DECRET N° 2006-307 DU 16 SEPTEMBRE 2006 PORTANT NOMINATION DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT
16 Septembre 2006 LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Vu la Constitution;
Vu la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 21 octobre 2005 ;
Vu le Décret N° 2006-306 du 16 septembre 2006 portant nomination du Premier Ministre;
Vu la Décision N° 2006-001 du 15 septembre 2006 établissant la liste des membres du Gouvernement,
DECRETE
Article 1 : Sont nommés membres du Gouvernement:
PREMIER MINISTRE, Ministre de l'Economie Et des Finances, Ministre de la Communication : M. Charles Konan Banny
Ministre d'Etat, Ministre chargé du Programme De la Reconstruction et de la Réinsertion : M. Saro Kigbafori Guillaume
Ministre d'Etat, Ministre du Plan et du Développement : M. Antoine Bohoun Bouabré
Ministre de la Défense : M. Aphing Kouassi Réné
Garde des sceaux, Ministre de la Justice : M. Koné Mamadou
Ministre des Affaires Etrangères : M. Bakayoko Youssouf
Ministre de l'Administration du Territoire : M.BAMBA Cheik Daniel
Ministre de la Sécurité : M. DJA Blé Joseph
Ministre de l'Agriculture : M. Amadou Gon Coulibaly
Ministre des Mines et de l'Energie : M. Monnet Léon Emmanuel
Ministre de la Construction, de l'Urbanisme et De l'Habitat : M. Amon Tanoh Marcel Benoît
Ministre de la Réconciliation nationale et des Relations avec les Institutions : M. Dano Djédjé Sébastien
Ministre des Infrastructures économiques : M. Achi Patrick
Ministre de la Santé et de l'Hygiène Publique : M. Allah Kouadio Rémi
Ministre de l'Eduction nationale : M. Amani N'Guessan Michel
Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : M. Cissé Ibrahima
Ministre de l'Enseignement technique et de la Formation Professionnelle : M. Soumahoro youssouf
Ministre de la Fonction publique, de l'Emploi et De la Réforme administrative : M. Oulaye Hubert
Ministre des Transports : M. ABDELAZZIZ Thiam
Ministre de la Coopération et de l'Intégration Africaines : M. Mabri Toikeuse
Ministre de la Culture et de la Francophonie : M. Mel Eg Théodore
Ministre de la Solidarité et des Victimes de Guerre : M. Dakoury-Tabley Louis André
Ministre de la Production animale et des Ressources Halieutiques : M. Douati Alphonse
Ministre de l'Environnement et des Eaux et Forêts : M. AHIZI Aka Daniel
Ministre de la Famille et des Affaires sociales : Mme Peuhmond Adjoua Jeanne Brou
Ministre de la Lutte contre le SIDA : Mme Adjobi Christine
Ministre de l'Industrie et de la Promotion du Secteur privé : Mme Téhoua Amah Marie
Ministre du Commerce : Dosso Moussa
Ministre du Tourisme et de l'Artisanat : M. Koné Amadou
Ministre des Nouvelles Technologies de l'Information Et de la Communication (NTIC) : M. Bakayoko Hamed
Ministre des droits de l'Homme : M. Joel N'GUESSAN
Ministre de la Jeunesse, de l'Education civique et des Sports : M. Banzio Dagobert
Ministre Délégué auprès du Premier Ministre chargé De l'Economie et des Finances : M. Diby Koffi Charles
Ministre Délégué auprès du Premier Ministre Chargé de la Communication : Mme Coffi Studer Martine
Secrétaire d'Etat auprès du Premier Ministre chargé de la Bonne Gouvernance : Mme YOMAN Ginette
Secrétaire d'Etat auprès du Premier Ministre chargé de la Protection Civile : M.YAO Noel
Article 2 : Le présent décret abroge toutes les dispositions antérieures contraires.
Article3 : Le présent décret, qui prend effet à compter de sa signature, sera publié au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire.
Fait à Abidjan, le 16 septembre 2006
Laurent GBAGBO
Copie certifiée conforme à l'original
Le Secrétaire Général du Gouvernement
F. TYEOULOU DYELA
Cliquer pour la photo individuelle des membres du Gouvernement
Après le communiqué du GTI - Un diplomate relève : "La France et l`ONU, pas qualifiées pour mettre la C.I. sous tutelle".
12 Septembre 2006 C'est à une guerre au couteau que la France et l'ONU de Kofi Annan d'une part et la Côte d'Ivoire et ses nombreux alliés, tapis à l'ONU et ailleurs dans le monde d'autre part, vont se livrer dans les tout prochains jours. La résolution onusienne de la France déjà saisie et prête à frapper le chef de l'Etat ivoirien et son camp en sera le détonateur. Les jours à venir seront chauds.
C'est à l'issue de la dernière réunion du GTI que ce diplomate a tenu à s'exprimer. Sous le couvert de l'anonymat, il a donné sa position. Pour lui, il ne fait aucun doute que l'ONU, aiguillonnée par la France, veut opérer un passage en force pour mettre la Côte d'Ivoire sous tutelle. Ce, par un mécanisme diplomatique qui fait fi des procédures internationales en vigueur, sanctifiées par l'ONU. Mais avant, il a fait un éclairage en s'appesantissant sur la réunion tenue vendredi à Abidjan dernier par le GTI. Réunion à laquelle il a assisté. "D'abord, je voudrais que les opinions nationale ivoirienne et internationale rectifient d'elles-mêmes. C'est un abus, un vol quand l'on fait croire que le GTI a été créé par la communauté internationale pour suivre l'évolution de la crise ivoirienne. Ce groupe a été mis sur pied à la demande la CEDEAO et de l'UA. Tant que cela ne sera pas su, le mensonge l'emportera sur la vérité, parce que la France fera toujours croire le contraire pour biaiser le débat. Ensuite, le GTI n'a pas mandat pour donner des indications aussi contre-natures dans ses communiqués. Il a pour rôle essentiel d'aider à trouver la paix et non de mettre à chaque fois de l'huile sur le feu." Une fois cela fait, notre source a livré quelques secrets du conclave de Sebroko ; "Cette réunion a été la plus longue, pour plusieurs raisons. D'abord, nous nous sommes rendus compte que Mme Brigitte Girardin, ministre française, chargée de la Coopération, était arrivée à Abidjan avec un communiqué déjà écrit qu'elle devait juste faire adopter par l'ensemble des participants acquis à la cause de la France. Quand on relit d'ailleurs ce communiqué, on se rend compte que d'anciens points sont remis au goût du jour. Il s'agit notamment de la remise de tout l'exécutif au Premier ministre, sa capacité à nommer désormais aux postes civils et militaires, etc. Nous avons dit non à tous ces points qui sentaient la combine manifeste. Et Mme Girardin l'a appris à ses dépens. Quand elle a demandé à Banny de lui donner les raisons qui l'ont poussé à déposer la lettre de démission de son gouvernement au président Gbagbo, M. Banny a été très clair dans ses propos. D'un, le Président Gbagbo lui a toujours donné les conseils nécessaires pour aborder les dossiers et ne s'est jamais posé en obstacle. Il a donc répondu que Gbagbo étant le chef d'Etat, il était une obligation pour lui de lui remettre la démission du gouvernement qu'il dirige. Les débats étaient houleux. M. Banny a par la suite demandé que le GTI l'aide à raisonner le bloc rebelle et l'opposition qui rechignent à surmonter leurs peurs et qui boycottent par conséquent le guide des audiences foraines qui est la voie vers une identification sans heurts et des élections propres. Nulle part, M. Banny n'a fait cas de pouvoirs qu'il espérait voir renforcer ou de difficultés à collaborer avec le Président Gbagbo. Nous avons tout de suite compris que la France a pour ambition d'opposer Gbagbo et Banny. Et cela, les Ivoiriens doivent le savoir et l'éviter", informe-t-il. Et de continuer pour révéler un des aspects de la stratégie de la France : "En réalité, la France n'en a cure du respect des procédures du droit international et de la charte de l'ONU dans cette affaire. La France n'attendra pas de passer par la CEDEAO, l'UA et enfin l'ONU pour obtenir que la Côte d'Ivoire soit mise sous tutelle onusienne. Elle va opérer un passage en force. La preuve, Mme Girardin l'a dit au début de la réunion du GTI. Pour elle, la prochaine chose à faire par la communauté internationale ne devrait pas être le prolongement du mandat de Gbagbo. Cette manœuvre doit être combattue par toute l'Afrique et tous les autres pays épris de démocratie. C'est un viol. Car, ni la France, ni l'ONU ne peuvent mettre la Côte d'Ivoire sous tutelle. Il appartient aux Ivoiriens et à eux seuls de décider de leur avenir. Nous autres avons obligation de les y aider et de ne faire que cela. Le peuple souverain de Côte d'Ivoire peut dire non à cette initiative de la France embusquée derrière l'ONU et il ne lui arrivera rien. Il faut que cela soit su. L'heure devra être à la mobilisation de toutes les forces pour barrer la route à cette imposture." A ce diplomate, nous avons posé le question suivante : Pourquoi même à l'intérieur du GTI, laisse-t-on la conduite des initiatives à la France et à ses suiveurs ? Voici la réaction de notre interlocuteur : "Nous avons compris très tôt que l'objectif, de la France, c'est de réduire à néant la Côte d'Ivoire à son propre profit. Comme nous étions souvent mis en minorité à propos des décisions, nous avons décidé de laisser faire et de combattre les initiatives anticonstitutionnelles sur le terrain de la realpolitik. Telle est notre posture depuis toujours". Puis de jeter, pour conclure, le pavé dans la mare de l'ONU et de la France. Les termes sont bien choisis : "Il n'y a jamais eu d'ambiguïté entre la Constitution ivoirienne et la résolution 1633 de l'ONU. Le tandem Gbagbo-Banny l'a prouvé à maintes reprises. S'il y a blocage, c'est plutôt la 1633 qui doit disparaître et non la Constitution ivoirienne. La 1633 est née pour régler un problème précis par rapport à un délai précis. Si elle a failli à sa mission, c'est plutôt elle qui disparaît. Et si une nouvelle résolution devrait voir le jour, il s'agira d'abord comme indiqué à l'issue de cette réunion technique de New York, de faire le bilan des initiatives sur le terrain, puis enfin de demander une résolution claire qui désarme sans ambiguïté tous les groupes armés illégalement constitués sur le territoire ivoirien. La Côte n'est tout de même pas morte. Elle fonctionne. Des pays comme l'ex Zaïre et le Rwanda ont connu pire et n'ont pas été mis sous tutelle. C'est avec ce même président que la France veut exterminer qu'elle a signé le prolongement des contrats de la CIE/SODECI. La résolution est déjà prête et n'attend que le 20 septembre pour entrer en scène. L'Afrique va-t-il continuellement à jouer le jeu ?", s'indigne notre source. Il y a quelque chose de tordue dans la politique internationale.
William-Varlet ASIA
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Source : www.abidjan.net
Paru dans : LE MATIN D'ABIDJAN du 12 septembre 2006
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Après les attaques du GTI contre la Constitution - Les leaders patriotiques menacent
12 Septembre 2006 A l'issue de sa 10ème réunion mensuelle tenue le 8 septembre au siège de l'ONUCI, le GTI a décidé d'engager la bataille pour la suspension de la Constitution ivoirienne. Voici la réaction de quelques leaders de la jeunesse et de la société civile.
Eugène Kouadio Djué (président de l'UPLTCI) : “C'est un 19 septembre bis qui se prépare”
“Après l'Assemblée nationale qu'il n'a pas réussi à dissoudre, le GTI veut maintenant s'attaquer à notre Constitution. Pour nous, ce sont de simples propositions. Mais, à travers ce communiqué, nous nous rendons compte que le GTI ne s'est pas assagi après les événements de janvier 2006. Si l'ONU devait confirmer cette proposition, l'UPLTCI considérera que tous les accords sont remis à zéro et qu'ils sont caducs. Il s'agira donc d'un 19 septembre bis, d'une nouvelle attaque contre la Côte d'Ivoire. C'est une provocation inutile que nous ne sommes pas prêts à tolérer. Nous n'accepterons plus les attaques d'où qu'elles viennent. Nous allons crânement défendre notre dignité et notre souveraineté. Si de telles propositions sont mises à exécution par l'ONU, la Côte d'Ivoire disparaîtra avec sa Constitution. J'interpelle donc la CEDEAO, l'Union africaine, le Conseil de sécurité pour ne pas qu'ils disent plus tard que le GTI n'a pas compétence pour suspendre la Constitution. Nous sommes prêts à prendre la rue et à ne la quitter que lorsque tous ceux qui ont mis le feu ici disparaitront”.
Pasteur Gammi (MILOCI) : “Les arrangements institutionnels peuvent se faire ailleurs et non en Côte d'Ivoire”
“Je pense que c'est de la provocation. Je demande au président de la République de prendre ses responsabilités. Si jamais les gens pensent que notre silence signifie que nous avons renoncé au combat pour la défense des institutions républicaines, ils se trompent. A tout moment, on peut frapper et chasser de la Côte d'Ivoire tous ceux qu'on ne veut plus voir ici. Les arrangements institutionnels dont le communiqué du GTI parle peuvent se faire partout, en France ou ailleurs sauf en Côte d'Ivoire”.
Mme Bro-Grébé (MIDI) : “Si notre Constitution est suspendue nous aurons le courage de nous battre contre l'ONU”
“Depuis que le GTI a été créé, à travers son premier communiqué, les Femmes patriotes et moi, nous nous étions élevées contre leur résolution. Nous avions dit que le GTI était dangereux pour la paix en Côte d'Ivoire. Le dernier communiqué nous le confirme et nous donne raison. Le GTI a un parti pris pour le mal. C'est pourquoi je voudrais demander aux Ivoiriens de se mobiliser pour prendre leur destin en main. Toutes les résolutions de l'ONU ne vont pas régler nos problèmes. Si l'ONU a le courage de suspendre notre Constitution, nous aurons le courage pour nous battre contre elle. Pour nous, le GTI, Licorne, l'ONU sont le résultat de la rébellion. Notre souhait est donc que la Côte d'Ivoire demande le départ de tous ceux-là. Il faut donc se mettre ensemble pour bouter les rebelles hors du pays.
Avec un gouvernement composé de crabes, de scorpions où chacun se bat pour ses propres intérêts, cela nous a conduits aux déchets toxiques, qui sont là depuis le 19 août. Et c'est 10 jours après que ce gouvernement se meut. C'est une véritable catastrophe qui est aussi le résultat de la rébellion. Tout comme les tueries à l'Université. Tout cela confirme qu'il n'y a pas de gouvernement en Côte d'iIoire”, a indiqué, hier, de son lit d'hôpital, Mme Bro-Grébé.
Touré Moussa Zéguenn (GPP) : “La légalité constitutionnelle ne sera jamais mise de côté”
“Je suis surpris que la communauté internationale cherche toujours à mettre de côté la légitimité constitutionnelle pour des arrangements illégaux et illégitimes. Ce qui est fondamental, c'est que les gens ne savent pas leur place depuis le début de la crise et ne comprennent pas l'image négative que les Ivoiriens ont d'eux. Les Ivoiriens ne se sont jamais trompés sur le penchant de l'illégalité et de la rébellion de la communauté internationale. En réaction à cela, je voudrais dire que le peuple ivoirien les met au défi. Jamais cette communauté internationale ne pourra réaliser son rêve ici. Jamais elle ne pourra mettre de côté la légalité constitutionnelle pour une aventure sans espoir.
En parcourant le dernier communiqué du GTI, je lance un appel aux Ivoiriens qui doivent se convaincre que c'est la dernière occasion qu'ils ont de prendre conscience de leur survie. Nous attendons de pieds ferme l'ONU”.
Propos recueillis par Vincent Deh
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Source : www.abidjan.net
Paru dans : NOTRE VOIE du 12 septembre 2006
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