelques lignes.

Je me contenterais, plus pour éveiller vos esprits que pour vous attrister, de rappeler sommairement à votre mémoire, que la Côte d'Ivoire, ce pays d'Afrique de l'Ouest, jadis havre de paix et de stabilité politique, pays d'hospitalité et de relative prospérité, locomotive en maints domaines de la Sous-région ouest-africaine, ce pays modèle à tous égards, et à la réussite exemplaire que d'aucuns ont convenu d'appeler miracle ivoirien, ce pays qui abrite en réalité plus de 30% de populations étrangères et qui continue d’accueillir comme naguère malgré la crise, des centaines de milliers de réfugiés fuyant les atrocités, les persécutions chez eux, ce pays que beaucoup parmi vous ont connu pour y avoir séjourné, soit pour affaires, soit pour des vacances, ou tout simplement pour y travailler, ou y vivre, ce pays de paix et de progrès, poumon économique de la sous-région et qui s'est ouvert sur la voie de la démocratie, ce pays la Côte d'Ivoire, est aujourd'hui méconnaissable, mutilé qu'il est par cette guerre fratricide .

En effet, depuis le 19 septembre 2002, notre Patrie notre beau pays est victime d'une agression orchestrée et mise en oeuvre par des éléments lourdement armés venus du Burkina-Faso voisin, dans le but de prendre le pouvoir d'Etat par la force et la violence. Ces agresseurs composés de déserteurs de l'armée ivoirienne suite à la transition militaire chaotique de 10 mois, mais également de mercenaires venus de pays de la sous-région, se sont attaqués de façon concertée à Korhogo, Bouaké, et Abidjan, trois villes situées respectivement au Nord, au Centre et au Sud du pays faisant de nombreuses victimes.

Que dire des scènes effroyables, des atrocités sans épithètes commises dans des villes et villages, jusqu'aux moindres petits hameaux, pillés, saccagés, incendiés et vidés de leurs habitants par des actes de barbarie d'une autre époque, que l'on n'aurait jamais imaginés dans ce pays de paix et de tolérance, barbarie perpétrée par des hommes sans cœur ni loi? Que dire des familles entières décimées, des corps inertes, des femmes violentées, sauvagement violées ou éventrées, des bébés égorgés? Que dire des hommes et des femmes violés à qui l'on a sciemment et volontairement inoculé le virus du SIDA, et des enfants amputés, égorgés ou décapités, des hommes et des femmes de tous âges abandonnés sans recours ni secours? Et j'en passe.

Emotions et souvenirs, ai-je-dit, car des Ivoiriens naguère pourvoyeurs de gîtes et de couverts à des réfugiés étrangers massacrés, fuyant les affres de la guerre et de la persécution chez eux, des Ivoiriens dis-je, sont devenus aujourd'hui des "Sans abris ni domiciles fixes, des déplacés de guerre, des réfugiés chez eux, sur leur propre sol, qui dans des centres d'accueil de fortune aux conditions sanitaires précaires, qui chez des parents ou amis loin des zones de guerre, venant grossir une population déjà très dense dans les zones sous contrôle gouvernemental, vivant dans la promiscuité et dans un état de dénuement total, se contentant de pitance à peine disponible. Et, là où le bât blesse le plus, et ici je parle sous le contrôle de notre Ambassadeur au Nation Unies à Genève, des Ivoiriens qui, il n’y a pas si longtemps faisaient l’objet de louanges et de satisfecits de la part des Autorités du H.C.R. (Haut Commissariat au Réfugiés), pour la qualité de leur accueil, accueil à l’ivoirienne je dois le préciser, chez l’habitant, de centaines de milliers de réfugiés venus d’ailleurs, notamment des pays voisins, se trouvent aujourd’hui, comble de malheur et de disgrâce, réfugiés eux- mêmes en terres étrangères.

Ainsi, la Côte d'Ivoire, terre nourricière et bénie, source incontournable de toutes les richesses de la sous-région ouest-africaine, puisqu'il est de notoriété publique, que pratiquement toutes les fortunes de cette zone tirent leur origine de notre pays, cette Côte d’Ivoire est aujourd'hui meurtrie, victime qu'elle est, de sa légendaire hospitalité et de sa relative prospérité qui, en toute apparence, ne lui ont pas fait que des amis.

Comme l'on devait s'y attendre, les conséquences de ces horribles massacres sont incalculables. La première d'entre elles, c'est la douloureuse mutilation du pays du fait de sa partition en zones sous occupation des rebelles, et en zones sous contrôle des forces loyalistes, donc des autorités légales dont la région d'Abidjan. Cette crise, la première du genre dans la jeune histoire de notre pays, n'a épargné aucun secteur, que ce soit au plan économique et social, au plan politico-administratif, au plan humanitaire et alimentaire ou au plan éducatif et culturel. Tous les domaines d’activités ont été profondément atteints. Ainsi, elle n’a pas fait que des dégâts au niveau des pertes en vies humaines. Elle a été aussi, fortement préjudiciable au monde des affaires.

Au plan économique, toutes les activités tournent au ralenti. Les opérateurs économiques ayant soit délocalisé, soit mis la clé sous le paillasson, les activités portuaires et aéroportuaires en forte baisse, les pertes se chiffrant à plusieurs milliards de francs. L’inaccessibilité aux zones occupées par la rébellion a sérieusement rétréci les parts de marché non seulement sur le plan intérieur mais aussi, pour les pays voisins en raison de la fermeture des frontières, les activités commerciales y sont paralysées aussi bien entre ces zones elles-mêmes, qu'entre la Côte d'Ivoire et les pays voisins, principalement au Nord et à l'Ouest. L'acheminement du coton, principale richesse du Nord du pays et les différentes usines de transformation implantées dans les zones assiégées, ont connu un arrêt brutal.

Par ailleurs, au regard du rôle prépondérant et de poumon économique que joue la Côte d’Ivoire dans la sous-région, les effets de la crise ivoirienne se sont répercutés durement et de façon négative sur l’économie de ladite sous-région, la Côte d’Ivoire produisant 40% des richesses de cette zone. Ainsi, des pays comme le Mali et le Burkina-Faso, ne pouvaient plus s’approvisionner au port d’Abidjan d’où s’effectuent près de 70% de leurs opérations respectives.
Au plan politico-administratif, l'occupation des régions entières par la rébellion, a mis à mal l'autorité de l'Etat, devenue inexistante dans ces zones. Les activités scolaires et le fonctionnement des structures socio-sanitaires ont été interrompus dans lesdites zones.

Au plan humanitaire et alimentaire, les nombreuses personnes déplacées et les Ivoiriens dans leur grande majorité vivent un traumatisme profond avec son cortège de victimes innocentes, de disparus et de déplacés, et choses plus atroces, la découverte de plusieurs charniers. La situation alimentaire elle, se détériore de plus en plus d'après le PAM ( Programme Alimentaire Mondial) qui a lancé un programme d'aide d'urgence. La F.A.O. quant à elle, dans un rapport publié récemment, identifiant 23 pays d’Afrique sub-saharienne en situation d’urgence alimentaire, a estimé que la situation alimentaire en Côte d’Ivoire est critique en raison d’un nouvel afflux de réfugiés libériens en Côte d’Ivoire, où déjà plus d’un million de personnes ont été déplacées par le conflit. L’accès des paysans à une large partie des zones de production agricole ayant été rendu difficile, il y a risque de désorganisation de la production et par conséquent chute de celle-ci.

Au plan budgétaire et financier, selon les observateurs du FMI, la crise ivoirienne, déclenchée en septembre 2002, a fait reculer le produit intérieur brut du pays de - 1,5% à - 1,8% en 2002. L'interruption des contrats qui en a suivi, a obligé le FMI et certains bailleurs de fonds, à mettre en veilleuse leur appui financier au pays en 2002.
Le pays a passé plusieurs mois sous le régime du 12ème provisoire du fait de la situation de crise, et le budget 2003 est en baisse de 22%. Il s'équilibre en recettes et en dépenses à 1.518,9 milliards de F CFA (231,5 millions d'Euros), contre 1.946,6 milliards en 2002..

Au plan éducatif et culturel, tous les établissements scolaires et universitaires étant fermés dans les zones occupées, l'année scolaire qui s'y trouve compromise, fait actuellement l'objet de préoccupations des instances compétentes.

Quant aux relations de bon voisinage que la Côte d'Ivoire s'est toujours évertuée à entretenir avec l'ensemble des pays qui l'entourent, elles ont fait place à la suspicion et à la méfiance, certains de ces pays notamment le Burkina-Faso pour ne pas le citer, ayant même menacé à un moment donné, et c’est un comble, d'envahir militairement la Côte d'Ivoire.

Au plus fort de cette crise, le coup de grâce a été asséné à la Côte d'Ivoire lorsque l'ONU a décidé de placer ce pays en difficulté, à la phase 4 de son échelle de sécurité; ce qui a entraîné un départ massif des organismes internationaux et autres personnes physiques ou morales installées en Côte d'Ivoire, la BAD entre autres.

Fort heureusement, les autorités sous la haute direction du Président Laurent GBAGBO et nos vaillantes populations, au patriotisme affirmé, ont pu faire face à cette grave crise, grâce à des efforts herculéens, à des sacrifices incommensurables et au don de soi pour conjurer les agressions et dénigrements divers venant de toutes parts. Ces efforts internes, conjugués aux diverses actions de la communauté internationale, notamment la CEDEAO, l'ONU, l'UA et des pays amis, nous permettent progressivement, de redresser la situation et la tête, grâce aux tentatives de réconciliation et de stabilisation, et à un élan de solidarité internationale.

Dans cet élan, la Suisse, notre pays hôte, dont nul n'ignore la notoriété mondiale en matière d'actions humanitaires, n'est pas restée insensible. Elle a, par le truchement du CICR, octroyé en octobre 2002, une aide d'urgence d'une valeur d'un million cinq cent mille ( 1.500.000 ) Francs suisses, et suit avec beaucoup d'intérêt, l'évolution de la situation sur le terrain. Cet élan de solidarité, les ivoiriens qui ont été formidables, l’ont exprimé du plus profond de leur cœur, par une ferveur patriotique, qui s’est chiffrée à plusieurs milliards de nos francs de dons et de contributions à l’effort de paix.

Vous-mêmes, Ivoiriennes et Ivoiriens du Canton de Bâle et d'ailleurs, à travers une manifestation pacifique de soutien et une enveloppe symbolique et spontanée, d'un montant de 796.60 CHF, soit environ 350.000 F CFA, vous avez modestement soutenu l'action du gouvernement dans ses efforts de reconquête de notre paix et de notre dignité bafouées. J'ai eu l'occasion de vous en féliciter, je le réitère cette nuit, tout en me réjouissant de noter qu'aujourd'hui, au moment où le Chef de l'Etat, le Gouvernement et le peuple ivoiriens consentent d'énormes sacrifices, vous décidez à nouveau, à travers cette heureuse initiative qui nous rassemble ici, de vous engager résolument avec eux, dans la dynamique de la réconciliation et de la reconstruction nationales. Quoi de plus noble, que dis-je, de plus naturel ?

La Côte d'Ivoire tout entière, dans toutes ses composantes économique, social, politique et culturel, ébranlée par ce malheureux séisme, le chemin de la réconciliation de ses fils et de sa reconstruction passe également par nous, ici en Suisse. En effet, en ce qui nous concerne, il nous revient de réconcilier les Ivoiriens avec le peuple suisse, qui ne s'abreuve qu'aux seules sources d'informations déformées et mal intentionnées qu'offrent certains médias français et internationaux. Nous devons, autour de nous et dans nos milieux respectifs d'activités, propager par tous les moyens, le vrai visage de notre pays en faisant notamment écho à son hospitalité légendaire, son potentiel économique ainsi qu’à sa détermination à renouer avec la paix et la réconciliation, aux avancées notables et aux progrès indiscutables effectués sur le chemin de cette paix que sont notamment, et c’est çà qui est la vérité:

- La formation du Gouvernement de Réconciliation Nationale avec la participation de toutes les composantes de la rébellion et de tous les partis politiques significatifs,

- La signature le 3 Mai du Cessez-le-feu intégral sur toute l’étendue du territoire national,
- La levée le 10 Mai du Couvre-feu en vigueur depuis le 19 septembre 2002 et des barrages routiers,
- Le redémarrage de la voie ferroviaire Abidjan-Niger et l'ouverture des voies routières vers le Mali,
- La suppression des zones de guerre,
- Le dialogue engagé entre les parties en conflit pour le désarmement,
- Le dialogue renoué avec les pays voisins ,et la normalisation des relations avec ces pays avec lesquels nous sommes malgré tout condamnés à nous entendre puisque condamnés à vivre ensemble,
- La tenue pour la première fois à Bouaké, il y a quelques temps du Conseil de Gouvernement ouvrant ainsi la voie au rétablissement progressif de l'autorité de l'Etat dans les territoires occupés et, ce qui nous comble de joie,
- La décision de l'ONU de ramener la Côte d'Ivoire de la phase 4 à la phase 3 de degré de sécurité, faisant ainsi renaître l'espoir et la confiance,
- La visite du 30 juin au 2 juillet 2003 en d’une délégation du Conseil de Sécurité à Abidjan
- Le projet de redéploiement de l’Administration sur toute l’étendue du territoire national avant la fin du mois de Septembre
- La Pacification de l’Ouest ivoirien et l'identification des sites de cantonnement des belligérants,
- La mise en place d’un poste de contrôle quadripartite comprenant les FANCI, les Forces Nouvelles (nouvelle appellation de la rébellion), l’Ecoforce et l’Opération LICORNE, et enfin,
- L'adoption par le Gouvernement d’un projet de loi d’Amnistie transmis à l’Assemblée Nationale pour adoption, projet voté à la quasi unanimité des députés (192 voix contre 1, et 2 abstentions ), le 6 Août dernier, et promulgué le 8 Août par le Chef de l'Etat, sous la loi N° 2003-308 .

Ce sont là, Mesdames et Messieurs, des pas de géant vers la bonne direction, la paix. Des percées géantes accomplies par les Ivoiriens toutes tendances confondues, susceptibles de ramener la confiance et la quiétude tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Par ailleurs, pour renforcer ces grandes avancées, le gouvernement a lancé le 6 juin un vibrant appel patriotique à tous les Ivoiriens et amis de la Côte d'Ivoire, les exhortant à tout mettre en œuvre afin de conduire le processus de paix et de réconciliation, au succès tant attendu par tous. Presque un mois plus tard, le 4 juillet, déterminées à redonner à la Côte d'Ivoire sa notoriété de pays de paix, de dialogue et de prospérité, les FANCI et les Forces Nouvelles ont, dans une Déclaration commune et sincère, mis fin, de manière solennelle et définitive, à la guerre en Côte d'Ivoire, et proclamé leur subordination au Président de la République et au Gouvernement de réconciliation nationale. Elles ont ensuite mis sur pied le 16 juillet, un Comité d’Etat Major conjoint pour veiller à l’application et au respect de cette déclaration commune. Cependant, le retour à la paix dépend de l’application du programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), dont la réussite effective se résume en ces points : Regroupement, Recensement, Désarmement, des forces en présence et des milices ainsi que la démobilisation et la réinsertion dans le tissu social des forces nouvelles .Le désarmement entrant dans sa phase active dès le début du mois d’août, la phase de cantonnement devrait démarrer le 8 août et prendre fin au plus tard le 15 septembre, le programme de reconstruction du pays s’étendant lui, sur 3 ans.

Mesdames et Messieurs, dès l'instant où les FANCI (Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire) et les trois mouvements rebelles ont signé un accord de cessation totale de tous les combats, sur toute l'étendue du territoire national, et se sont engagés à œuvrer pour favoriser la libre circulation des personnes, des biens, des opérateurs économiques et des agences humanitaires, ainsi que le redéploiement de l'administration dans les meilleures conditions de sécurité, dès la signature de cet accord dis-je, les combats ont cessé et les armes se sont tues, cédant la place au dialogue, à la négociation et à la concertation, en un mot, à la perspective de réconciliation fraternelle ouvrant la voie aux activités républicaines de développement.

C'est à cet égard, que je voudrais Mesdames et Messieurs, chers amis de la Côte d'Ivoire, vous lancer cet appel pathétique pour vous demander de vous joindre à nous, afin de nous encourager et nous accompagner vers la paix totale et durable, par vos actions de développement, de coopération et vos investissements.

Dois-je vous rappeler que la Côte d'Ivoire, malgré la crise qui l'a freinée dans ses efforts sur la voie du progrès et du développement, regorge d'énormes potentialités économiques encore inexploitées ou sous exploitées ? Premier producteur de cacao avec 40% de la production mondiale, 4ème producteur de café, la Côte d'Ivoire produit en outre d'autres cultures de rente diverses et variées, offrant plusieurs choix aux investisseurs.

Elle dispose également d'un sous-sol riche en minerais et minéraux, notamment le fer, l'or, le diamant, le manganèse, le gaz, le pétrole etc... Son PIB est et demeure malgré la guerre, le 3ème en Afrique sub-saharienne après l'Afrique du Sud et le Nigeria, et le 8ème du Continent africain. La Côte d'Ivoire qui, très rapidement était revenue à une croissance positive après la douloureuse transition militaire, croissance estimée à 3% en 2002, a la ferme volonté de renouer aussi vite que possible avec le progrès et de renforcer cette croissance. C'est pourquoi, j’exhorte, les opérateurs économiques qui sont partis, ou qui ont suspendu temporairement leurs activités et affaires en Côte d'Ivoire, à revenir. A revenir avec à leur suite de nombreux et nouveaux investisseurs et investissements.

A ceux parmi vous qui veulent investir en Afrique, le président de la Côte d'Ivoire, le Président Laurent GBAGBO vous fait cette confidence, et je cite: " Si vous voulez venir faire des affaires en Afrique, la meilleure porte d'entrée, c'est la Côte d'Ivoire. Il y a les ports, le meilleur réseau routier, le meilleur réseau de communication ". fin de citation. L'on me permettra d'ajouter: et toutes autres facilités et commodités.

C'est le lieu de vous rappeler, que toutes les infrastructures du pays sont restées intactes malgré la guerre; toutes les infrastructures de base existent, de même que la main-d'œuvre qualifiée.

L'espoir reste permis pour la Côte d'ivoire, une Nation démocratique, laïque et tolérante, à la recherche constante de Paix, de dialogue et de cohésion sociale, toujours résolument tournée vers une économie libérale, et ouverte sur l'extérieur.

Pays de l'hospitalité, la Côte d'Ivoire a une qualité de vie exceptionnelle. C'est un pays où il fait bon vivre, grâce à un environnement sain, à un tissu urbain hiérarchisé, à un cadre de vie agréable et adéquat, et à une large ouverture sur le monde extérieur.

Elle dispose d'infrastructures modernes et viables, en constante amélioration, caractérisées par :
- un réseau routier dense et adapté grâce à plus 5.000 kilomètres de bitumes qui consacre l'ouverture du pays sur la sous-région,
- un réseau ferroviaire privatisé qui renoue avec la performance,
- un système portuaire dominé par Abidjan, premier port de transit et de transbordement de l'Afrique de l'Ouest et du Centre, et 2ème port africain après Durban en Afrique du Sud.
- un système aéroportuaire rénové,
- un réseau de télécommunication dense et en pleine mutation, enfin,
- des sites touristiques exceptionnels.

La Côte d'Ivoire a une population jeune et dynamique. Elle dispose d'une main d'œuvre abondante et qualifiée. Elle a une classe active de cadres et des entrepreneurs nationaux en pleine expansion. Son contexte macro-économique est particulièrement favorable aux investissements privés à haute rentabilité. Tout ceci, associé aux énormes potentialités précitées, nous permettent d’aspirer et de croire à un retour rapide de la paix et à un avenir prometteur et radieux de notre pays.


Je voudrais, avant de clore cet exposé liminaire, me tourner vers mes frères et mes sœurs ivoiriens. Nous devons défendre autour de nous, l'honneur et la dignité de la Côte d'Ivoire en soignant davantage son image par nos comportements, nos pensées, nos actes et nos paroles. C'est à ce prix que nous contribuerons à accroître sa crédibilité et son respect auprès de nos hôtes. Vous connaissant, je ne doute pas un seul instant que vous vous y attellerez.

Ayant exhorté nos amis de l’extérieur à venir nous accompagner dans nos efforts par leurs investissements et actions économiques ,je voudrais vous exhorter vous ivoiriens de la Diaspora, la charité bien ordonnée commençant par soi-même, à faire en sorte que notre pays puisse compter d’abord et avant tout, sur nous ses propres et dignes fils que nous sommes pour lui donner avec l’aide de nos amis et des bonnes volontés, cet avenir radieux, ce nouveau miracle ivoirien que nous appelons tous de nos vœux pieux.

Je voudrais d'avance, vous en féliciter bien vivement et vous inviter à accomplir dès cette nuit même, sans calcul aucun, cet agréable devoir patriotique que retiendra la jeune et passionnante histoire de notre merveilleux pays, devoir patriotique que nous autres, fonctionnaires expatriés, n’avons pas hésité à accomplir avec joie il n’y a pas si longtemps. C'est à cet égard, que je m'en voudrais de ne pas rappeler à votre attention, que le Gouvernement a mis en place dès le début de cette crise, une cellule dénommée Cellule "Solidarité et Actions Humanitaires", cellule donc qui attend les dons, contributions et actions de toutes les personnes de bonne volonté.

Mesdames et Messieurs, tous les observateurs nationaux et internationaux ainsi que les Ivoiriens, s'accordent à reconnaître que n'eût été la Toute Puissante Main de DIEU, la Côte d'Ivoire aurait été anéantie, à la grande joie de ses ennemis. Ces mêmes observateurs expriment de plus en plus leur grande surprise de constater la rapidité avec laquelle les ivoiriens avancent vers la paix. Des voix autorisées vont jusqu’à parler du processus de paix en Côte d’Ivoire en terme de modèle de sortie de crise à suivre. C'est pourquoi, je voudrais avant de terminer, rendre grâce à DIEU, car à cause de Sa Divine Présence fidèle et invisible, la tempête qui a fait tanguer notre barque, s'apaise à présent. Que nos genoux continuent de fléchir pour l'invoquer, le glorifier, l’adorer et le prier, pour une réconciliation franche et une paix durable. Car de la paix et de la prospérité en Côte d'Ivoire dépendent la paix et la prospérité dans la sous-région.

Frères et sœurs, amis de la Côte d'ivoire, ramons ensemble sans relâche, ramons avec espoir et détermination aux côtés du Président de la République, de son Gouvernement et du peuple ivoirien, pour une Côte d'Ivoire plus unie, toujours hospitalière et prospère.

Je vous remercie et me prête volontiers avec mon collègue et nos collaborateurs à vos questions, pour plus d'éclairage.


Loi portant amnistie.

11 Aout 2003

Article premier
La présente loi d’amnistie est adoptée dans l’esprit des accords de paix convenus dans le cadre de la crise survenue depuis le 19 septembre 2002.

CHAPITRE I : CHAMP D’APPLICATION

Article 2
Sont amnistiées de plein droit, quels que soient leurs auteurs, coauteurs ou complices, militaires ou civils, et quelles que soient leur nature et les peines qu’elles ont entraînées ou sont susceptibles d’entraîner, les infractions contre la sûreté de l’Etat et la défense nationale, spécialement celles prévues et punies par les articles 158 à 168 du code pénal, commises par les nationaux ivoiriens se trouvant sur le territoire national ou en exil pendant les événements cités à l’article 3.
Sont également amnistiées, les infractions commises pendant la tentative de coup d’Etat des 18 et 19 septembre 2002 et la rébellion armée qui en a résulté, ainsi que les infractions militaires liées à tous les événements cités que sont l’insoumission, l’abandon de poste et la désertion.
Son aussi amnistiés les effets collatéraux des opérations de défense des institutions républicaines menées par les forces de défense et de sécurité.

Article 3
Sont couvertes par l’amnistie les infractions commises pendant les événements :
- des 17 et 18 Septembre 2000 (Attentat contre l’autorité de l’Etat)
- des 24, 25, 26 et 27 Octobre 2000 (Atteinte à la sûreté de l’Etat et à l’ordre public)
- des 4 et 5 Décembre 2000 (Trouble à l’ordre public)
- des 7 et 8 Janvier 2001 (Attentat contre l’autorité de l’Etat et participation à une bande armée)
- du 10 Février 2001 (Attentat contre l’autorité de l’Etat et détention illégale d’arme, organisation d’une bande armée)
- des 18 et 19 Septembre 2002 (Attentat contre l’autorité de l’Etat, meurtre, participation à une bande armée).

Article 4
La présente loi d’amnistie ne s’applique pas :
a) aux infractions économiques
b) aux infractions constitutives de violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
c) plus particulièrement aux infractions qualifiées par le code pénal ivoirien de crimes et délits contre le droit des gens, crimes et délits contre les personnes, crimes et délits contre les biens, y compris les infractions spéciales prévues et punies par la loi n° 88-650 du 7 Juillet 1988 modifiée par la loi n° 89-521 du 22 mai 1989 relative à la répression des infractions en matière de commercialisation des produits agricoles et la loi n° 94-497 du 6 Septembre 1994 portant répression de l’exportation illicite de produits agricoles.
d) aux infractions visées par les articles 5 à 8 du Traité de Rome sur la Cour Pénale Internationale (CPI) et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

CHAPITRE II : EFFETS DE L’AMNISTIE

Article 5
L’amnistie éteint l’action publique, efface toutes les condamnations prononcées et met fin à toutes les peines principales et complémentaires. Elle n’entraîne, ni la restitution des amendes et frais déjà payés, ni la restitution des confiscations déjà exécutées.

Article 6
Aucune poursuite pénale ne peut être initiée pour les faits couverts par l’amnistie et découverts ou révélés après la promulgation de la présente loi, sauf les cas d’infractions continues, après un délai de deux mois.

Article 7
Les dispositions pertinentes de l’article 108 du code pénal restent applicables à tous les bénéficiaires de la présente loi d’amnistie, sauf les conséquences à titrer de l’annulation des poursuites et condamnations disciplinaires ou professionnelles quant à la réintégration et à l’insertion des personnes amnistiées.

Article 8
Les juridictions d’instruction et de jugement saisies de faits entrant dans le champ d’application de la présente loi devront ordonner le dépôt des procédures au greffe.

Article 9
Les personnes détenues dans le cadre de ces procédures sont mises en liberté conformément aux règles applicables.
Les personnes condamnées mais non détenues ne pourront être astreintes à l’exécution des condamnations.
Les poursuites relatives aux faits amnistiés par la présente loi non encore exercées ne pourront plus l’être.

CHAPITRE III : INDEMNISATION DES VICTIMES

Article 10
Au nom des exigences de la réconciliation et de l’obligation de solidarité nationales, l’Etat a le devoir de pourvoir, par toutes les voies appropriées, à la réparation des dommages résultés des infractions amnistiées par la présente loi.
Les modalités d’indemnisation, de réparation et de réhabilitation seront fixées par la loi.

CHAPITRE IV : DISPOSITIONS DIVERSES

Article 11
Il est interdit à tout magistrat et à tout fonctionnaire de rappeler ou de laisser subsister, dans un dossier administratif ou dans un dossier de procédure judiciaire, les condamnations, les déchéances et mesures disciplinaires effacées par l’amnistie.

Article 12
Le gouvernement devra établir la liste des personnes concernées par l’amnistie et tenir le parlement informé de l’exécution des Accords de Paix, notamment en ce qui concerne le programme de regroupement, de désarmement et de réinsertion des combattants dans les lieux définis ainsi que l’achèvement du redéploiement de l’administration publique sur toute l’étendue du territoire national.

(adoptée par le parlement ivoirien le mercredi 6 août 2003, et promulguée par le Président de la République le 8 août 2003 sous la loi no 2003-308)
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